‹ Chimie des parfums et fabrication des essences, odeurs, bouquets et eaux composées, émulsions, pâtes, teintures, pommades, dentifrices, poudres, etcChapitre 28 sur 268 · EXTRACTION DES PARFUMS PAR DISSOLUTION · texte numérisé non relu

EXTRACTION DES PARFUMS PAR DISSOLUTION

basse, ce liquide n’a pas entraîné sensiblement de matière odorante, et peut être employé à nouveau pour des opérations à faire sur des parfums différents. Le parfum mélangé à la cire des fleurs ou des feuilles, dissoute elle-même dans l’éther, doit être séparé de cette dernière. Pour cela, en maintenant les vides en C, on fait monter par le tube L une quantité donnée de l'alcool contenu dans le vase S; on laisse en digestion quelque temps. On favorise la dissolution par des rentrées d’air, qui agitent violemment la masse en K; après quoi on laisse écouler le liquide dans le vases, qu'on refroidit à — 10° pour précipiter la cire, tandis que le parfum reste dissous dans l'alcool. On filtre pendant le refroidissement. Le parfum ainsi préparé constitue un alcoolat.

Veut-on fabriquer des huiles ou des graisses parfumées? la manipulation par l'alcool est alors supprimée, le parfum, mélangé de cire naturelle, est dissous directement dans l'huile ou l’axonge, véhicules ordinairement employés en parfumerie.

Les fleurs épuisées renfermées dans le digesteur A retiennent mécaniquement une certaine quantité de solvant. Pour le recueillir, on chauffe la masse par introduction de vapeur dans la chemise extérieure et l'on condense le liquide dans un réfrigérant spécial. L'emploi du vide permet de récupérer la totalité du solvant mis en œuvre.

On voit que le mouvement des liquides solvants d’un vase dans l’autre se fait facilement par une simple différence de pression, et, en second lieu, que le liquide volatil circule toujours en vase clos, dans le vide, sans Jamais avoir par conséquent le contact de l'air en pas- Sant successivement de l’état liquide à l’état gazeux et vice versa.

Les avantages que présente cette machine a circuler dans le vide peuvent se résumer ainsi :

4° Suppression de tout danger d’incendie ;

2° Extraction rapide et compléte des parfums, quelle que soit leur inaltérabilité ; leur dissolution en quelques

heures dans un véhicule approprié (alcool, huile, graisse

ou glycérine); 3° Obtention de parfums purs, avec toute leur suavité, par suite de la basse température d'extraction ;

4° Condensation des parfums sous un petit volume

et sous une forme leur permettant de se conserver facilement;

5° Plus-value considérable sur les rendements anciens de tous les parfums.

Choix du dissolvant. — Le choix d’un solvant, pour un parfum déterminé, nest pas indifférent. La finesse et la suavité d’un parfum dépendent de la nature du

solvant et de la pureté de celui-ci; cette méthode © amène à des résultats d’une délicatesse extrême. En

opérant avec soin, les moindres variations dans la nature des parfums sont traduites avec une pros fidélité.

Le chlorure de retest employé primitivement par

M. C. Vincent, est d’un prix élevé et très difficile à obte-

nir pur. On fait usage aujourd’hui de l’éther de pétrole.

Appareil pour Vertraction des parfums par les dis-

solvants volatils (fig. 56). — Les plantes étant placées 4

dans le panier G, celui-ci est descendu au moyen d’un

plateau dans le récipient A. Le dissolvant volatil est —

élevé par une pelite pompe figurée à droite du dessin «

dans le récipient D, d’où il s'écoule par le robinet « dans

un réchauffeur E chi par serpentin. Suivant la den-

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Fig. 56. — Appareil pour l'extraction des parfums par les æ% dissolvants volatils.

