‹ Chez nous (volume 4)Chapitre 3 sur 13 · L'HEURE DES VACHES · texte numérisé non relu

L'HEURE DES VACHES

pagées de la clôture. . . Mais c’est si joli de le voir aller qu’on regretterait presque de ne pas l’avoir manqué. Qui n’a pas chassé l’écureuil ne sait pas comme un lacet de crin noir au-dessus d’une petite tête rousse fait palpiter un cœur d'enfant.

A croquer des pommes, à cueillir des fraises, à courir les écureuils, nous finissions par arriver dans le clos d'en haut, et nous entendions tinter la clarine de la Rousse, une maîtresse vache, qui donnait, une traite portant Vautre, six pots et pinte. Déjà il se laisait tard ; les rayons obliques du soleil penchant nous le rappelaient.

Vite, nous rassemblions les bêtes, perdues dans la brousse — « Que, vaches, que! )) ruminant derrière les arrachis « Que, vaches, que ! )) — couchées dans les ferdoches « Que, vaches, que /)>... D elle-même, la Rousse prenait le bon chemin, et, tout le troupeau la suivant, c’était, dans la route,

une longue file de bêtes lourdes et lentes, qui s’en allaient vers le village. Derrière les vaches, après avoir soigneusement mis Yamblette sur la barrière, et, harts en main, nous poussions en avant les plus paresseuses.

Avouerai-je que, même au retour, en passant près du petit bois, nous ne résistions pas au désir de cueillir encore une jointée de fraises ? Les bonnes vaches s’arrêtaient, rêveuses, avec l’air de dire : « Ah ! si nous pouvions, nous aussi, sauter la clôture ! » Puis elles se mettaient à brouter l’herbe qui pousse sur Y aubel du chemin.

A la maison, on commençait à s’impatienter :

« Les petits sorciers! je gage qu’ils ont encore pris par le bois de bouleaux. Ils s’amusent à manger des fraises, au lieu de ramener les vaches !))...

Tout à coup, ding’ ! dang’ ! ding’! dang’!... C était la Rousse. On ouvrait la barrière à

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