‹ Chili et Bolivie;Chapitre 20 sur 30 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Mines d'argent. — Oruro. — Colquechaca. — Potosi.

Pulacayo-Huanchaca.

h^argent) soit sous forme de composéa sulfurés, soit associé à des oxydes d^étain, joue/ actuellement, un rôle important dans la minéralisation de la Cordillère Royale et de ses ramifications.

Les mines d^Oruro, situées entre le lac de Titicaca et la lagune de Poopo, qui en est le déversoir, sont un élément sérieux de la production de l'argent en Bolivie. Oruro qui, à Textrémité actuelle de la ligne de chemin de fer qui se détache d'Uyuni^ va être prochainement la tète de ligne de la voie directe sur Tacna et le port d'Arica, est appelé à ^ un grand avenir. Il y a là un massif isolé dans la pampa, de peu d'étendue, mais possédant de riches mines, qui appartiennent en partie à des sociétés chiliennes. L'exploitation en est bien conduite, avec des puits guidés. Les minerais les plus riches sont exportés; ceux de teneur moyenne et courante^ c'est-à-dire qui renferment de 2 à 3 kilogrammes d'argent par tonne, sont traités sur place

dans les usines de Machacannsirca et d'Obrajes. On y emploie deux méthodes concurrentes : Vamalgamationy qui se compose d'une pulvérisation aux broyeurs à boules plutôt qu'aux bocards et aux pilons, suivie d'un grillage ehlorurant au four à réverbère, et terminée par le traitement au mercure et la revivification de l'argent métallique, ainsi que sa fusion en lingots. La lixiviationy introduite plus récemment, se compose d'un broyage fin, de la chlo*» ruration par broyage au four en mélange avec du sel marin, puis le lessivage des minerais chlorurés par Thyposulfite et enfin la précipitation de l'argent à l'état de sulfure. Toutes ces opérations ne sont qu'imparfaites, les résidus ou relaves contiennent encore 4 à 500 grammes d'argent par tonne et s'entassent en montagnes rougeâtres, sans valeur actuelle. Il en est de même des menus et des rejets de l'exploitation des mines, que leur pauvreté ne permet pas de traiter. Ce sont des amoncellements pyriteux, jaunes et noirâtres, qui attendent un perfectionnement métallurgique permettant d'y dépenser moins d'argent qu'on n'en pourra retirer. Il y en a partout de ces rejets, la cour de la gare d'Oruro en est pavée sur une épaisseur de plus d'un mètre ; des remblais de la voie en sont même formés et renferment encore de 500 à 1.000 gr. d'argent. Quand le coke, qui pourrait permettre la fusion de tous ces minerais, arrivera, dans des conditions plus économiques, par la nouvelle voie et ne coûtera plus 250 à 300 francs la tonne, comme autrefois^ on pourra certainement abaisser notablement la limite de l'utilisation des minerais. Le pays prendra un aspect d'activité nouvelle, qu'on ne peut prévoir avant de connaître quel sera le nouveau prix du fret de montée.

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Nous avons essayé nous-mème, -a l'usine de Poopo, malgré le prix élevé du coke, de concentrer par la fusion sulfureuse (pyritic smelting) — la fusion pour matte argentifère ou sulfure de fer et de cuivre, — les minerais pyriteux d'Oruro, actuellement négligés, sans les faire passer au grillage.* Nous avons obtenu, ainsi/ une matte renfermant la majeure partie du cuivre et de l'argent contenus en mélange avec du sulfure de fer et qui peut donner un minerai cupro-argentifère susceptible de servir de base à un traitement ultérieur, qui tirerait parti du cuivre, comme de Fargent contenus. Ces essais seront encore bien plus intéressants avec un prix réduit des combustibles minéraux, coke et houille.