A. Récipient desiiplantes. —}B. Récipient pour les£ dissolvants chargés d’essences. — C. Réfrigérant. — D. Récipient a dissolvant. — E. Réchaufleur chauffé par serpentin. — I’. Rectificateur à colonne. — G. Panier à plantes. — h. Tuyau amenant l’eau au réfrigérant. — g. Tuyau conduisant le dissolvant à l’état de vapeur au récipient supérieur. — b. Tuyau conduisant le dissol-

vant au bas du récipient A.

sité du dissolvant employé, il peut être envoyé au moyen d'un robinet à trois eaux soit à la partie inférieure, soit à la partie supérieure du récipient À, où il se charge du parfum des plantes. Les tuyaux 0 et b' sont chargés de cette distribution. Le dissolvant chargé d'essence s'écoule par le tuyau c’ (suivant qu'il a été introduit par le haut ou par le bas) dans le récipient B où il est transformé en vapeur au moyen d'un chauffage par serpentin. Les vapeurs s'engagent dans le tuyau g, passent au serpentin réfrigérant, et retombent dans le récipient D pour rentrer dans la circulation; un tube de niveau permet de connaître la quantité de dissol- vant contenue dans Île récipient D.

Lorsque les plantes sont épuisées, elles retiennent toujours une certaine quantité de dissolvant. On les soumet donc à la distillation dans le récipient À. Les vapeurs qui se dégagent se rendent au serpentin réfrigérant pour rentrer dans la circulation.

Quand on a affaire à certains dissolvants comme l'alcool par exemple, celui-ci ne tarde pas à diminuer de. degré. par suite de l’eau qu'il entraîne dans sa volatilisalion. Pour le ramener au degré voulu, on a disposé un rectificateur puissant F, qui opère la rectification de ; l'alcool et ne le laisse passer dans le réfrigérant qu à l'état convenable.

Produits obtenus à l’aide des dissolvants volatils. — Les produits extraits à l’aide des dissolvants volatils « se présentent, après évaporation du dissolvant, sous » la forme de masses solides plus ou moins dures, plus ou moins colorées, dans lesquelles le parfum se trouve . mélangé à des cires végétales insolubles dans l'alcool. w

L'emploi de ces produits nécessitant une série de lavages à l'alcool, opération longue et délicate,

MM. Roure-Bertrand fils (1) ont voulu obvier à cet inconvénientet ont présenté, sous le nom d’essences absolues, les principes odorants des fleurs à l’état de pureté parfaite. Ces essences sont isolées directement à l’état so-. luble dans l'alcool et ont un pouvoir odorant tel que leur rendement en parfum est au moins égal à celui des essences solides extraites au moyen de l’éther de pétrole.

Sous le nom d’essences liquides, MM. Roure-Bertrand fils ont créé de fort intéressants produits, d'une grande suavité, extraits directement solubles dans l'alcool et d'une puissance odorante égale à celle des essences solides. | |

Ces innovations ont marqué une ère de réel progrès dans l’industrie des parfums. Non seulement les matières odorantes ont pu être captées avec toute leur finesse, sans en dénaturer Ja nature, sans en réduire la puissance, mais encore a-t-il été possible de les présenter sous la forme de-substances a leur maximum de concentration, dénuées de toute matière étrangère, de tout véhicule génant, directement solubles dans l'alcool. C’est la réalisation de tous les desiderata.

Le procédé que les auteurs désignent sous lenom de

méthode des dissolvants combinés et qui à permis de

préparer les essences absolues, a été généralisé et appliqué à la préparation d'essences absolues d'iris, de styrax, de baume du Pérou, d'opoponax (2).

Pour la fabrication des extraits, on emploie un certain nombre d'appareils spéciaux qui permettent de les fabriquer plus rapidement.

(1) Roure-Bertranp fils, Bull. scientifique el industriel, n° 2, p. 28, (2) Ip., [dtd., n° .&, p. 45.

Le mélangeur-agitateur (fig. 57) se compose de deux caisses renfermant l’une deux bouteilles en verre, l'autre une bouteille en cuivre rouge. La machine est faite de telle sorte que ces deux caisses sont animées d’un mouvement oblique ; par suite, les matières ren-

Fig. 57. — Mélangeur-agitateur a extraits (Savy et JEANJEAN).

fermées dans les flacons qu’elles contiennent sont soumises à une forte agitation, Cet appareil marche soit à — bras, soit à la vapeur. ;

Un autre appareil plus nouveau, @ table ronde(fig. 58), se compose d’une table circulaire munie d’encoches « garnies de peau, dans lesquelles pénètrent les panses 4 des flacons qui serviront de récipients.

OC

Xe

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