CHAPITRE VIII
are « IL y a longtemps de cela, une obscurité profonde réant gnait par toute la terre, excepté dans la loge d’un vieillard, un un tœneza qui seul possédait la lumière, le feu et l'eau. et C'est pourquoi les hommes étaient bien misérables etnecesis- saient de soupirer après la lumière. Mainte et mainte fois les ils supplièrent le vieillard de leur en donner une part, mais ur il était sourd à leurs prières, Enfin ils résolurent de s’en sa emparer malgré lui.
rA- « Dans ce but, ils entrèrent avec tous les animaux dans la loge du vieillard, et se mirent à chanter, espérant la lui er arracher à force de tapage (1) et en l’importunant de leurs ns chants. Chacun avait son chant particulier et le renardeau (Æaih-pa-ts0, il crie après la lumière du jour) (2) répétait
un sans cesse Aaik, Kaih, kaih, persuadé que par ce moyen 1C- il finirait par obtenir yækaih, ou la lumière du jour. le. « Mais le vieillard était inflexible.
ur « Cepex dut l'assemblée nomma tant de fois la lumière, il que celle-ci commença à monter insensiblement au firma-
e ment, comme il arrive chaque matin. Le tœneza s’en aperns cut et s'écria aussitôt :
s. — « Lœyul..!Que la. ne soit pas ! (3)
es « Immédiatement la lumière redescendit à l’horizon.
n «Pourtant fe jeune renard ne se lassait point de répéter le kaih, kaih, kaih, et les hommes, aussi bien que les anies maux, luttaient à qui chanterait le plus fort, dans l'espoir . Lu de fatiguer le vieillard et de le contraindre ainsi à leur
accorder la lumière.
(1) Ne pas oublier que les sauvages ne chantent jamais en groupe: sans battre la mesure sur le tambourin, une chaudière, etc.
(2) Par allusion à son cri matinal.
(3) Pour lœyulkal, que la lumière ne soit pas. Le vieillard a si grand’ peur d'accorder la lumière, qu'il n’ose même prononcer son nom qui se trouve contenu dans la finale omise.
« De nouveau l’horizon commença à s’illuminer de feux toujours croissants. La lumière éclairait déjà une assez grande partie du firmament, quand le vieillard s’en apercevant se troubla, e., sans prendre le temps de réfléchir, s’écria par erreur :
— « Fulkal ! que la lumière soit !
« Et depuis la lumière a toujours existé.
« Jusque-là les hommes n'avaient point de feu, et ils étaient iransis de froid, à l'exception de ce même notable qui le gardait-soigneusement dans se loge. Comme il ne voulait pas leur en céder la moindre partie, ils résolurent de s’en emparer par ruse.
« C’est pourquoi ils eurent recours à un caribou d’un an et au rat musqué. Ayant fabriqué au premier une coiffure de cérémonie faite de copeaux de pin résineux attachés à ses bois, et affublé le second d’un tablier d’apparat consistant en une peau de marmotte, ils entrèrent en chantant chez le vieillard (1). Le caribou et le rat musqué se postèrent à chaque extrémité du foyer sur lequel le maître du logis faisait bonne garde, puis se mirent à danser. Le chant du rat musqué consistait simplement dans la répétition des mots O Shoette (2) avec lesquels certains d'entre nous le saluent encore.
« Au cours de sa danse, en secouant la tête de droite à gauche selon la coutume, le caribou parvint à allumer à la flamme du foyer sa coiffure en copeaux résineux ; mais le tœneza l'éteignit aussitôt.
« Peu après, au milieu des chants bruyants dont l’assemblée accompagnait sa danse, le caribou fit encore en sorte d'enflammer son couvre-chef, eteette fois à tel point que le vieillard eut beaucoup de peine à l'éteindre.
« Pendant ce temps, le rusé rat musqué, qui s'était préparé de longue main en transperçant la terre et qui n’at-
(1) Allusion à la danse en entrant mentionnée précédemment. (2) Mots maintenant inintelligibles,