CHAPITRE X
L'année suivante, je fus, comme je l'ai déjà dit, reçu très poliment à Tchitown par les mêmes individus qui s'étaient montrés si insolents et si peu obligeants à mon égard, et leur ministre, le successeur de mon par'{ner dans la fameuse discussion théologique, m'accabla de prévenances. Il fallut à loute force que j'allasse le visiter at home où il me fit voir un exemplaire de mon syllabaire déné et certains de mes écrits ethnologiques qu'il s'était procurés je ne sais où.
Arrivé à l’ancien village où j'avais donné la mission l’année précédente, j'eus à faire transporter l’église au nouveau site choisi pour Moricetown, trois milles en aval du premier emplacement.
Rude besogne, dira-t-un, que de transporter ! 12 grande bâtisse à pareille distance. Et pourtant, en réaiité rien de plus facile. Il ne faut pas oublier que les deux sites se trouvent sur les bords du même cours d’eau, et que, dans nos parages, églises et maisons sont en bois. Il nous suffit donc de démonter les troncs d'arbres qui en formaient les murs pour les lancer à l’eau comme autant de radeaux après les avoir, au préalable, mis en faisceaux au moyen de fortes cordes. Le courant se chargeait du reste.
Trois jours furent ainsi employés à charrier les grosses pièces, et quatre jours plus tard aotre église se dressait au milieu de la prairie baignée par la Buckley qu'on appelle aujourd’hui Moricetown.
Le point le plus c'fficile était de transporter du rivage au sile de l’église les énormes madriers qui en formaient les murs. Vingt, quelquefois trente, hommes ou femmes devaient ordinairement prêter leur concours à la tâche, et c'était plaisir de voir les efforts exagérés et d’entendre les exclamations à fend « l’air de cette foule de grands
enfants qui voyaient dans ce travail une récréation excellente quand elle ne se prolongeait pas trop.
Matin et soir, nous avions nos exercices de la mission au beau milieu de la prairie. Comme, l'hiver précédent, un missionnaire à la voix éloquente et aux accents persuasifs avait visité cette population sous la forme de l’influenzaqui l'avait décimée, mon ministère eut cette fois des résultats plus consolants que l’année d’auparavtnt. Je leur fis sentir que la main de Dieu les avait frappés et leur rappelai en particulier le cas d’un jongleur fameux qui non seulement n'avait pu.se défendre contre la terrible maladie, mais dont le cadavre avait même été en partie dévoré par les chiens.
Le même prédicateur avait aussi menacé les Babines du lac qui, jusqu'alors, n'étaient revenus à Dieu quo comme à regret et par groupes séparés. Ayant appris le sort de leurs frères du Rocher-Déboulé, ils étaient rentrés en eux-mêmes et avaient promis de se rendre en massé et sans exception à la parole du prêtre si la terrible visiteuse les épargnait. En même temps, les moins fervents s’adonnaient à la prière et l'on envoyait me chercher trois semaines avant l’époque régulière de ma visite.
Cette foi fut récompensée : il n’y eut pas un cas de grippe chez eux, et je dois dire à leur louange qu’ils ont depuis persévéré dans leurs bonnes dispositions.
De retour de Moricetown, je retournai cette fois à la Mission, non par le lac Babine, la voie ordinaire, mais par les lacs Thatla et Tremblé. Il me fallut pour cela traverser un autre col entre les montagnes à l’est du lac Babine dont le sommet est encore plus élevé que celui de la passe qui sépare ce lac de Hazelton et du Rocher-Déboulé. Je passai le dimanche à Hwotat, au bout du lac Thatla.
J'aime les montagnes et leur austère beauté ; aussi ne puis-je résister au désir de dire quelques mots ici de ce nouveau voyage. ,
éation excel-
le mission au “dent, un misrsuasifs avait nza qui l'avait résultats plus fis sentir que elai en partion seulement die, mais dont ar les chiens.
es Babines du que comme à > sort de leurs en eux-mêmes ans exception les épargnait.
nnaient à la emaines avant
as un cas de ge qu'ils ont ons.
ette fois à la aire, mais par ela traverser c Babine dont e la passe qui ulé. Je passai uté ; aussi ne nots ici de ce