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En parfumerie, il est un point important et qui ne saurait être passé sous silence, c'est la qualité de l'alcool employé. L'esprit distillé du raisin et celui qu’on lire du grain ont chacun un arome tellement distinct et caractéristique que l’un ne saurait êlre pris pour l’autre (1). L’odeur de l'esprit-de-vin est due, dit-on, à l'éther œnanthique qu'il contient. L'alcool de grain doit la sienne à l’huile de pommes de terre. L’éther œnanthique de l'esprit français est si puissant que, malgré l'addition de substances odorantes aussi fortes que les essences de néroli, de romarin et autres, il communique encore un parfum caractéristique aux produits dans lesquels on l'introduit. De là vient la difficulté de préparer de l’eau de Cologne avec les alcools qui ne contiennent point l’éther œnanthique.
+ Les parfumeurs se prévalent quelquefois de la force - du bouquet de l’alcool de vin comparé à l'alcool de q grain, pour attribuer à leurs produits une supériorité de qualité ; mais cet arome a dans beaucoup de cas un
i (1) Voy. LARBALETRIER, L'alcool au point de vue chimique, agri- : cole, industriel (Bibliothéque scientifique contemporaine).
inconvénient. Ainsi, bien que nous admettions franchement que certaines odeurs sont plus agréables, quand elles sont préparées avec de l’esprit-de-vin, que quand elles le sont avec l'esprit de grain, il ÿ en a cependant d’autres qui sont incontestablement préférables quand on s’est servi de ce dernier.
Sous le nom d’alcools du Nord, on trouve dans le commerce des alcools de mélasse parfaitement purifiés
et pouvant rivaliser avec les meilleurs alcools de grain et de vin pour certains usages de la parfumerie.
On entend par alcools ou esprits le produit liquide qui résulte de la fermentation du sucre; quelle que soit l’origine de celui-ci, l'alcool formé est toujours le même, et identique à celui qui résulte de la fermentation du jus de raisin, seulement il est pius ou moins souillé par des corps étrangers de la nature des essences. On connaît diverses variétés d’alcool :
4° L'alcool, esprit ou eau-de-vie de vin, oblenu par la distillation du jus de raisin fermenté, que l'on désigne quelquefois sous le nom d’alcool français ou de Montpellier, parce que c’est surtout en France et aux environs de Montpellier qu’on le fabrique.
2° Les alcools de betteraves ou du Nord, obtenus parla fermentation des jus de betteraves préparés par expression ou macéralion, ou par saccharification de la pulpe.
3° Les alcools de fécule ou de grains, préparés avec la fécule de pommes de terre, l'orge, le blé, le seigle, le maïs ou de l’amidon qu’on en extrait.
4° Les alcools ou eaux-de-vie de mare, obtenus par fermentation et distillation des marés de raisin, qui
sont généralement chargés d’une quantité notable …
A'hüile de vin qui, à la fin de la distillation, apparaît même sous forme de gouttes huileuses.
5° Les alcools de fruits ou de cidres, obtenus par la
distillation du cidre ou du poiré, mais pouvant être préparés avec tous les fruits sucrés fermentés et portant alors les noms des fruits qui les ont fournis.
6° L'on nomme rhum l'alcool de mélasse de canne ; tafia, celui qui provient de la fermentation du jus de canne; Æirsch ou kirschiwasser, celui des cerises; arack ou rack, celui que l’on obtient aux Indes avec le riz fermentéadditionné de cachou; genièvre ou gin et wiskey, les alcools obtenus en Angleterre, le premier en distillant de l’eau-de-vie de grains sur le geniévre, le second par la fermentation de la dréche; le marasquin de Zara, obtenu en Damaltie par la fermentation des prunes et des pêches; l’absinthe ou l’eau-de-vie distillée sur diverses plantes aromatiques, parmi lesquelles dominent les génépis (Artemisia glacialis rupestris et
autres) et très peu d’absinthe proprement dite (1).
7° Une dernière classe qui mériterait d’être appelée alcools de synthese, car les procédés permettant de l'obtenir sont surtout basés sur des idées théoriques.
