‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 31 sur 178 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

alors au treillis de la crémaillère dans la partie recourbée ; de là, il retombe lourdement sans pouvoir échapper.

Le sauvage vient ensuite le darder à loisir dans le piège où il s’est laissé prendre.

Cette pêcherie se trouve, me dil-on, à une petite journée de marche de la mer. Non seulement aucun prêtre, mais même aucun blanc ne m’y avait précédé.

Ajoutons de suite que l’année suivante, à l’occasion de ma troisième visite annuelle au lac Lonzkeuz, je fus plus heu-

Fig. 10. — Trappe à saumon. ‘

reux à Elkatcho, où je trouvai tous les sauvages de la place réunis. Impossible de décrire la joie et les démonstrations bruyantes avec lesquelles je fus reçu. Il me fallut leur donner un chef régulier et créer les officiers qui ont coutume de l'aider dans tous les camps régulièrement organisés. Ce même été, je baptisai au lac Louzkeuz les quatre premiers adultes non en danger de mort qui me doivent l’eau régénéralrice, et j’en pris occasion pour en faire une céré-

monte publique et aussi solennelle que le permettaient les circonstances.

Vers la fin de 1883, Mgr d’Herbomez avait ajouté trois villages de Porteurs à ceux dont j'étais déjà chargé. Tout en agrandissant ma sphère d’action, cette mesure de Sa Grandeur m’imposait de nouveaux devoirs. Je connaissais déjà individuellement presque tous les Tsilkohtines et je commençais à parler leur langue.Leurs besoins m'étaient familiers et j'étais au courant de leurs défauts comme de leurs bonnes qualités.Je partis pour aller faire connaissance avec mes nouvelles ouailles.

C’est pourquoi je me trouvais, vers la mi-juillet 1884, au Fort Alexandre, la première des nouvelles places que j’avais à visiter.

Par fort, on entend dans le pays tout simplement un poste de traite en charge de la Compagnie de la baie d'Hudson, la société commerciale qui a longtemps joui du monopole exclusif de la traite des fourrures dans le nord de la ColombieBritannique.Autrefois,quand les sauvages étaient réputés dangereux, ces établissements étaient entourés d’une palissade avec bastions, d’où leur est venu le nom de fort. Un seul a retenu jusqu'ici ces fortifications d’un autre âge. C'est là que les sauvages viennent échanger leurs peaux de castors, d'ours, de martres ou de renards avec les vêtements et les provisions de bouche dont ils ont besoin.

Le Fort Alexandre était jadis le poste le plus important de l'intérieur. C’est de là que partaient alors les brigades de berges ou grands bateaux qui remontaient distribuer l'équipement des forts de la région des lacs, au nord. Il

est depuis longtemps abandonné. Quesnelle, 40 milles en amont du Fraser, lui a succédé comme entrepôt commercial.

Disons-le à la honte de la civilisation moderne : le voi-

sinage des blancs a été fatal au Peau-Rouge. Les liqueurs

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