En descendant d'Oruro à Uyuni, par la voie ferrée, en laissant à droite le lac de Poopo, appelé aussi AuUa-^ guas, on arrive à la station de Challapata. De là se détache une route charretière qui conduit aux mines d'argent de Colquechacsi. Ce sont des sulfantimoniures d'argent, qui ont eu autrefois une grande célébrité par Tintensité de leur minéralisation. Ces mines sont loin d'être un modèle de bonne exploitation ; elles sont restées entre les mains de Boliviens, qui n'ont pas apporté, jusqu'à présent, les perfectionnements des mines chiliennes, que nous trouverons dans d'autres mines d'argent de Bolivie. Pour en donner une idée, nous expliquerons que l'organisation du travail y est mauvaise : les mineurs descendent dans les mines au commencement de la semaine avec des provisions et y restent jusqu'au samedi. Ils vivent, ils dorment là dans de déplorables conditions hygiéniques ; aussi les vols des parties riches y sont-ils fréquents, et les ouvriers, mettant de côté des

minerais d'argent à 20. ou 30 pour 100 de métal précieux, les réduisent en poudre pour s^enduire le corps et les dérober après un lavage en dehors de la mine.

Un centre 4e minerai d'argent plus célèbre est celui de Potosi, dont les travaux étaient florissants dès le XVII® siècle. On prétend qu'il en est sorti une valeur de 8 milliards, dont la cinquième partie, ou quinto real^ transformée par amalgamation, au patio j en argent métallique, était convertie en piastres à la Monnaie de Potosi qui fonctionne encore actuellement. Cet argent allait se charger, en passant par Lima, sur les fameux galions qui enrichissaient le fisc espagnol.

Le filon de Potosi, dont on voit encore les restes, arrivait jusqu'au sommet de la montagne ; il y a laissé des excavations considérables et le terrain est perforé d'une grande quantité de trous correspondant à des travaux anciens. Le minerai, qui avait au début une richesse atteignant 50 pour 100 et plus (car il se trouvait beaucoup d'argent natif), s'est appauvri en même temps que les galeries descendaient dans les flancs de la montagne, tandis que la proportion du pyrite de fer augmentait. En présence de cet appauvrissement, une compagnie nouvelle s'est formée et, par un important tunnel, est allée retrouver, en profondeur, le filon qui était si riche à la partie supérieure du pic. Malheureusement on n'a pas rencontré Tancienne richesse, mais seulement des minerais de pyrite de fer renfermant au plus 2 à 3 kilogrammes d'argent par tonne. Ces minerais sont soumis à un grillage au four vertical ou kiln^ analogue aux stalles à griller, puis on passe à Tamalgamation dans des cazos ou vases en cuivre, en présence de Teaù chaude salée. L'argent réparé

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du mercure est fondu en lingots et vendu comme tel, à moins qu'il ne soit réduit en piastres à la Monnaie de Potosi. Gomme à Oruro, le traitement est imparfait et les résidus ou relaves retiennent encore de 400 à 500 grammes d'argent par tonne.

C'est à Potosi que nous avons fait nos premiers essais de fusion pour matte cupro-argentifère par fusion sulfureuse (pyritic smelting) directe, sans grillage, des minerais pauvres de la montagne et dont la richesse en argent reste aux environs de 500 grammes par tonne. Nous nous servions d'un four à cuve, water jacket, c'est-à-dire dont l'enveloppe extérieure était refroidie par un courant d'eau. On employait du vent soufflé et du charbon de bois, qui servait au traitement des minerais d'étain provenant des parties supérieures du pic de Potosi.

La première fusion de ces pyrites crues avait donné, par insuffisance de la cheminée, une abondante fumée d'acide sulfureux et de vapeurs de soufre, qui s'était répandue sur la ville de Potosi ; et, comme on craignait qu'il n'y eût également des émanations arsenicales, la municipalité avait interrompu les expériences. Elles furent reprises quelques jours après et on constata la concentration de l'argent et du cuivre des minerais dans la matte obtenue.

