CHAPITRE II
se draper dans leur couverture en peau de lapin en guise de vêtement.
Ce sont là naturellement des cas extrêmes, et il faut ajouter que la prédication du missionnaire, fécondée par la grâce d'en haut, tend à faire disparaître cette hideuse passion. Il n’en est pas moins vrai qu'elle n’est pas encore morte, même parmi certains qui ne devraient plus la connaître depuis longtemps.
Cette forme de jeu ne paraît pourtant guère attrayante. Un certain nombre de sauvages forment cercle autour d'un feu, chantant un air des plus bizarres, en s’accompagnant d’un tambour ou, à son défaut, en battant la mesure sur un chaudron ou sur une planche, tandis que l’un d'eux change d’une main à l’autre, et cela fort dextrement, deux petits osselets en se balançant de droite à gauche, d'accord avec
Fig. 4. — Osselets de jeu.
le rythme du chant. Guand la mélodie a été répétée un certain nombre de fois, c’est à son partenaire à deviner dans quelle main se trouve l’osselet gagnant.
Ce jeu,qu'’on dit imité du {si-mei des Chinois, est répandu chez presque tous les sauvages de l'Amérique du Nord.
Arrivons maintenant chez les Tsilkohtines des Rochers, et, avant de commencer notre prédication, essayons de faire connaissance avec eux.
Cornme la plupart de leurs congénères, les Tsilkohtines des Rochers sont en général courts et trapus, face plate, yeux en amande, pommeltes saillantes, mâchoires très prononcées et un nez plus souvent camard qu’aquilin. Au physique, ils ressemblent assez aux Mongols. Ils ont de
commun avec les autres Dénés les cheveux noirs et droits, les mains et les pieds petits, le teint bistré et une absence presque complète de barbe.
Leur costume consiste, pour les hommes, en une sorte de pantalon dont la couleur première est généralement un mystère et d’une espèce de grand manteau agrafé sous le menton et composé de peaux de marmottes cousues ensemble et porté avec le poil à l’intérieur. Leur coiffure est une bande de peau de castor, poil en dehors et entourant
7 Fig. 5.— Pipe indienne.
la tête en forme de couronne, tandis que leur chaussure est le mocassin en peau de chevreuil tannée propre à presque tous les aborigènes du Nouveau Monde.
Comme complément au costume, une alène en cuivre et des pincettes de même métal pendant sur la poitrine susp endues au cou, quelquefois avec la pipe en serpentine ou autre espèce de pierre qui est commune aux deux sexes ; car il est bon de savoir que chez les sauvages les femmes sont des fumeuses invétérées. Le but de l’alène est facile à deviner, surtout quand on se rappelle que non seulement les habits de celui qui la porte, mais encore ses sacs et autres objets de ménage sont en cuir. Les pincettes lui servent à s’arracher les quelques poils qui lui croissent sous le nez etle menton. Quand les vieux n’ont rien à faire, ce qui arrive souvent, ils ont presque toujours ces pincettes en main.
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