LOUS ESCLOPS ! LES SABOTS
l'atelier. Ils pendent, retenus par le talon. Il y a la série pour hommes et la série pour femmes. Là, à l'ombre, à l'abri du vent, ne reœvant que des rayons tamisés par les fenêtres orientées vers l'Est ou vers l'Ouest, ils attendent la dernière façon. On la leur donne tarlivement, à l'août suivant. On les reprend, on les polit, on les vernit et on les enjolive, on es garnit de leur bride ou de leur trousse. Alors le sabotier se rend tout à fait compte de on œuvre. Il frappe le sabot du doigt, il en coûte le son pour savoir s'il est au point de irce et de légèreté voulu, si un faux coup d'oitil n'en a point trop affaibli la paroi. Il est es sons mats et des sons clairs, des sons fraies et des sons résistants. Quelques sabots partDulièrement secs et évidés ont un éclat métilique.
E] dehors, à côté des sabotiers installés
chezsux, il y avait autrefois des sabotiers
à doiicile, compagnons errants. Munis d'un
jeu (outils restreint ils allaient l'hiver de
maisa en maison. Un air joyeux sifïlé à
plein souffle les annonçait. Fidèles aux
même toits comme des hirondelles, ils trou-
vaienlpartout lit fait et table mise. Ils res-
taientiusqu'à ce que tout le monde fût
chauss C'était le temps où, les grand'routes
existai seules ici, les dames et les messieurs
eux-m^es venaient de leur campagne à la
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messe, le dimanche, leurs souliers passés dans des « escioupcttes » : sorte de sabots à peine couverts en pointe, et garnis d'une mince bride. Ils les quittaient en entrant et les reprenaient en sortant. Les escloupettes s'alignaient sous le porche, larges ou étroites, décelant le sexe de leur propriétaire, files étaient d'ailleurs conjugalement accouplés... Ces errants, voyant beaucoup de pays, connaissaient toutes les coupes. Et la forme dAndorre relevée du nez, avec un butoir sois la semelle pour cheminer par les monts à travers la neige ; et la forme d'Armagnac lague et étalée, à cause de l'argile ghssante ; elcelle du Marensin ronde du bout, du fond e des bords, qui permettait de sillonner sansiflort le sable mobile du pignada... Leur tricnphe était le fin sabot de mariage, noir ou jane ou bleu, verni au fer, et décoré de fleurs mblématiques. Il était réservé aux « pronses ». On l'essayait en grande pompe, la vêle des épousailles. Assise entre ses parents, etourée des donzelons et des donzelles, la fiante tendait son pied. La première donzelle aportait le sabot, le premier donzelon en caussait la promise. Et alors, à genoux, le nrrteau à la main, le fiancé clouait la trousse à mesure du cou-de-pied, en frappant gaiemeû sur les petites pointes bleues. Et, tand: que la fiancée court-vêtue rougissait, leslonzelles