CHAPITRE VI
ARAUGANIE
endue, configuration de TAraucanie. — La guerre que lui ^t le Chili. — Ses richesses agricoles, forestières et minérales. — État et commerce du béUil.
Chose à peine croyable : sur le petit terriare connu sous le nom d'Araucanie^ toute Qe population indienne ou sauvage résiste cpais trois siècles aux vues de conquête ^ Chili ; et, quoique ce pays l'entoure de ïûtes parts, les efforts incessants qu'il fait o^r le soumettre n'ont encore abouti qu'à de >rt minces résultats.
^Q d'autres termes, TAraucanie, dont le nom.
est mieux connu de TEurope depuis les folli tentatives faites naguère par un aventurier frai çais pour s'en faire proclamer roi, sous le noia d'Orélie P', présente ce fait étrange que, snf son mince territoire, au centre de pays cou* quis, des tribus, dont le chiffre n'est qu'arbitrairement connu, cachées dans leurs montagnes, protégées par d'immenses forêts et fortes de leur propre valeur, vivent entre elles et conservent leurs mœurs primitives, comme an temps de la vieille Amérique!
Or, la partie qu'occupe et que prétend défendre et détenir à tout prix un peuple non civilisé se trouve être sans contredit la plus hautement pittoresque, la plus riche et la p'o^ fertile de la république du Chili.
Également resserrée entre la cordillère des Andes et celle de la côte, TAraucanie a la configuration du Chili et présente, elle aussi, W^ pect d'une bande étroite de cinquante lieues e moyenne. En longueur, elle n'occupe réelle
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nent sur la carte que deux degrés (de 37* 50 à )9" 40).
Une importante ligne de forts occupés par les détachements de Tannée républicaine a }o\[T objet de resserrer ces tribus indiennes ou *out au moins de les contenir chez elles. D'une part, elle les empêche de reprendre des ter- ^ins déjà conquis sur elles; et de Tautre, au iloyen de nombreuses petites villes et bourgades fondées sous son protectorat, elle apporte aux tribus frontières les facilités du commerce stles bienfaits de la civilisation.
Ces dernières s'en ressentent déjà favorable- Dûent, et le contact ainsi établi avec l'élément espagnol achèvera de leur faire perdre ce caractère de férocité native que conservent dans toute son énergie les tribus plus centrales et celles qui peuplent les versants de la chaîne des Andes.
Celles-ci se font entre elles des guerres de pillage ou de vengeance presque continuelles,
qui, bien mieux et plus promptement que II mitraille ou les armées chiliennes, en feront disparaître jusqu'aux derniers individus.
Un autre agent d'une destruction, hélas! non moins certaine, visite en ce moment les mal* heureux Indiens. Ce sont de sinistres et souvent de honteuses maladies contagieuses, dont les dernières se trouvent être chez eux d'importation récente..., ennemis plus cruels, aussi plus meurtriers, d'autant que les infortunés ignorent absolument les moyens de s'en défendre, les armes pour leur résister !
Quant au genre de guerre que leur fait le Chili, guerre, en réalité, absolument de conquête et d'extermination, guerre à mort où le mot de civilisation n'est, disons-le hautement, qu'un prétexte, je n'ai pas. Dieu merci, à en apprécier ici le degré d'équité. Le rôle de simple narrateur permet de réserver un jugement personnel sur des questions morales, discutables après tout, mais à coup sûr d'une