Potosi, mal desservi par des routes en mauvais état, peut cependant être atteint par deux voies. De Challapata, on peut faire près de la moitié du chemin en voiture et on termine l'autre moitié à cheval ou à mule, par des sentiers, qui, sur plusieurs points, sont taillés comme des escaliers. Au fur et à mesure qu'on s'élève, on distingue le fouillis jnontagneux qui forme cette partie de la Cordillère Royale

et qui ne manque pas de pittoresque. A Thorizon, comme lin phare conducteur, se détache le cône du pic de Potosi, 0an8 neiges, malgré ses 4.688 mètres de hauteur ; puis la yille de Potosi se montre avec ses toits et ses monuments, à seulement 4.061 mètres sur le flanc nord de la montagne. Il est possible également d'atteindre Potosi par une route carrossable continue, passant par Asiento et Huanchaca, deux anciennes usines de traitement des minerais d^argent de la Compagnie des mines de Pulacayo-Huanchaca. Nous avons parcouru cette route à cheval à l'aller, avec retour en voiture, tandis que par la route de Challapata nous avons dû accomplir le trajet à mule, à Taller comme au retour. Nous avons employé trois jours et demi, partant à huit heures du matin, après la fusion des glaces Superficielles des mares et des cours d'eau, et marchant jusqu'à la nuit, sauf un court arrêt d*une demi-heure pour déjeuner. Malgré le confortable trop élémentaire dont on jouit dans les postaSy et malgré les insomnies du mal des montagnes, auxquelles on pourrait être sujet (car le voyage se passe tout le temps entre 3.500 et 4.000 mètres), c'est la fatigue qui l'emporte et on dort généralement bien.

La mine dé Pulacayo-Huanchaca est la perle des .mines d'argent de l'Amérique du Sud. Située à l'est d'Uyuni, dans le massif montagneux de terrains sédimentaires, qui forment un éperon au milieu des roches éruptives de la Cordillère Royale, elle constitue un gisement argentifère remarquable, qui a traversé les vicissitudes les pluâ intéressantes. . .

D'Uyuni, on se rend à Pulacayo, par un chemin de fer k voie de Om, 75 qui s^élève, en quelque temps, dé 3.600 à 4.200 mètres. On rie peut imagiûer là" Vue splendide,

dont on jouit dans cette ascension ; le regard s^étend sur TAItiplanicie, cette ancienne mer intérieure actuellement desséchée, remplacée par un océan de grès rougeâtres et de sables gris, parsemée de lagunes salées et évaporées, transformées en plaques de sel, qui brillent au soleil. Une ceinture de montagnes blanches et de volcans fumeux borde l'horizon jusqu'à la frontière du Chili et du Pérou ; c'est un spectacle inoubliable.

Nous avons déjà expliqué comment la mine d'argent de Pulacayo-Huanchaca ayant voulu créer un chemin de fer qui fût sa propriété et qui allât jusqu'à un port du Pacifique, pour évacuer le produit de ses mines et remonter les combustibles dont elle avait besoin, ainsi que les bois pour ses galeries, avait été forcée d'assumer une entreprise considérable^

Absorbant le chemin de fer à voie de m. 75, qui desservait les nitratières de Carmen et l'usine d'Antofagasta, la Compagnie de Huanchaca avait poussé peu à peu sa voie, par Calama et Uyuni, après avoir passé la Cordillère au col d'Ascotan et franchi la frontière au pied du volcan d'Ollague. En échange de Tautorisation nécessaire pour la construction de cette ligne, l'État avait imposé à la Compagnie de faire d'Uyuni à Oruro un embranchement d'utilité publique, dont cette mine d'argent n'avait nul besoin, et qui devait soi-disant servir à amorcer le réseau bolivien. Il n'en a d'ailleurs jamais plus été question parce que l'Etat avait ses caisses à sec, et qu'il n'osait pas prendre d'engagements pour l'avenir.

Il est tout à fait remarquable d'avoir construit, pour ainsi dire sans travaux d'art, un pareil chemin de fer, sur une longueur de 1.000 kilomètres : qu'on songe, en effet,

que la voie s*élève sans aucun tunnel du niveau de Tocéan Pacifique au sommet delà Cordillère des Andes, à la hauteur de 3.900 mètres, pour redescendre au niveau général de l'altiplanicie, et remonter à Pulacayo, à 4.200 mètres dans la Sierra.

La Compagnie de Huanchaca avait rétrocédé la propriété de son chemin de fer, dès qu'il avait été achevé, à une compagnie anglaise, qui lui permettait d'en faire l'exploitation pendant plusieurs années, moyennant l'intérêt à 5 pour 100 du capital auquel il avait été vendu. Actuellement, la compagnie anglaise a repris la direction de son chemin de fer et les affaires de l'exploitation en sont prospères.

