CHAPITRE VIII
autre tribu dénée. Ce dernier trait de leur caractère est la cause deleur peu d'avancement dans les voies évangéliques et des soucis qu'ils oni toujours causés au prêtre qui en a été chargé.
Leur organisation sociale est identique à celle des Porteurs, lesqu’ls l'ont empruntée aux tribus maritimes par leur intermédiaire, et les coutumes qui ont ainsi retardé leur progrès spirituel et qu’il nous est bon de connaître en détail pour pouvoir apprécier les difficultés-avec lesquelles le missionnaire a à lutter, sont aussi presque toutes communes aux deux tribus. Elles avaient seulement poussé de plus fortes racines chez les Babines, parmi lesquels elles avaient comme leur épanouissement
J'en ai déjà mentionné plusiears en pariant des Porteurs ; il me reste à compléter les détails que j'ai dennés sur leur système religieux, leur chamanisme, leurs idées cosmogoniques et celle de toutes leurs pratiques traditionnelles gui a le plus barré le chemin à la perfection chrétienne, je veux dire les potlaches (1) ou festins d’apparat. C'e:' par ce dernier point que je commencerai.
Ils tiennent teilement à cette institution qu'en certains quarüers elle subsiste encore malgré toutes les prohibitions des autorités civile et religieuse.
On se rappelle ce qui a été dit sur le litre de /æneza ou de notable (2) et sur la manière dont il passe de l'oncle au neveu maternel. On n’eu hérite qu'au moyen de toute une filière de potlaches ou banquets de cérémonie qu'il importe de connaître dans tous leurs détails, si r on veut savoir la raison de leur proscription.
Le premier potlache donné en l'honneur d’un défunt
(41) Potlache est un mot tchinouk qui signifie « donner » (2) Au chapitre IV.
tæneza doit avoir lieu trois ou quatre jours après l’arrivée des invités. Son importance est secondaire ; on l'appelle lis thœr hanal'sælhih, ou l'enlèvement des cendres, ce qui veut dire que les restes mortels du fœneza sont enlevés par là même du foyer où ils étaient censés rester depuis sa mort. C’est l'héritier qui donne ce festin. On y suit le cérémonial suivant, observé aussi dans les autres banquets.
Tout étant préparé dans l’une des grandes loges, le neveu de l'héritier présomptif s’en va appeler chacun des convives. Les membres de son clan, faisant avec lui les honneurs de la fête entrent d'eux-mêmes. L'appel des invités se fait par le jeune homme qui, armé d’un bâton de cérémonie, va, sans dire mot, frapper le sol aux pieds de la personne ainsi honorée. Le commune vulqus une fois rassemblé, les notables, les premiers invités mais les derniers venus, sont introduits alors par le maître des cérémonies ; celui-ci, désignant de son bâton chaque tœneza, l'appelle en même temps par son nom héréditaire (1) criant, par exemple : Qil qi! Rarul. Qil qi !
Alors commence le repas, ou plutôt la distribution des vivres. On en donne une double ou triple portion aux notables présents. Le tout est accompagné de copieuses libations de graisse d'ours liquide.
À la fin du banquet, l’aspirant lœneza déchire en bandes assez larges pour en faire des mocassins quelques peaux années, prenant bien soin de donner à celles qu'il offre aux notables une largeur au moins double de celles des autres assistants. |
Le second potlache ne se distingue du premier que par son but. On y célèbre la déposition des restes du défunt à la place d'honneur ; ceci a lieu bien que le cadavre ait déjà subi la crémelion. Jusqu'ici encore,on considère l'héritier comme simple aspirant au litre de son oncle.
(1) Ce qui ne se fait que dans les grandes circonstances, chaque notable ayant, en outre, au moins un autre nom.