‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 16 sur 178 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sommaire, — Retour. — Déception. — Nos ours. — Encore chez les Tsilkohtines. — Le saumon. — Thallo houlær. — Par où commencer la charpente ? —Un mari peu patient.— «Va chercher ton cheval.» —

Passion pour le jeu. — Les Tsilkohtines des Rochers. — Leur costu-

me. — Ornements. — Lecçors de propreté. — Une froide nuit de

Noël. — Messe en plein air.

Comme il n’y avait pas une bouchée en réserve au lac Louzkeuz lorsque nous le quiltâmes, nous n’eûmes, en revenant, que ce que la poudre et le plomb purent nous procurer. Mais il faut dire que la bonne Providence veilla sur nous et, à l'exception du dernier jour où nous ne pûmes rien tirer, les lièvres et les poules sauvages avaient toujours soin de se faire tuer à point.

Un jour même, je récilais mon chapelet en longeant la rivière à l’Eau-Noire, lorsque tout à coup j’entendis Thomie, mon interprète, me crier d’une voix comprimée :

— Arrête ! Arrête !

— Qu'y a-t-il donc ! lui demandai-je en me retournant.

— Ne vois-tu pas. de l’autre côté delarivière, un peu en arrière de ce tremble ?

— Je regarde dans la direction indiquée et j’aperçois un ours énorme se régalant paisiblement de racines qui poussent dans la vallée. Aussitôt Kwælh, mon autrecom pagnon, inspecte ses armes et court vers l’ours en se cachant le r-eux qu’il peut. Mais l'animal avait l'oreille fine : il entend mon homme et s'enfuit majestueusement. Celui-ci se met

à sa poursuite et,lorsqu'il croit le moment favorable, il lui envoie la charge de son fusil. Mais la distance était trop grande : la balle,au dire du chasseur,ne fait qu’effleurer la peau de l’ours qui nous dit adieu pour ne plus revenir.

Puisque, d’après le premier titre de ce volume, nous sommes « au pays de l'ours », il convient de faire faire au lecteur plus ample connaissance avec cet animal si commun dans nos forêts.

Aupoint de vue zoologique, notre district ne renferme que deux espèces d'ours, l'ours noir (Ursus americanus) et l'ours gris (U. horribilis). Mais nous avons en outre l’ours brun qui, pour les naturalistes, n’est qu’une variété du noir. De fait, l’un et l’autre se trouvent assez souvent dans la même portée. L'ours noir se rencontre très fréqueminent dans le nord de la Colombie Britannique. Sans prendre la peine de le chasser, et au cours d’un seul voyage d'été, il n’est pas rare d’en voir une assez grande quantité.

Ses habitudes sont connues. Vivant, en été, de racines, d'herbes sauvages, de poisson échoué sur le rivage et surtout de petites baies propres au pays, il passe les longs mois d'hiver endormi au fond d’un antre soigneusement clos aux intempéries de la saison. Le dégel des premiers jours de mai peut seul interrompre son sommeil et le forcer à déguerpir. Des chiens dressés à cet exercice aident alors au sauvage à trouver son gîte et à lui administrer le coup de grâce. Inutile de remarquer que Martin fait généralement payer sa vie le plus cher qu'il peut, et plus d'un chasseur doit à pareille rencontre la perte de limiers qu’il estimait comme son plus grand bien. En éié l'ours noir se chasse à courre, ou bien se prend au lacet o1 au piège.

L’ours gris est un tout autre animal dont nous aurons à parler plus loin.

Le lendemain de notre première rencontre avec l'ours noir, pendant que nous faisions sécher au feu du bivouac

e, il lui ait trop urer la enir.

e, nous faire au ommun

enferme anus) et re l'ours riété du ent dans emisent endre la d'été, il s de rale rivage passe les igneusedes premmeil et exercice ui admie Martin peut, et rte de li- . En été lacet o1

aurons à

rec l'ours

bivouac

Page 1