‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 130 sur 178 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

pas pour une compagnie d’artilleurs fratchement débarqués de quelque navire anglais ? Tous les enfants de la réunion sont également en uniformes, diversifiés selon les différents villages auxquels ils appartiennent.

Si nous entrors dans ces demeures, nous y trouverons de l’ordre et de la propreté, avec quelque raffinement de perfection, sans doule, à l’occasion de notre visite, ce qui est encore un signe de civilisation chrétienne. Le chef de la fanille, tout fier de vous recevoir, vous offrira un siège entre sa table en bois de cèdre et son lit en bois de sapin rouge. Vous ne manquerez pas de reinaiquer, à la place d'honneur, le crucifix, l’image de la Sainte Vierge et l’eau bénite qui chasse le diable et consacre l'habitation aux anges de Dieu.

A la vue de ces merveilles, ma pensée se reporte malgré moi aux cabanes enfumées, aux loges ouvertes à tous les vents des Porteurs et des Babines. Le contraste entre les manières de ces sauvages d'hier et celles de mes propres ouailles est aussi trop accentué pour échapper à mon bservation, et je suis forcé de refouler en moi-même des pensées de jalousie, d'autant plus que ces améliorations extérieures ne sont rien en comparaison des changements iatérieurs opérés dans les âmes.

‘#iu de perfectionner encore les dispositions de ces bons ch: 'iv:, nous commençons sans délai les exercices de la mission.

Cinq langues se trouvent ici :.; résentées, et chacune d'elles a ses exercices à part. Pour les exercices communs, tout le monde se réunit sous une tente de cent pieds de long ornée comme une église.

La communion générale avait été fixée au vendredi, *3 jun. La veille, vers neuf heures du soir, commença une

procession en canols vers le reposoir du Sacré-Cœur.

C’est ici que, décidément, ma plume se reconnaît impuissante à rendre le pittoresque et le grandiose de cette scène, unique en son genre. Je me permettrai donc d’emprunter celle du rédacteur du Mews-Advertiser, journal protestant de Vancouver. Voici ce qu'il disait dans son numéro du 22 juin 1888 :

« Tous ceux qui ont eu affaire avec les Indiens savent de quels succès a été couronnée l’action de l’Église catholique dans ses rapports avec eux, et quels progrès remarquables ces sauvages : 1! faits sous la tutelle de leurs guides sj:rituels. Un nouve : nple de cette toute-puissante influence vient d’être mis suus nos yeux.

« -Depuis longtemps le village indien, assis au pied des collines de l’autre côté de la baie, se préparait à quelque grande solennité avec une activité extraordinaire : le calme habituel de ses habitants, aux mœurs douces et simples, était troublé par le bruit de la scie et du marteau; sous une nouvelle couche de peinture les blanches maisonnettes

étaient devenues plus blanches encore, et les canots, remis à neuf, avaient reçu une décoration toute fraîche de rouge vermi:lon.

« La nuit dernière a rév“é le but et le résultat de ces longues semaines de préparations, spectacle à la fois curieux et attrayant pour tous ceux qui en ont été témoins et qui doit avoir grandement réjoui le cœur des bons Pères et de leurs enfants spirituels.

« C'était à l’occasion du Corpus Christi, fête qui, de temps immémorial, a été célébrée avec beaucoup de pompe dans l'Eglise. Les rues du village étaient bordées de guirlandes de cèdre odoriférant auxquelles se balançaient nombre de lanternes vénitiennes. On avait érigé sur la grève un repc oir en forme de dôme à plusieurs étages surmonté de la statue du Sacré-Cœur et illuminé d'une multitude de

Cœur.

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