La légende prétend que la mine de Pulacayo-Huanchaca fut découverte par le catéador RamirèSy sur les indications d'une Indienne à qui il avait rendu quelque service. Le développement de cette mine, dans les débuts, fut assez lent. La nature du cuivre gris argentifère, dont est composé ce magnifique filon, faisait craindre qu'en profondeur, on ne retombât sur quelque pyrite de fer sans métaux précieux, qui constituerait le fond de la minéralisation. Le cuivre gris, ou sulfantimoniure complexe, a, en effet, la réputation d'être un minerai de surface disparaissant à une courte profondeur pour se transformer en pyrite simple. Ces craintes ne se réalisèrent pas, et, jusqu'à ces dernières années, le filon de Pulacayo de la Compagnie de Huanchaca a persisté jusqu'à la profondeur de 450 mètres.

La puissance régulière est de 2 mètres, la teneur en argent est de 4 kilogrammes par tonne avec tendance à la concentration de cette richesse, en une colonne centrale ou clavo^ à l'exclusioji des autres parties. Ce filon principal.

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de puissance régulière, est accompagné de filons parallèles moins riches ; Textraction s'élevait, jusqu'à l'inondation, dont nous devons dire quelques mots, à une sortie de 150 tonnes par jour, non compris les roches stériles, soit un total de 600 kilogrammes d'argent contenu. Avant la baisse du métal précieux, c'était une valeur journalière de 120.000 francs ou, un minimum, de 36 millions annuellement. Nous avons connu la Compagnie de Pulacayo-Huanchaca distribuant un dividende régulier de 10 millions.

Lors de notre première visite à la mine de Pulacayo, il nous fallut, en partant d'Uyuni, demander la permission de monter à Pulacayo : la Compagnie est, en effet, souveraine dans Fenclave qui constitue sa concession, et elle est libre d'admettre qui elle veut à venir la visiter. Il semble qu'on se trouve chez quelque principicule d'Allemagne, qui a conservé la puissance souveraine attachée au sol.

Pendant la montée de ces quelques centaines de mètres (de 3.600 à 4.200), on sent l'air se rafraîchir sans qu'il perde de sa sérénité : il reste sans nuages et sans brumes.

Nous ne décrirons pas les installations grandioses, qui accompagnent l'exploitation d'une mine aussi riche ; nous ferons remarquer, seulement, que, grâce à une organisation mécanique puissante, on faisait environ la moitié de la descente, soit 200 mètres, par un puits guidé avec cages. On arrivait au filon de 2 mètres de puissance, qui était tellement boisé d'une manière jointive, avec des poutres d'un équarrissage de 20 centimètres au moins, que la roche disparaissait complètement; de là, par des galeries descendantes ou chiflonSy on gagnait le fond ou planes; nous regrettâmes que le système si commode et si bien

organisé, du puits guidé et des cages, fût interrompu, et, eraignant le mal des montagnes ou soroché, auquel on est si facilement sujet, quand on développe un effort physique keeB hauteurs, nous nous fîmes remonter au jour. Cette ex{)re5sion^ au jour, est plutôt incorrecte, car les dispositions mécaniques étaient installées dans une cavité, qui "Communiquait avec Pextérieur par un tunnel horizontal et, -sansTéclairage électrique, qui existait à profusion, on se serait- trouvé dans une chambre de machine, en forme de grx)tte obscure. L'air y était surchauffé par la présence des chaudières multiples, qui donnaient la vapeur pour la pro- •<luctioi^ des centaines de chevaux nécessaires aux manoeuvre^. Un autre puits débouchait, également, dans cette grande cavité et nous fûmes étonné d'en voir remonter •une peau de bœuf dont les quatre coins étaient fixés à des eorda^es; notre étonnement fut à son comble, quand nous vîmes s'écouler une faible masse d'eau ainsi remantée et quei nous apprîmes que c'était le seul moyen d'épuisement, dont on pût se servir.

Nous qui connaissions l'existence, à une profondeur de plusieurs centaines de mètres, d'une couche d'eau chaude, qui affleurait à Poopo d'une part, avec des jets de vapeur, €t à Ghallapata, d'autre part, où se trouve un établissement thermal, nous nous mîmes à trembler pour le sort de la mine de Pulacayo. Si ces eaux chaudes, qui existent dans les environs, à une profondeur analogue à celle où eont poussés les travaux actuels, venaient à inonder les planes, l'insuffisance des moyens d'épuisement amènerait •fatalement un cataclysme. .

