‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 146 sur 178 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

de l’introduire, une idée me vient qui réclame mon attention. Venu en France pour surveiller l'impression de certains travaux littéraires, j'ai dû répondre à une foule de questions sur les détails de notre genre de vie et sur notre manière de vovager. L'insistance avec laquelle les mêmes questions m'ont été adressées partout m'est un gage de l'intérêt que pareils détails, si minutieux qu’ils soient,peuvent avoir pour une certaine classe de lecteurs. Je me suis donc laissé persuader de publier ci-après le journal des deux principaux voyages que je fis l’année dernière.

Et, à ce sujet, quelques remarques préliminaires me paraissent utiles.

D'abord, bien que mon district de missions soit plus étendu que l'Italie, et que je sois le seul prêtre à y exercer le saint ministère, les voyages — el quels voyages ! — sont naturellement à l’ordre du jour chez nous. Il n’est pourtant que juste de remarquer que je n'aurais probablement pas fait les deux longues courses que je vais relater sans une aimable invitation d’un membre de la Société de Gécgraphie de Paris qui, à deux reprises différentes, me pressa d'envoyer à ses collègues un mémoire quelconque sur le pays que j'habite depuis tantôt quatorze ans.

Pour satisfaire sa légilime curiosité et pour ne parler que de visu, j'entrepris une série d’excursions en pays inconnu, et c’est dans ces excursions que je prie le lecteur de m'accompagner.

Ces notes sont donc afférentes à des voyages de découvertes, et, à ce titre, elles ne sauraient être sans valeur pour les géographes. Une petite carte, infime résumé d’un grand travail actuellement en préparation, sera pour le lecteur un fil d'Ariane apprécié.

I va sans dire qu’on ne pourrait prendre ce journal pour l'exposé complet de mes courses de 1895, puisque j'ai fait, celte année-là et sans sortir de ma paroisse, environ

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750 lieues françaises. Je ne décrirai que mes excursions en pays nouveau.

Je dois aussi expliquer que, dans ce but, j'avais au préalable engagé deux de mes meilleurs sauvages du lac Sluart pour m'accompagner pendant le premier voyage dans la partie septentrionale du district. Je leur avais donné rendez-vous pour le 13 juillet à un petit village sur le lac Thatla où je les trouvai effectivement.

La suite dira à quel point les fatigues et les dangers d’une pareille course en pays inconnu leur souriaient.

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