‹ Chez nous et chez nos voisinsChapitre 11 sur 34 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

Maxime Gérard. Tout le temps que survécut la vénérable doyenne de la famille, il sut chaque mois s'arracher aux séductions de Paris pour aller passer quinze jours auprès d'elle, divisant ainsi sa vie. Il n'aurait joui d'aucun plaisir s'il ne lui avait pas fait sa part. Chrétien plus fervent, il Teût faite plus large, mais enfin il s'inspirait de saint Martin. Il était donc en droit d'espérer qu'on lui rendrait sa filiale piété en affection fraternelle. Dieu n'a pas voulu de cette justice distributive, Maxime ne prévoyait pas de si loin.

O Alceste, faquin aux rubans verts, sybarite de la morosité, dois-tu être assez fier que Molière ait donné à ta mesquine personne un nom si grandiose : le Misanthrope ! De quel droit te permets-tu de haïr les hommes et d'aimer les femmes, toi dont le plus grand mécompte icibas a été de subir l'audition d'un méchant sonnet, et dont la plus forte épreuve fut un caprice de Célimène! J'ai souvent rêvé de voir Timon d'Athènes entrer en scène pour te prendre au collet et te crier : « Rends-moi ma place ! où sont les amis qui t'ont trompé? où sont les riches qui ont insulté à ta pauvTcté, quand as-tu surpris l'homme retournant à la méchanceté du singe? Retire toi de mon soleil, chétif dame-

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