CHAPITRE VIII
lon- Pendant la nuit, tout ie monde se réunit dans la nouvelle résidence. Les no’ables qui ont fait les masques, cades chés derrière un paravent formé par des rideaux de peaux. able affublent des deux figures de bois deux jeunes gens dont 1ou- le corps reste soigneusement caché sous des couvertures. l'in- Le rideau se lève; les notables, vêtus de leurs insignes, s’as les vancent au milieu de l’assemblée, et se mettent à danser | de- en un groupe tandis que les jeunes gens masqués font avec isse- la tête toutes sortes de mouvements bizarres. qui On ajoute un nouveau masque à chaque banquet donné ne le dans la suite par le même notable, et ainsi le nombre des son comédiens présents indique le nombre des banquets dondan- nés par un notable depuis qu'il a remplacé son oncle. vient : “nf sents es se l’asique, de la >neZa HU AE urin. Han r du as et s Fig. 22. — Ornement de nez (1).
nie. Le jour suivant commence, au matin, le grand festin isent qui dure quelquefois jusqu’à la fin du jour. On expose ce nou- jour-là, l’un après l'autre, les biens personnels du notable s'en décédé, lesquels n'avaient pas été touchés jusqu’à ce jour. font C'est alors aussi que ses os, conservés dans le sachet dela : me, veuve, sont suspendus provisoirement à quelque poutre iers de la nouvelle loge.
eux . Puis, pendant la distribution des vivres, le nouveau maiit le tre passe ses malus graisseuses sur les cheveux de la veuve,
(1) En coquillages et en duvet de pic-bois. H +
et la couvre d’une couverture neuve dont il lui fait cadeau, disant :
— Tu es maintenant libre de retourner chez les tiens et de te marier si bon te semble.
Une autre particularité de cette distribution finale, c’est que l’image sculptée du « totem » une fois placée de chaque côté de la porte d'entrée, tout nouveau venu d’un autre clan doit lui offrir des vêtements, effets, ou instruments de chasse qui deviennent la propriété du nouveau notable, lequel les partage à son tour entre les membres de son clan. Après la grande distribution des peaux et autres effets, l’'amphitryon divise entre les parents de son prédécesseur les biens personnels du défunt ; il donne même ses propres vêtements se réduisant à un état de nudité presque complet.
Mais, dira-t-on, en quoi ces fêtes et les coutumes qui les autorisent sont-elles répréhensibles,et pourquoi les proscrire ?
Pour plus d’une raison. D'abord il y a le principe général que le sauvage pour être vraiment chrétien doit, pour ainsi dire, devenir un autre homme. Sous peine de n'être . qu'un païen baptisé. il doit abandonner, en même temps que les coutumes essentiellement blämables qu’il a reçues de ses ancêtres, celles-là mêmes qui peuvent n'être qu'indifférentes. L'expérience l’a prouvé : toutes s’enchaînent, l’une réclame l’autre. Baptiser un Indien qui ne veut pas en passer par là, est s’exposer à mériter le reproche des Saintes Ecritures : Multiplicasti gentem et non multiplicasti detitiam (1).
Mais ces festins d’apparât sont réellement répréhensi-
(1) Tu as multiplié la nation ettu n’as point multiplié la joie. Mach., ‘ V, 57.