ESSENCE D'ASPIC.
de bromhydrate de cinéol. Celui-ci, recueilli sur un
filtre, se décompose spontanément à l'air humide en régénérant le cinéol.
2° On emploie la réaclion de M. Hirschsohn, consistant à mélanger le produit suspect avec des cristaux
d'iodol (tétraiodopyrrol). Au bout d'un certain temps, il
se forme avec le cinéol une combinaison cristallisée. La présence du cinéol dans une essence de lavande démontre indubitablement qu’elle a été additionnée
d'essence d’aspic. Il arrive que ce mélange n’a pas été pratiqué dans un but de fraude. L'aspic et la lavande poussent quelquefois côte à côte ; en les fauchant il est
impossible de les séparer; les deux fleurs sont distillées ensemble et il en résulte une essence de lavande aspiquée, de qualité inférieure.
Essence anglaise. — Cetle essence, qui jouit d'une
. réputation peut-être un peu exagérée, est surtout récol-
tée dans le comté de Mitcham. Elle ne renferme que de
5 à 10 p. 100 d’éthers du linalol. Son odeur est nota- blement différente de celle de l'essence française.
Essence d'Espagne. — Un échantillon de cette essence
a été examiné par M. Charabot (1). Elle était fortement
lévogyre : à ——+ 16°25’ (pour une épaisseur de 40 milli-
- mètres). Elle renfermait 44,5 p. 100 d’alcools libres, et
seulement 3,5 p. 100 d’éthers calculés en acélate. Fait intéressant, elle renfermait du bornéol, composé qui n’existe pas dans l'essence française.
Essence d’aspic.
L'essence d’aspic est fournie par une proche parente de la lavande, la Lavendula spica. On la produit dans les départements des Alpes-Marilimes, du Gard, de
(1) Bull. Soc. chim., (3), XVII, 378.
t ALA. ETUDE PARTICULIERE DES ESSENCES.
l'Hérault, de la Drôme (1). Son odeur rappelle celle de la lavande; elle renferme en effet du linalol; mais elle en diffère d'autre part à cause de la présence du cinéol, du bornéol et du camphre qui s’y trouvent également.
L'étude chimique de l'essence d'’aspic a été faite par MM. Bouchardat et Voiry (2). Ses constituants viennent d’être énumérés. Elle ne contient que 2 à 3 p. 100 d’éthers du linalol et 30 à 40 p. 100 de linalol libre. Sa densité varie entre 0,905 et 0,920; elle est réduite par l'addition d'essence de térébenthine. D'ailleurs, dans ce cas, le produit est insoluble dans 3 volumes d'alcool à 68 p. 100 à la température de 20°.
Son pouvoir rotatoire pour une colonne de 100 millimètres varie entre 0° et + 3°. L’addition de térébenthine francaise diminue la rotation lévogyre et en change méme le signe.
Essence de fleurs d'oranger ou néroli.
Le néroli est fourni par la distillation avec la vapeur d’eau des fleurs de l'oranger amer, Citrus bigaradia Risso. Les fleurs de loranger doux, Citrus limonum, fournissent l’essence de néroli Portugal, qui est moins intéressante que la premiére ou essence de néroli bigarade. Lesfeuilles et les fruits verts, par distillation, fournissent les essences de petit grain dont nous Dares tout à l'heure.
Le néroli n’est en quelque sorte qu’un sous-produit de la fabrication de l'eau de fleurs d'oranger. Cependant son importance pour le parfumeur est considé-
rable. Elle entre dans la composition de toutes les bonnes eaux de Cologne.
(1) Savuvateo, Les cultures sur le liltoral de la Méditerranée, p. 161. (2) C. R. de l’Acad. des sciences, CVI, 551; CXVII, .53 et 1094,