‹ Chili; le ChiliChapitre 11 sur 22 · ARAUCANIE · texte numérisé non relu

ARAUCANIE

geot aux montagnes vers lesquelles son zèle évangélîque le ramena vingt fois. Et c'était son propre troupeau, ces sauvages qu'il chérissait^ qui eux-mêmes les lui avaient désignés et lui en avaient fait en quelque sorte les honneurs, mais sous le sceau du plus profond secret, en ajoutant, ou à peu près : « Ceci, voyez-vous bien, nous n'en avons que faire, mais le surveillons de très-près. Ce serait fini de nous si les visages pâles connaissaient ce secret ; et si vous le leur livriez jamais, tous nos efforts ne pourraient vous soustraire à la juste vengeance de nos tribus. «

Les Indiens de l'Araucanie ont aussi des lagunes d'eau douce, de grands lacs et des fleuves abondants en poissons. Les plus importants de ces derniers sont l'Impérial, le Bio-Bio, le Toltenet leCautin.

Ils ont également des bruyères et de vastes prairies ou pampas sur lesquelles eux aussi élèvent des troupeaux. Les races bovine, ovine

et chevaline y sont précieusement entretenues et développées.

Ainsi que je Tai dit autrefois au chapitre traitant de l'industrie pastorale dans les pampas argentines, aucune de ces races ne se trouvait^ au jour de la conquête, à Fétat préexistant. Ce sont les Espagnols qui les ont importées, et^ bien que les prairies de T Amérique du Suden soient aujourd'hui toutes couvertes, elles ne constituent pas des races spéciales, et c'est à peine si les types primitifs se sont quelque peu transformés. Je vais donc me borner à signaler ici les caractères que je Crois spéciaux aux bêtes de ce pays, autant du moins que j'ai pu le constater sur place, ou à l'arrivée des troupeaux sur les marchés du Chili, le comnoierce des animaux étant le principal, pour ne pas dire l'unique commerce auquel se livrent les sauvages tribus d'Araucanie.

Ainsi, pour commencer par le bétail proprement dit, à côté de la race argentine, facile à en-

Page 1