CHAPITRE IV
de vacances ; c'est surtout dans les voyages que ce souffredouleur doit pâtir. A elle de transporter le mobilier du ménage, tandis que son mari, le fusil à la main et sans être autrement chargé, ouvrira gaiement la marche, guettant
Fig. 12. — Sac de voyage en -peau d’orignal.
quelque pièce de gibier pour varier le menu du maigre festin qui se fera à la tombée de la nuit.
Encore faut-il dire qu’elle n’est pas au bout de ses peines lorsque le couple voyageur s'arrête, au crépuscule, pour
préparer le campement. I] lui faut alors ramasser les branches mortes qui alimenteront le foyer de la famille, élever la hutte qu'on abandonnera demain, faire la cuisine et le reste. Le rôle unique de l’homme, avant sa conversion, se résumait dans la devise : chasser, manger, dormir et jouer.
Les indigènes ont un amour profond pour leurs enfants. Aussi l’infanticide est-il très rare parmi eux. Il faut néanmoins faire une exception. Lorsque deux jumeaux venaient au monde, une coutume barbare voulait que l’un d’eux fût sacrifié. Deux enfants à la fois portaient malheur, disaiton, et l’on regardait cette double naissance à peu près comme une monstruosité de nature.
C’est un fait connu que, dans les deux Amériques, les mères indigènes portent leurs enfants sur le dos, non pas dans leurs bras comme chez les blancs. Nos sauvages ne font point exception à cette règle. Les Tsilkohtines fabriquent, pour porter leurs nourrissons, de jolies petites corbeilles d’osier recouvertes de peau de chevreuil. Mais les Porteurs ne se servent que du maillot orné, plus ou moins, de rassades ou autres breloques. Un point qu'il est peutêtre bon de relever c’est que les mères Tsilkohtines portent leurs bébés horizontalement derrière le dos, tandis que chez les Porteurs les femmes les portent dans une position perpendiculaire. Rien de plus drôle que de voir ces petits êtres, serrés dans leur maillot comme de petites momies, promenés partout où va la mère et regardant toujours dans une direction opposée à celle qu’elle suit elle-même.
La liste des superstitions que nous avons dû déraciner chez nos Indiens serait certainement bien longue si elle était complète. La vérité m’oblige d’avouer que certaines des moins pernicieuses ont encore cours parmi nombre de vieux et de vieilles.
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