CHAPITRE V
Argent (suite). — Mine de Pulacayo-Huanchaca. — Sa résurrection* — Les Indiens dans les mines. — Cuivre natif. — Coro-coro. — Ëtain. — Plomb. — Bismuth,
Le trust américain, se limitant naturellement à la fusion
\ plombeuse, suivie d'une coupellation, éprouva le besoin,
pour éviter l'influence de Tantimoine, d'augmenter la pro-
I portion de plomb passée aux fours. Comme elle ne trouvait
pas les minerais convenables au Chili, de môme qu'au
Pérou, la compagnie américaine préféra renoncer au
' traitement à Playa-Blanca^ elle organisa une entreprise de
^ transport pour envoyer en Amérique du Nord, aux environs
! de New- York et de Philadelphie, tous les minerais de
^ Pulacayo-Huanchaca qui avaient plus de 2 kilogrammes
d'argent par tonne et qui faisaient partie du marché qu'elle
avait signé.
Dès qu'on le put, on installa à Pulacayo les pompes d'épuisement, type Cornouailles, qui avaient été commandées en Angleterre. Le fonctionnement en fui bon, comnie nous avons eu l'occasion de nous en convaincre, et
le niveau des eaux commença à baisser. Malheureusement on fut effrayé de la quantité de houille qu'il fallait consommer journellement pour procéder à l'épuisement ; on chercha à faire mieux.
La route de Huanchaca à Potosi, que suivaient les lingots d'argent pour gagner la Monnaie de Potosi, traverse, à mi-chemin, un ruisse<au abondant et au cours rapide, où il est facile de. créer, par quelques travaux, une force hydraulique de plus de mille chevaux. Les ingénieurs eurent l'idée de capter cette force et de l'amener à Pulacayo, par transmission électrique : elle devait actionner les pompes d'épuisement et au besoin la machine d'extraction ainsi que les pompes de compression pour mettre en mouvement les perforatrices à. air comprimé, les ventilateurs.
Nous aurions voulu donner ici, sur cette entreprise remarquable, que nous n'avons pu suivre dans ces derniers temps, les renseignements les plus précis émanant de la nouvelle direction ; mais elle a préféré qu'on ne parlât pas d'elle, et de la résurrection récente de la mine de Huanchaca.
Nous nous bornerons donc à dire que :
1** La transmission électrique de la force hydraulique créée entre Potosi et Huanchaca est faite ;
2® Que la mine de Pulacayo est asséchée et qu'on a pu lutter contre des venues d'eau ultérieures ;
3® On a retrouvé la colonne d'enrichissement qui présentait des teneurs de 3 à 4 kilogrammes, et. au-dessus, par tonne; : 4^ On a organisé, depuis longtemps, la vente des blendes argentifères qu'on avait négligées jusque-là et on y a joint la vente de minerais cuivreux;
b"" La production de force nécessaire, pour laquelle on dépensait^ autrefois, des milliers de francs, s'obtient maintenant, grâce à la transmission électrique, avec quelques centaines de francs, seulement, par jour.
Il est possible qu'on arrive, ainsi, à revivifier les mines voisines de Fancienne usine d'Asiento et qu'on entreprenne l'exploitation de gisements moins riches qui avoisinent la mine de Pulacayo.
Quand on se dirige au sud de Pulacayo et de Huan* chaca, on rencontre, à gauche, des ramifications de la Cordillère Royale, qui renferment des gisements argentifères; ils sont loin d'être épuisés.