Sachant que la cellulose peut se transformer en un sucre.susceptible de fermenter, MM. Bachod et Machard ont proposé de combiner la préparation de l'alcool au moyen du bois avec celle de la pâte à papier en ne désagrégeant le bois que partiellement. A cet effet, le bois est scié en rondelles qu’on fait bouillir avec de l'acide chlorhydrique ou de l'acide sulfurique étendu d’eau. Le ligneux devient brun et la matière incruslante se transforme en sucre, on salure l’acide en majeure partie au moyen de calcaire, on fait fermenter et on distille. Un stére de bois doit donner environ 15 a 47 litres d’alcool concentré.
(1) Baupouin, Les eaux-de-vie, 1893; — ve Brevans, La fabrication des liqueurs. Paris, J.-B. Bailliére.
Malgré de bons résultats avec ces expériences sur une
petite échelle, Les essais en grand ont présenté de trop grandes difficultés pour que ce procédé soit rémunérateur.
De même on avait essayé d'employer le gaz d’éclairage ou plutôt l'hydrogène bicarboné qu'il contient.
On faisait absorber le gaz par l'acide sulfurique concentré, ce qui donnait de l'acide sulfovinique. On saturait par la chaux, et par ébullition on décomposait l'acide copulé en acide sulfurique et alcool.
Dans tous ces liquides l’alcoo! est identique, mais l’alcool de vin est préféré à tous les autres pour les usages de la parfumerie; toutefois, aujourd'hui, on est parvenu à perfectionner tellement la purification des alcools de mauvais goût qu'ils peuvent, dans le plus grand nombre des cas, être substitués aux alcools de vin. Les essences qui infectent les alcools de mauvais goût peuvent être séparées par des lavages et des distillations répétés, ou par des filtrages sur des terres poreuses. Ces huiles essentielles sont complexes; mais celle qui domine dans l’alcoo!l de fécule peut elle-même être considérée, au point de vue chimique, comme un
weritable alcool ayant pour formule C’°H'?0? et pouvant — servir a préparer des éthers composés, dont quelques- —
uns sont employés en parfumerie.
On donne le nom d'alcool à un groupe de corps, « dérivant d’un hydrogène carboné, pouvant donner:
naissance à un éther, à une aldéhyde et à un acide. Comme quelques-uns de ces éthers simples ou composés,
et quelques autres qui dérivent de ces alcools sont employés en parfumerie, nous allons énumérer ici les « principaux et faire connaître leur composition (Voy.
tableau, p. 337).
Les éthers correspondant à chacun de ces alcools poss) |
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sèdent en général une odeur peu agréable ou infecte, et
il en est de même des acides; mais par la combinaison de ces deux éléments, on produit des éthers composés à odeur le plus souvent suave, c'est ce qui constitue les essences artificielles. C’est ainsi que l'essence artificielle d’ananas est un butyrate d'oxyde d'éthyle — C$H'0,C‘H*O et l'essence de pommes un valérianale d'oxyde d’amvyle — C!°H'O?,C*°H"!0, c'est-àdire que l’éther et l'acide dérivent du même alcool. C'est dans cette combinaison que l’art du parfumeur et du confiseur auront certainement des découvertes intéressantes à faire.
L'alcool vinique — C‘H°0? est donc toujours le
même, quelle que soit la matière sucrée qui lui ait
donné naissance; seulement celui qui provient de la distillation du vin est aromatisé par des essences du vin; celui qui est extrait des marcs de raisin renferme des traces d’essences infectes qui lui donnent mauvais goût; celui de grains et de fécule renferme de l'essence de pommes de terre ou alcool amylique; enfin l’alcool de betteraves contient également des essences infectes d'alcool bulyrique. Les procédés de désinfection de ces produits sont portés à un tel état de perfection que tous ces liquides sont rendus purs et exempts de toute odeur étrangere.
Il existe un autre alcool qui diffère des précédents par sa constitution et par ses propriétés, c'est l'alcool de bois = C?H*O?, ou alcool méthylique, ou esprit de bois; il provient de la distillation du bois en vase clos; il n’est pas employé en parfumerie, mais il lest trés souvent dans l’industrie, surtout pour la fabrication des vernis (1).
(1) Voy. Hatenen, Couleurs et vernis, 185, p. 324.
hi.
le.
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