‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 106 sur 178 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Nous avons dans le pays six espèces de gallinacées sauvages dont quelques-unes rendent le plus grand service au voyageur affamé. Ce sont : deux variétés de gelinottes ou perdrix blanches assez rares, excepté dans certaines montagnes ; deux espèces de coqs de bruyère, toutes les deux très communes et dont l’une (Bonasa umbellus, Linn.) est si peu sauvage que j'en ai quelquefois abattu quatre représentants successivement et du même arbre. Les Indiens descendent même assez souvent ces sortes de perdrix avec un collet en racine fibreuse attaché au bout d’une perche. La cinquième espèce est la poule des prairies ; elle va en bandes et est difficile à approcher. Nous avons enfin le faisan des montagnes qui est, comme on vient dele voir, d'une bravoure à toute épreuve. Il est à peu près deux fois aussi gros que les coqs de bruyère.

Vers le soir, le paysage change delle d'aspect. Bien que nous soyons toujours confinés entre deux montagnes, la vallée s’élargit un peu et se fait moins sévère ; la végétation y est même assez riante. À mesure que nous descendons, ayant toujours à notre gauche la Sæskwah, maintenant rivière rapide et profonde, le sol devient fertile. De grandes herbes entremêlées de plantes légumineuses croissent entre les trembles ; des églantiers nombreux sont chargés de fleurs et certaines plantes inconnues jusque-là apparaissent, indices d’un changement dans la flore du pays.

Nous traversons un de ces nombreux torrents qui s’échappent des flancs de la montagne. Celui-ci s’est creusé un lit profond et accidenté entre deux hautes falaises qui ressemblent aux parois d’une crevasse gigantesque. Au fond de sa vallée, je doute qu'on puisse voir le soleil pendant plus d’une heure par jour. Non loin de là, nous établissons notre second campement.

Dès lors le changement dans 1 végétation est de plus en

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