‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 19 sur 178 · ALLÉE EE TI ES · texte numérisé non relu

ALLÉE EE TI ES

Fig. 3. — Harpon à saumon.

La première consiste à darder le poïsson à l’aide d’un double harpon à pointes en corne de mouflon et emmanché d’une très longue hampe.

Cet exercice, pour être couronné de succès, demande l'œil exercé de l’Indien, non moins qu’une agilité peu commune.

La seconde méthode se pratiqueàl’aide depuises, grands filets en forme de poche à fond pointu attachés au bout fourchu d’unlong manche.Ainsi préparée, la puise est main-

tenue dans l’eau jusqu’à la première canture de poisson. Cet exercice ne demande pas l’habileté du premier, mais réellement il faut loute la patience fournie par la perspective de la faim pour s’y adonner volontairemcui, d'autant plus qu’il n’est praticable que longtemps après le coucher du soleil.

Je me raprelle encore avoir remonté, il y a une douzaine d'années, le cours du fougueux Fraser enflé par les grandes eaux de juillet. Ne pouvant avancer que très difficilement à cause de la rapidité du courant que nous remontions péniblement à l’aide de la perche, nous avions résolu de profiter d’un magnifique clair de lune pour compenser par un travail de nuit la lenteur forcée de notre navigation de jour. Comme nous approchions du village, nous apercevions de distance en distance, immobiles et silencieuses, des formes humaines plantées sur quelque pointe rocheuse du rivage, et corame absorbées dans la contemplation de l’eau qui coulail à leurs pieds. A mes questions posées en les abordant io réponse invariable était :

— Su kral: ! au thallo houler : Pas le moins du moude, il n’y a point de saumons.

C'étaient des sauvages pêchant à la puise.

Pour conserver le fruit de leur pêche, nos Dénés, Porteurs et Tsilkohtunes, suivent encore ia méthode des Kanitchadales. Après avoir ouvert le poisson, ils en retirent l’épine dorsale et les arêtes avec la chair adhérente et l'exposent à la chaleur, suspendu en longues brochées, sous le toit d’écorce d'un hangar ouvert à tous les vents. A l’action de l'air et du soleil, secondée par une fumée constamment entretenue, ils obliennent le résultat désiré. Le poisson se trouve ainsi desséché de manière à se conserver des années entières.

Les iêles, qui sontle morceau délicat du saumon. sont traitées séparément. Ou bien elles sont ouvertes et fumées,

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