Dans les premiers temps après la conquête et pendant la durée de l'occupation espagnole, le régime auquel furent soumis les Indiens, descendants des Incas et des Aymaras, fut assez dur, soit qu'ils fussent attachés au travail de la terre, soit qu'ils fussent employés aux mines. Il est malheureusement exact qu'ils furent traités comme des esclaves, et sans beaucoup d'humanité. Quand un propriétaire de mines avait besoin d'Indiens, il en prenait un certain nombre dans la paroisse la plus voisine. Un service religieux d'un caractère funèbre était célébré sur eux. Processionneliement on se rendait aux puits des mines, au bruit des chants sacrés. Les Indiens étaient descendus dans la mine, soutenus par des lanières de cuir : les traces du frottement se voient encore contre les parois. Ces malheureux étaient considérés comme nourris par les propriétaires, mais on ne remontait que leurs cadavres, quand ils étaient devenus impropres au travail. On a retrouvé, en Espagne, les vestiges des mines de plomb argentifère, dans lesquelles les Carthaginois employaient
leurs prisonniers de guerre, réduits en esclavage ; de même que dans les vieilles mines d'argent de Bolivie, c'étaient des puits peu profonds où Ton descendait les travailleurs, sans accès de plain-pied, ni échelles. Ces infortunés Indiens, murés vivants dans ces galeries humides et mal éclairées, mal ventilées, où ils devaient travailler sans relâche, ont naturellement pris en horreur les conquérants et leurs mines. Il ne faut donc pas s'étonner, si on ne peut acheter quoi que ce soit dans un village indien, mouton, volailles, ou orge pour les animaux, sans que Tachât soit consacré par la présence du corrégidor; autrement, les Indiens craindraient qu'on ne leur reprît Targent du marché. Du plus loin que des Indiens, hommes ou femmes, aperçoivent quelques voyageurs, boliviens ou étrangers, ils s'empressent de prendre un chemin de traverse. Une pareille crainte a sa source dans le souvenir de la manière inhumaine dont leurs ancêtres étaient traités par les Espagnols.
D'autres mines existent au sud de Pulacayo-Huanchaca ; mais l'argent qu'elles renferment se trouve accompagné d'autres métaux, tels que le cuivre et Tétain, dont nous parlerons ultérieurement. Tout le massif de Lipès^ qui se trouve à la frontière de la Bolivie et du Chili, était autrefois très minéralisé. Ce sont des mines d'argent qui revivront peut-être;
C'est principalement comme cuivre natif, que le cuivré est connu en Bolivie ; les gisements de CorO'Coro sont célèbres. Ce sont des grès rougeâtres, d'origine probablement silurienne, qui sont imprégnés de cuivre natif en poudre et même quelquefois en plaquettes ou dendrites* Aux affleurements, sous Faction des agents atmosphéri-
ques, ce cuivre natif se trouve souvent carbonate ou sulfuré ; il n'est pas rare que la teneur en cuivre soit de 15 et 20 pour 100, sans cependant étreTobjet d'une exploitation suivie. Jusqu'à présent, le cuivre natif pulvérulent, provenant d'un lavage consécutif à un broyage, était rassemblé dans des sacs, transporté au Desaguadero du lac de Titicaca ; de là il était amené par bateaux à Puno, d'où par le chemin de fer d'Aréquipa il venait s'embarquer au mauvais port de MoUendo. Ce cuivre natif en poudre est recherché pour la préparation du sulfate de cuivre ; il est grillé au four avant de passer à l'acide sulfurique. Par le chemin de fer d'Oruro à Tacna et Arica, qui aura une station tout près des mines de Coro-coro, on n'aura plus qu'à venir s'embarquer directement à Arica, sans être obligé de remonter le Desaguadero, de subir des transbordements coûteux par le lac de Titicaca et le chemin de fer de Puno à Aréquipa et Mollendo. Ce sera une grande simplification, et partant une grande économie ; elle donnera de l'extension à cette exploitation intéressante, qui n'a pas dit son dernier mot.
Mentionnons dans la région d'Uyuni, autrefois volcanique, d'anciennes fontaines jaillissantes d'acide carbonique. L'eau s'est écoulée ; le gaz s'est échappé, laissant un dépôt de carbonate de chaux, en forme de gaines cylindriques, qui affectent des formes de stalactites. Cette origine n'est pas douteuse. On retrouve la présence de l'acide carbonique dans uue mine de cuivre natif argentifère, du voisinage. Dans la plaine sablonneuse et toute perforée de terriers de viscachas et de chinchillas (au point de compromettre la sécurité qu'on peut avoir à cheval) s'élèvent des collines de grès argileux renfermant du
cuivre natif recouvert souvent de plaques d'argent. Quand on prête Toreille et qu'on parcourt les galeries creusées dans ce gisement, on entend des borborygmes souterrains, causés .probablement par le dégagement de bulles d'acide carbonique. Un échantillon des eaux verdâtres que renferme cette mine nous a indiqué, à l'analyse, la présence du sulfate de cuivre ; d'un autre côté, nous savons que cette dissolution peut être réduite par la présence de matières organiques qui accompagnent ces grès. L'argent serait le produit de la précipitation, par le cuivre métallique, de traces du métal précieux qui seraient en dissolution. Ce phénomène ne peut se comprendre que si primitivement le cuivre, et l'argent contenus en profondeur à l'état de sulfures, ont subi des actions oxydantes énergiques avant d'être soumis à l'action réductrice de matières organiques. Tout cela est bien complexe sans doute, mais ce qu'il y a de certain, c'est que, dans le puits qu'on a creusé, on a été tellement gêné par les dégagements d'acide carbonique, qu'il a fallu recourir à des ventilations énergiques.
