‹ Chez Victor Hugo par un passantChapitre 6 sur 9 · LE SALON · texte numérisé non relu

LE SALON

De la salle de billard on entre dans le salon (le tapisserie, comme on l'appelle h ilautevilleilouse. Ici, de même qne dans les auti-es pièces d'ailleurs, la clieminéc a été la composition principale (le foyer ne dnit-il ])as être le |)lus !i,'i'ai)(l allrail de la ramiliC'.'). — (jiic l'on se ligure donc une cathédrale de bois sculpté (|ui, s'enracinant puissannnenl dairs le plancher, s'élance d'un seul jet jusqu'au plafond dont elle écoi'clie la tapisserie de ses dernières dentehires. Le portail serait ici figuré par le foyer; la rosace, par un miroir convexe posé au-dessus de la cheminée ; le pignon central, par un robusie enlablement lleui-i d(> feuillages fantastiques et décoré d'arcades d'un goût délicieusement bàlard. où le byzantin se mêle au rococo ; les deiiv lours. enfui, par dmix coiilre-foils cpii répèlcnl heureusenieni Ions les ornemenls de l'ensemble. Le

couroniienienl. d'un ell'et (ont inipusaiit . rappeMc les façades des maisons d'Anvers et de Bruges. Là aussi, comme dans les toitures de ces vieilles masures du temps de Philippe II. une figure s'engage dans la simplicité du bois et en l'ait vivre la ligne vigoureuse et écrasée.

Cette figure est celle d'un évèque dont la crosse seule est dorée; elle porte, eu deux écussons placés à sa droite et à sa gauche, cette devise empruntée à un de nus plus spirituels proverbes :

Crosse de bois , évoque d'or.

Crosse d'ov , évèque de l/nis.

Ici encore il ne faut pas seulement regarder, il faul lire. Sur deux volutes, figurant un parchemin roulé, sont gravés d'un côté les noms des honniies que V'iclor Hugo regarde

comme

les priiici

laux poètes

de

riinmanit(

Job,

Isdir, llonicrc, Escln/le.

Lii'i

rrc, Dinitr

Sluik

cspctirc, Mal

crc.

De

Uauti'e cùté

. on lit les noms

suivants :

Me

isc , Sornit

■, Christ, Co Wasltington.

loiiib

, f.nl/ur.

Sur

le double

enlahlemen

de

la cheminée

s'appuieiil deu\ s

talues de c

lène

: celle d"

un

saint l'

uil lisaiil ,

ivec cette inscription au ]i

desta! :

Le lirrr :

et celle

d'un moine ca extase,

les yeux levés,

et

au pied

estai ce mo

l.r ciel.

Eli

passant dans une |)ièce

(]ue

l'on nomme

l'atelier

, nous avons reniarqui'

un .

uilre iiieul

)le

DE Chêne.

\raiment moiuinieiilal cl qui. coiiime celui du salou (le tapisserie, monte du plaiiclier au plafond. — Pour qui aime à lout ramener à une idée générale, il est évident que Victor Hugo a le goût du démesuré.

L ne légende :

.!(/ iii(;/iista fier aiiytisla ,

empruntée au quatrième acte cMlernani , donne raison à notre appréciation et commente clairement la pente du poète à tout ce qui est colossal et malaisé.

*!j 4. — I.A SAM, H A MANOEU.

Le repas important par la conversation et par sa durée, c'est le déjeuner. — A onze heures tout le monde arrive à la fois ; rarement il se voit un retardataire. Victor Hugo est des pi'emiers . et rien n'est plus simple ni plus patriarcal que ses façons d'agir. A le voir arriver vêtu tout de drap gris,

coiffé d'un feutre gris, les deux mains gantées de laine, on le prend: ait pour un IVrinier venant siéger au repas de la ferme, n'étaient la grâce de son salut et les délicates attentions de sa parole. Une fois à table, on ne saurait s'acquitter plus consciencieusement des devoirs du maître de maison. C'est lui qui tait les parts et les distribue à cliaque convive, observant avec la dernière rigueur l'ordre de la plus stricte étiquetli'; l'étranger se trouve être le premier. A partir de ce moment, on ne s'appartii'iit plus: l'hùte est là qui vous guette; il ne souffre pas ([u'cin attende ou (ju'on ait à désirer, il va au-devant . il vous piinrsiiil . il vous presse; il est \i'aiinent clia!j,rin

si 1

'on

s'arrête et si l'on

re

'use.

La

salle à manger

lilli'urs

mplil

aussi

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