‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 104 sur 178 · SR LÉ SEE · texte numérisé non relu

SR LÉ SEE

Re ar 1e on a 47 rh 3 HSE VE der

pe dent) us

speed ur RAT ne CE

Mais le temps presse : en avant et montons.

Les pins sont maintenant dépouillés de leur verdure ; la végétation devient de plus en plus maigre ; une espèce d’arbuste appelée bois des montagnes en babine et qu’on ne voit jamais dans la plaine commence à se montrer, et, bien que nous ayons passé la mi-juillet, les touffes de saules rabougris qui croissent çà et là commencent à peine à se couvrir de petites feuilles à demi bourgeons.

Mais qu'est-ce que ces longues taches blanches dans le sentier ? De la neige tout simplement.

Oui, de la neige que trois mois de soleil n’ont pas encore pu faire disparaître. Il faut se rappeler que nous sommes ici en Amérique et par le 55° degré de latitude nord.

Enfin, vers quatre heures de l’après-midi, nous touchons au point culminant du col : 5200 pieds, presque le double de l'altitude du mont Vésuve. Et pourtant nous sommes au fond de la vallée, entre deux hautes montagnes. Elles sont là, se dressant à droite et à gauche à une si faible distance du sentier qu’un coup de carabine pourrait, ce semble, percer les couches de neige qu’elles portent dans leurs flancs. Leur cime crénelée n’est visible que par moments, dans les intervalles laissés libres par les nuages qui courent le long de leurs sommets, cachant neiges et glaciers derrière un voile de gaze immaculée.

Ces chaînes de montagnes parallèles ne nous quitteront qu'un peu avant notre arrivée à Hazelton, et ce sera alors pour être remplacées par d’autres courant dans une direction différente ; car toute cette partie du pays n’est qu'une agglomération de montagnes.

Mais voici à gauche une verdoyante petite prairie: quel excellent régal pour nos chevaux ! pensons-nous. Illusion ! nous nous apercevons, en approchant, que ce n’est qu’un marais couvert d'herbe fine et clairsemée au milieu duquel une tranchée d’un ou deux pieds de large est remplie d’une

Page 1