XVI PREFACE
dans le cours de sa maladie, les fleurs ne venaient pas des jardins de ses amis; c'était une artiste ou une bonne Samaritaine qui les lui envoyait. Après tout, ceux qui ne lui offraient pas de roses pensaient bien plus à lui, puisqu'ils réfléchissaient que les voir ou les respirer lui était devenu impossible. En revanche, ils lui prodiguaient les bons conseils. « Trouvez donc une installation à la campagne, » lui répétaientils. — « Comment voulez-vous que je fasse puisque je ne puis bouger? » et il n'osait ajouter : « Cherchez-la pour moi. » — « Changez donc d'appartement, » lui disaient les autres. — « Je ne puis précisément monter les escaliers. » — « C'est si simple, écrivez à John Arthur. » Et ils s'en allaient, persuadés que donner une adresse dont on ne peut pas se servir est un dévouement qui mérite le prix Montyon.
Dans ce déluge d'adversités, une arche de salut lui apparaissait dans le bleu, c'était la villa hospitalière qui, entre Cannes et Nice, servait de résidence à tout une colonie de sa famille; Maxime devait depuis de longues années une visite à ces aimables gens qui étaient en même temps de parfaits catholiques. Un ordre du médecin lui permit de s'acquitter envers eux. Quel