C'est par des actions de précipitations de ce genre, qu'on explique, au Lac Supérieur, le revêtement de morceaux de cuivre métallique par des plaques d'argent, car il est évident que, comme dans le cas qui nous occupe, il ne saurait y avoir eu fusion.
Les autres gisements cuivreux, connus en Bolivie, sont accompagnés de minerais d'argent, comme par exemple à San Vicente, dans les montagnes à deux jours de marche au sud de Huanchaca, et à l'Est de Lipès. Si cette région était reliée par un chemin de fer à celui qui vient aboutir à Uyunî, les minerais cupro-argentifères de cette région
seraient plus sérieusement exploités ; mais, en Tabsence d'autres voies de communication que les charrois ou le transport à mules, on ne se préoccupe que des minerais tout à fait riches, ceux qui ont plus de 20 pour 100 de cuivre avec 1 kilogramme d'argent au moins à la tonne.
Le développement qu'a pris la fabrication des fers blancs pour conserves, et l'introduction de Tétain dans la composition du métal blanc d'antifriction ont fait monter notablement le prix de Vétain : la production de ce métal n'étant pas en proportion de la demande. Actuellement, l'étain se trouve au prix où nous avons connu le cuivre dans notre enfance.
En Bolivie, l'étain se présente à un état d'oxydation énergique, celui de bioxyde, accompagné de peroxyde de fer. Il est en général dans les parties supérieures des filons, comme à Potosi par exemple, tout en haut du pic, ou à Oruro, dans les affleurements. A Potosi, l'oxyde d'étain se trouve accompagné d'oxyde d'antimoine jaune, ce qui semblerait indiquer que ces deux métaux sont arrivés à l'état sulfuré avant de subir les actions oxydantes dont nous constatons les effets. A Oruro, on rencontre plutôt l'oxyde d'étain associé à la pyrite de fer, mais le peroxyde de fer y est encore plus souvent mélangé.
Il semble y avoir eu, dans la nature, plusieurs modes d'arrivée de l'étain. En Bolivie, on prétend avoir rencontré, dans les mines d'Oruro, du sulfure d'étain ; la chose est possible, mais l'oxyde d'étain est considérablement plus fréquent. Ce que nous avons observé, auprès de Poopo, sur la route de Challapata, dans la ramification nord-sud de la Cordillère Royale, à côté et dans le voisinage do mines d'oxyde d'étain (toujours sur des hauteurs et à la
pointe des filons), c'est un sulfure complexe, d'aspect gris bleuté, renfermant de Tétain (15 à 20 pour 100), du plomb (aussi 15 à 20 pour 100), deTantimoine et un peu de fer. Ce minerai, que sa forme colonnaire a fait nommer, par allitération, rylindrite au lieu de cylindrite, n'est pas commun, il s'en trouve une couche parallèle à des gisements d'oxyde d'étain accompagné d'oxyde de fer. C'est une exception. C'est également un minerai d'argent que la présence du plomb et de l'antimoine, à l'état de sulfure, empêche de traiter par l'amalgamation.
Il est plus généralement admis que Tétain est venu à l'état de fluorures complexes, décomposés par la vapeur d'eau. Nous en avons eu un échantillon remarquable provenant delà mine de Chorolque. C'était une plaque noire, brillante, portant en creux de gros cristaux. Pour mieux observer la forme de ces cristaux, dont la composition était incontestablement de l'oxyde d'étain, nous en primes l'empreinte en relief, au moyen de gutta-percha, et il fut facile de voir que ces cristaux avaient la forme de prismes hexagonaux de quartz. Quel composé pouvait avoir dissous ces cristaux de quartz, pour les remplacer, molécule à molécule, par de l'acide stannique ? Ce ne pouvait être qu'un mélange d'acide fluorhydrique et de fluorures renfermant de Tétain. On retrouverait là la théorie de Daubrée.
