ARLES TES
vières ; les lacs et la mer résultèrent de pleines poignées d’eau qu’il jeta çà et là en marchant, et quand il eut finisa distribution, il lança à terre d’un mouvement rapide ce qui restait dans le baril, formant ainsi ce que nous appelons maintenant le lac des Français, ce qui explique la longueur de ce lac (1).
« C’est ainsi qu'OEstas nous donna l'eau. »
Comme on le voit, la cosmogouie babine ne remonte pas jusqu’à la création ; elle se borne à la distribution de la lumière, du feu et de l’eau, ce qui, en pratique, re-
. vient au même, On remarquera probablement la simili-
tude entre le Fiat lux de la Genèse, et le Yulkal de la tradition américaine. Il y aurait peut-être irrévérence à identifier OEstas, l'enfant de la vierge qui l’enfanta sans perdre sa virginité, avec Jésus-Christ, le fils unique de Marie, vierge avant et après sa maternité divine. Il n’en est pas moins vrai que ce trait du mythe aborigène est assez significatif.
OEstas est lehéros légendaire des Porteurs et des Babines et, sous un autre nom, de toutes les tribus maritimes de la Colombie Britannique. Ses nombreuses aventures fourniraient la matière d’un petit volume.
Naturellement, il y a loin delà àlacosmogoniechrétienne. Il nous reste à voir que la distance n’est guère moins grande entre la religion de Jésus-Christ et celle pratiquée par nos Babines lors de mon arrivée à la Mission du lac Stuart.
Les Babines de la rivière ou du Rocher-Déboulé se trouvaient alors comme sous le coup d’une excommunication. Ceux du lac, tout en allant un peu mieux, n’en étaient pas
(4) Il est bon de noter que presque toutes les légendes des popula: tions indigènes de l'Amérique rapportent des faits qui sont censés être arrivés dans leur territoire respectif. Voir la carte au chapitre XII.