'. Gomme nous exprimions nos' craintes à ce sujet, à Tingé- <nîeàir qui nous accompagnait à la descente, il nous fît obser-

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ver qu'il avait ressenti les mêmes impressions, mais que la dépense serait considérable ; qull était difficile de décider un conseil d'administration, qui ne contenait aucun technicien, à prendre une décision aussi grave, quand il était si commode de donner chaque année 10 millions de dividende.

Deux ans après notre visite, nous apprenions que la mine de Pulacayo avait été inondée jusqu'à l'orifice des puits, par des eaux chaudes, presque bouillantes; c'était un désastre et on cherchait comment on en sortirait.

Disons en passant, qu^avant la création du chemin de fer de Pulacayo à Antofagasta, les ingénieurs avaient àt effectuer le traitement sur place de^ minerais d'argent de la mine. On avait commencé par installer, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Pulacayo, à Asiento^on se trouvait dans la Pampa un cours d'eau avec une certaine force motrice, un établissement d'amalgamation à. chaud par la méthode ducazo ou chaudron, imaginée par le père Barba au xviii® siècle. Ce procédé avait été perfectionné par un chimiste allemand du nom de Francfee. On trouva que le transport des minerais de Pulacayo jusqu^à ' Asiento, par des routes un peu sablonneuses et mal entretenues, comme pn pouvait le craindre, était embarrassant et coûteux. Il fut décidé de construire un autre établissement de traitement par amalgamation, à 4 kilomètres seulement dé Pulacayo, dans la vallée voisine de Huanc/iaca, où se trouvait un' gisement de lignite. Huanchaca fut réliée à Pulacayo par un long tunnel et un chemin (te fer; et on put installer les bi*oyeurs, les fours (Je èhloriiratibn ôt dé grîl^ lage et les cuves d'amalgamation riécesBaires. - '' r ^

Le conseil de la mine résolut alors de transporter les ^minerai^ de Pulacayo-Huanchàcca ^âque iùÊla côte-dû Pa*

cifique et, comme complément, de construire à 6 kilomètres d'Ântofagasta^ au bord dé la mer, une usine de traitemeht, qui renfermerait tous les perfectionnements apportés à la métallurgie de l'argent dans r Amérique du Nord. C'est ainsi qu'après avoir doublé Tinstallati on d'amalgamation de Huanchaca, jon établit également tout un système de fours, de fusion plombeuse et de coupellation. Une machine de 1.000 chevaux donnait la force motrice nécessaire à une batterie de 100 pilons.

Le fonctionnement simultané de l'amalgamation à Huanchaca et à Playa-Blanca, au bord de la mer, montra que pour payer les frais d'extraction et de traitement il fallait : à Huanchaca 2 kgr. 700 d'argent, tandis qu'à Playa-Blanca 2 kgr. 300 suffisaient.

On résolut alors de fermer l'usine de Huanchaca et de concentrer le traitement à Playa-Blanca, où les frais étaient moins coûteux. L'Etat bolivien, qui percevait un droit plus élevé sur l'argent métallique que sur les minerais équivalents exportés, y perdit, mais on développa la iusion plombeuse au bord de la mer en achetant, dans le pays, tout ce qu'on put trouver de minerais d'argent, auxquels on joignit des minerais de cuivre. De plus, on supprima l'amalgamation pour ne faire que la fusion plombeuse suivie de coupellation .

Tel était le fonctionnement de cette vaste entreprise quand se produisit l'inondation de la mine de Pulacayo.

On commença par commander en Angleterre des pompes d'épuisement puissantes, tout en étudiant comment on pourrait activer l'assèchement de la mine par d'autres moyens.

Une négociation était intervenue pour louer l'usine de

Playa-Blanca au trust américain des fonderies d'argent, avec échelle d^achat pour les minerais ayant plus de 2 kgs d^argent, dans le cas où la fusion en Amérique serait considérée comme plus avantageuse.

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