L'oxyde d'étain se rencontre, en Bolivie, dans de nombreux endroits, enfilons, avec mélange de peroxyde de fer, croisant des roches porphyriques.
Dans les flancs du Névado de Sorata, à Huayna-Potosi, près de La Paz, on commence à trouver de Tétain. En cette région septentrionale, il est accompagné de wolfram et, dit-on , de tourmalines.
Au sud, dans le massif de QuimsaL-Cruz (les Trois - Croix), il y a, aussi, des filons d'étain; mais, on leur reproche d'être superficiels ou réticulés et leur importance n'a pas répondu à ce qu'on en espérait.
Il faut arriver à Oruro pour rencontrer, avec les minerais d'argent, de l'oxyde d'étain en assez grande abondance. Ils se présentent aux affleurements des pyrites de fer argentifères et s'il y a un fait géologique difficile à expliquer, c'est que, dans le mélange des deux métaux, le fer soit resté en grande partie à l'état de pyrite, ainsi que l'argent mélangé de sulfure d'antimoine, tandis que seul, l'étain existe à l'état de bioxyde, intimement allié à du peroxyde de fer. Quelle action oxydante a pu agir sur l'étain et une partie du fer, et respecter les sulfures d'antimoine argentifère et la pyrite en masse ou cristallisée ? Seule la resulfuration à froid par des gaz, pourrait laisser intact l'oxyde d'étain, tout en attaquant le fer à l'état d'oxyde hydraté et en le sulfurant. Quoi qu'il en soit, en général, les minerais pauvres en argent, dans le genre de ceux qui étaient amalgamés ou lixiviés à l'usine de Poopo, ne produisaient d'oxyde d'étain, que par concentration au lavage, après qu'on avait enlevé l'argent.
A Huanuni, gisement à environ 20 kilomètres d*Oruro, dans la Cordillère Royale, on exploite, aussi, des oxydes d^étain mélangés de pyrites de fer ; un premier triage est fait à la main, qui laisse perdre des minerais à plus de 3 p. 100 d'étain, c'est un travail qu'il y aurait lieu de perfectionner,
A Avicaya, entre Poopo et Challapata, on exploite, à une assez grande hauteur, des oxydes d'étain ferrugineux, qui sont broyés fin, et passés aux tables dites fruevsinnerSf qui font peu de déchet et fonctionnent bien.
Nous avons dit^ déjà, qu'à Potosi, dans les parties hautes du Pic, on exploitait des oxydes d'étain mélangés d'oxyde jaune d'antimoine ou d'acide antimonique ; ils sont traités au charbon de bois au four à manche à waterjacket, pour étains antimonieux. Il y a là plusieurs établissements de fonderie. L'affinage par liquation y est fait d'une manière insuffisante.
Au sud de Pulacayo-Huanchaca, mentionnons les mines de Chorolque^ où Toxyde d'étain existe aussi dans les parties hautes, et s'exploite à plus de 5.000 mètres d'altitude. On estime plus avantageux d'exporter ces minerais au lieu de les faire fondre sur place. On les amène à Uyuni pour les envoyer par chemin de fer à Antofagasta.
L'extraction deTétain dans cette partie de l'Amérique du Sud a été fortement développée.
Les charges, qui frappaient l'exportation de ce métal, soit à l'état de minerai (&arn7/a), soit à l'état métallique, ont augmenté pendant que les prix de vente croissaient, mais que, par compensation, les frais de transport à l'embarquement diminuaient.
Avant 1890, le fisc bolivien percevait à l'exportation :
27 fr. 15 par tonne d'étain en barres ;
20 fr. 15 par tonne d'étain en minerai.
Ces prix ont été augmentés et portés actuellement à 86 fr. 95 pour l'étain en barres et 54 fr. 35 pour la barrilla, ou l'étain en minerai.
D'un autre côté, les frais de transport à la côte se sont améliorés parla création du chemin d'Oruro à Antofagasta, en attendant la voie directe d'Oruro à Tacna et Arica.
