‹ Chez les sauvages de la Colombie Britannique [microforme]Chapitre 63 sur 178 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

aussi,apprendre en dehors des classes ce qui a été enseigné aux enfants.

Aujourd’hui, je reçois des lettres en Porteur de tous les points du district, même des Sékanais qui, pourtant, parlent une autre langue, et auxquels je n’ai jamais donné une leçon de lecture. De plus, le voyageur ne peut faire une : demi-journée de marche dans la forêt sans tomber sur quelque inscription faite au charbon ou au crayon sur les troncs d'arbres. C’est un Indien qui rend compte de ses aventures de la journée, dévoile ses intentions pour le lendemain ou bien donne ses directions à quelque parti de chasseurs qu'il sait devoir prochainement passer par là. Ces sortes d’épitres sont quelquefois très curieuses.

La retraite marchait bon train. Nous étions sur le point de commencer le catéchisme, quand j’entendis, un jour, la terre tremblersous les pas d’une foule qui se précipitait vers un même point, Puis un sauvage accourait me dire qu'un jeune homme s'était accidentellement liré un coup de pistolet. Je me rendis aussitôt près de lui pour savoir s'il avait besoin de mon ministère. Fendant la foule qui encombrait les alentours de sa cabane, j’entrai et vis Johny Sé (La Ceinture) étendu sans connaissance, tandis que son frère aîné suçaitle sang de la plaie ets’efforçait d’en extraire la fumée de la poudre qui aurait pu l’envenimer. Heureusement que le pistolet élait de petit calibre et surtout que la balle n'avait perforé que la main.

L'accident n'eut pas d'autre suite fâcheuse ; il ne m'inspira pas moins un sermon sur l'incertitude de la mort qui lil impression.

Huit jours s'étaient écoulés : les délinquants firent pénitence, ceux qui avaient touché à l’eau des blancs (l’eaude-vie) payèrent l'amende et chacun se réconcilia avec Dieu au saint tribunal. J'avais déjà fait neuf baptêmes.

Puis, il fallut songer aux préparatifs du départ. Mentionnons en passant que la chaleur extraordinaire

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de la saison a grossi le Fraser d'au moins 20 piedspendant mes dix jours de séjour au Fort Georges. Il refoule au loin les eaux de la Noutchakoh qui, s’échappant le long d’une

- vallée en arrière du village, l'ont converti en tle d'où l’on

ne peut plus s'échapper qu’en canot. Or, à mon arrivée, il n’y avait pas une goutte d’eau dans ce bas-fond.

Nous sommes descendus en canot ; inutile maintenant de songer à retourner par la même voie, en raison de la crue des eaux. Force nous est donc d'emprunter deux chevaux, un pour porter ma chapelle et nos effets, l’autre pour mon humble personne.

Après leur avoir fait traverser à la nage le torrent improvisé, nous entrons dans une plaine basse et sablonneuse qui formait probablement, dans des temps éloignés, le fond d'un lac où sejetaitlaNoutchakohet que traversaitle Fraser. Elle est maintenant parsemée de petits pins gommeux (Pinus contorta) à travers lesquels on a pratiqué un excellent sentier.

Malgré ses bonnes qualités, ce sentier fut témoin, trois ou quatre ans plus tard, d’un accident qui faillit m'être fatal. Je quittais, comme aujourd’hui le Fort Georges, pour retourner à Stony-Creek et à Natléh. Les sauvages, le cœur allège et l'âme en paix. me suivaient à la course formant une cavalcade d’une dizaine de cavaliers en tête desquels je galopais, quand tout à coup, sans aucune raison apparente, mon cheval s’abattit sous moi.

— Silre ! Silre! 1] est tué ! il est tué ! cria mon escorte dont les chevaux, arrivant bride abattue, faillirent m'écraser.

Que mes éperons, désormais hors de ée se fussent accrochés aux courroies desétriers ou ailleurs avant que j'aie pu me remettre en position sur la selle, et mon cheval, en

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