CHAPITRE III
religion chrétienne qui l’a remise à sa place légitime au foyer domestique. Ayant eu à combattre cette coutume barbare, j'en puis parler en connaissance de cause. Hâtonsnous d'ajouter qu'elle est aujourd’hui à peu près abolie,
La veuve menait cette vie misérable et souffreteuse pendant deux, trois ou quatre ans, selon le rang dans la tribu de son défunt mari, et aussi selon que les parents de ce dernier parvenaient plus ou moins vite à amasser la quantité de provisions de bouche et de peaux tannées qui devaient être distribuées avec pompe à la multitude de sauvages réunis à cet effet.
Ce jour-là, le sachet contenant les ossements du défunt était suspendu pendant la cérémonie, à quelque chevron de la loge en vue de tous les invités et la veuve était publiquement délivrée de sa servitude. Le festin terminé, le sachet avec son contenu, était introduit dans la boîte d'une colonne funéraire plus ou moins ornée dans laquelle il devait rester définitivement.
La coutume d'élever ces colonnes fut empruntée, je le répète, aux Atnas ou Tsimpsians, parmi lesquels on en voit de sculptées avec un art qu'on seraitloin d'attendre d'aborigènes américains.
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Le mot de l'énigme était donc résolu, et je savais à quoi m'en tenir au sujet des colonnes antiques que j'avais sous les yeux.
Le lendemain nous arrivions à Elkatcho, terme de notre voyage.
— Quel plaisir vont éprouver ces pauvres enfants des bois à la vue du prêtre ! me disais-je, quand le lac nous apparut pour la première fois.
Et comme j'allais jouir moi-même de leur bonheur ! Cruelle déception ! Pas une âme ne se montre ; le camp
est désert ! C’était donc bien la peinc de venir de si loin et par de tels chemins pour ne trouver personne !
Immédiatement nous nous demandons auelle peut être la cause de leur absence. Un de mes compagnons se rappelle alors avoir entendu dire que la population entière s'était rendue à la mer, et i ajoute que si ces renseignements sont exacts, elle doit être très prochainement de retour.
— Probablement même qu'ils se trouvent déjà à leur pêcherie, dit-il.
Je m'’enquiers de la distance qui nous sépare de cette pêcherie, el il me répond qu’elle ne peut être de pius d’un jour de marche.
— En route donc pour la pêcherie, m’écriai-je.
Et nous partimes de nouveau.
Après une course d’une vingtaine Je milles, nous nous trouvons tout à coup en face d’une rivière large et très rapide. C’est la rivièr e au Saumon.
— Où est le canot pour traverser ? demandai-je aux sauvages qui me suivaient.
— Il n'ya pas besoin de canot, me répondirent-ils. Tu vois cet arbre, de l’autre côté, en amont ? ... Bien, c’est un peu plus haut que nous devons aborder.
En effet je ne tarde pas à constater que le cours d’eau, qui paraît plutôt un fleuve qu'une simple rivière, n'est pas aussi terrible qu'il en a l'air.
C'est une de ces rivières « plates », c’est-à-dire larges mais peu profondes, comme on en rencontre souvent en Amérique, notamment aux Etats-Unis.
Me guidant donc sur le point indiqué de l’autre côté, j'éperonne mon cheval qui nese met à l’eau qu’à contrecœur et semble épouvanté par les vagues soulevées par le courant. Il n'avait pas fait dix pas que je me sens enfoncer avec lui, tellement qu’il est presque obligé de nager. Je me lourne alors vers mes compagnons restés sur le rivage. Ils
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