Voici quels étaient les prix de transport avec les durées de voyage :
Dos de mulet .
Dos d'âne . .
Par Uama . .
Par tonne.
Durée.
271 fr. 77
6 jours
217 fr. 36
135 fr. 00
Actuellement, par le chemin de fer, on ne paie que 77 fr. 90 et la durée du voyage est de 3 jours.
Il reste encore à améliorer l'extraction des minerais, à restreindre les pertes au triage et à employer la meilleure préparation mécanique possible.
Ce n'est pas que le plomb manque en Bolivie, mais il est peu argentifère, et on a Toccasion de rencontrer tant de minerais d'argent plus riches, que ceux de plomb sont un peu négligés. Au sud de Potosi existe une mine de plomb, marchant au charbon de bois, produit dans la région tempérée de la Bolivie.
La Bolivie a acquis une certaine célébrité par sa production de bismuth. Ce métal, qui pourrait entrer dans la composition de plusieurs alliages utiles, est resté, grâce au prix élevé auquel on Ta maintenu, par un jeu de combinaisons commerciales, d'unemploi purement pharmaceutique. Dans les .conditions d'abondance où se trouvent les minerais de bismuth en Bolivie, arsénio-sulfures et carbonates ou oxydes, il serait possible de vendre ce métal dans les 1 fr. 50 à 2 francs le kilogramme, en conservant un joli bénéfice pour l'exploitant.
Sans parler du bismuth natif, dont on a découvert quelques échantillons dans les environs de La Paz, aux mines de Huayna-Potosi, un gisement important d'arsénio-sulfure de bismuth, plus ou moins décomposé aux affleurements, a été mis à jour à Chorolque dans la mine d'étain appartenant aux Aramayo. Ces messieurs connurent la
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valeur de ce métal par leur chimiste Franche. Il installa un four de réduction ou de réaction par le fer métallique. La cargaison de bismuth métallique, qu'il alla vendre en Europe, aurait pu, par son importance, déprimer les cours de ce métal, si on n'avait pas fait un trust ou syndicat entre les usines royales de Saxe, les mines d'Australie et celles de Bolivie.
Le gouvernement bolivien, devant le succès financier de la maison Aramayo frères, s'empressa de mettre sur l'exportation du bismuth métallique, un droit fiscal de 163 fr. 62 par tonne, ce qui est insignifiant pour une matière qui se vend, suivant les cours, de 15.000 à 30.000 francs la tonne et pourrait ne coûter que moins de fr. 50 le kilogramme, comme le plomb.
Disons, en passant, que Tétain bolivien, dont le prix de vente ne fait que payer les frais au cours de 1 ît. 50 le kilogramme, devient une excellente affaire quand celui-ci vaut à Londres ou à New-York plus de 3 fr. 50, comme à présent ; on comprend difficilement que, dans ces conditions, l'exportation de la Bolivie ne dépasse pas 10.000 tonnes.
Il existe en Bolivie des sulfures d'antimoine en assez grande quantité.- Quand Vantimoine métallique ne valait pas plus de 700 à 800 francs la tonne, on négligeait d'exploiter et d'exporter les sulfures d'antimoine, mais on se gardait de ne pas vendre les minerais aurifères. Nous avons vu des sulfures d'antimoine, qui renfermaient jusqu'à 80 grammes d'or par tonne et qui avaient une cassure compacte et gris d'acier. Cette association de l'or à l'antimoine est assez naturelle par l'assimilation chimique des sulfures d'or et d'antimoine, également solubles dans les
sulfures alcalins ; c'est cette similitude de propriétés chimiques, qui devrait servir de base à la métallurgie de Tantimoine aurifère, si abondant dans ces régions, fiiDcioft Liba»
Dans un pays où les combustibles minéraux ne semblent guère exister, et où le charbon de bois, seul combustible végétal carbonisable, est à prix relativement ^levé, il ne saurait, encore moins qu'au Chili, être question de métallurgie du zinc. Ce métal se rencontre en assez grande abondance sous forme de sulfure ou blende. Nous ne connaissons que les blendes de Pulacayo-Huanchaca, qui soient assez argentifères pour pouvoir être transportées en Europe et livrées à la désargentation précédant le traitement pour zinc.