‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 125 sur 178 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

foudre, mais le plus souvent de l’insouciance des voyageurs indigènes qui n'ont pas soin d’éteindre complètement leur feu de bivouac avant de continuer leur chemin.

Mais nous voici arrivés à l'extrémité méridionale du lac Thatla. Nous nous engageons dans son débouché, d’abord large rivière ou plutôt chaîne de petits lacs, puis fleuve majestueux aux eaux lentes et noirâtres qui, après maints détours sinueux, se jette nonchalamment dans le lac Tremblé après un cours d'environ 25 milles.

La vraie origine du nom de ce dernier lac est douteuse. Certains y voient comme une épithète bien méritée d’après laquelle il serait le lac qui tremble, vu qu'il est fameux per ses vagues qui montent et retombent sans direction fixe comme l’eau d’une chaudière en ébullition.

Quoi qu’il en soit, il est aujourd’hui calme et uni comme une glace, et, bien qu'il fasse très chaud, la fumée qui assombrit l’atmosphère et fait disparaître tout horizon rend la température supportable en nous voilant les rayons du soleil. :

Aussi avons-nous vite fourni les six milles qui séparent, dans le sens de la largeur, son affluent de son déversoir, la rivière Thatché. Ce cours d’eau est presque sans courant, du moins dans sa partie supérieure.

Après cinq ou six milles de navigation , nous passons, au coucher du soleil, le village du Grand-Rapide, ainsi nommé parce qu’il se trouve un peu en amont d’un rapide qui ne paraîtrait pas bien terrible ailleurs, mais qui passe ici pour redoutable, surtout à cause de la quantité de roches dangereuses qu’il recèle dans son sein. Nous abordons à un détour de la rivière, et nous campons dans les grandes.

herbes du rivage.

Mais les maringouins ! les terribles maringouins ! Où sommes-nous donc tombés? Ce doit être ici la capitale de ces insectes, la onzième plaie d'Egypte !

Aussi, pas de sommeil, cela va sans dire ; et le lende-

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main matin nous surprenons les habitants de Thatché, à une douzaine de milles de là, au confluent de la rivière avec le lac Stuart.C’est à peine siles plus matineux commencent à se lever.

Là j'admire l'élégance de la belle petite église que les sauvages de la place viennert justement de finir pour remplacer celle qui a été emportée par un ouragan quelques années auparavant. Puis, après nous être faufilés au travers de l'archipel qui agrémente le lac entre Thatché et Pintché, nous nous laissons ballotter par les vagues qui animent la magnifique nappe d’eau qui s'étend entre les îles et l'extrémité sud du lac Stuart.

Vers six heures du soir, je revois enfin mes pénates avec la Mission de Notre-Dame de Bonne-Espérance.

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