‹ Chimie des parfums et fabrication des essences, odeurs, bouquets et eaux composées, émulsions, pâtes, teintures, pommades, dentifrices, poudres, etcChapitre 45 sur 268 · partie à l'état d'éthers, parmi lesquels domine l'éther tiglique · texte numérisé non relu

partie à l'état d'éthers, parmi lesquels domine l'éther tiglique

D'après les analyses de M. Charabot, effectuées en 1895 et 1896 sur des essences fournies par les départements d Alger et de Constantine, les constantes

moyennes de ces essences sont les suivantes :

DRE TO A ÉCRAN RE as 0,895 à 0,899 Pouvoir rotatoire ({ = 100 mim.)........ — 8024" à — 11042’ Ethers du géraniol (calculés en acétate). 18,04 à 23,35 p. 100. Alcool libre (en CL980).. 5.715 45,1 à 63,5 —. . Alcool! total ...... PN rete tacts, shane sas 62,8 a 78,9 —

Toutes ces essences étaient solubles dans 3 volumes

d’alcoo!l à 70 p. 100.

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L’essence de la Réunion a une densité un peu inférieure a celle de l’essence d’Afrique. En moyenne, sa densité & 15° est comprise entre 0,886 et 0,895. Son pouvoir rotatoire est 4 peu prés le méme; sa teneur en éthers du géraniol, calculée en acétate, est 27 p. 100; de 32 p. 100 calculée en tiglate. La quantité d'alcool

total C10H180 est voisine de 80 p. 100.

Les essences d'Espagne et du midi de la France, la tinesse de l'odeur mise à part, ne diffèrent que fort peu par leurs propriétés physiques et chimiques de celles qui viennent d'être étudiées.

Les essences de géranium sont fraudées par addi-

tion d'essence de citronnelle; cette addition peut être

décelée par l'essai de solubilité dans l'alcool qui se trouve diminuée.

On y ajoute également des huiles grasses. Celles-ci diminuent aussi dans une faible proportion la solubilité dans l'alcool; elles augmentent considérablement le coefficient de saponification.

L’addition de baume de copahu se reconnait par un

essai d'entrainement à la vapeur d’eau. Le baume de

copahu nee à l'état de résidu dans le ba distil-

latoire. )

On fraude aussi l'essence de géranium avec l'essence de ginger grass où de géranium dur, originaire de l'Inde. Cette addition est décelée facilement par l'examen organoleptique.

Essence de roses.

L’essence de roses est produite par le midi de la France, la Bulgarie, la Perse. Plusieurs variétés de roses sont cultivées en vue de sa production, principalement la Rosa centifolia et la Rosa damascaena. Nous empruntons a M. R. Blondel (1) d’intéressants

détails sur la distillation des roses en Provence et en

Bulgarie.

« Les fabriques, qui distillent d’ailleurs d’autres fleurs que la rose, suivant les saisons, sont en activité toute l’année et produisent surlout de l’eau de roses et de la pommade à la rose. L’essence de roses n’y est préparée qu'en très petite quantité, mais elleest de qualité exquise. Les alambics employés d’habitude sont de grandes dimensions et ne différent en rien des alambics ordinaires a spiritueux : certains peuvent contenir jusqu’a 150 kilos de fleurs. Souvent une méme cuve réfrigérante recoit les serpentins de plusieurs alambics a la fois.

«On met généralement dans le récipient de l’alambic

50 kilos de fleurs pour 300 litres d’eau. On obtient

100 litres d’eau de roses, de qualité variable selon les périodes de l'opération : les 25 premiers litres constituent l'eau double, les 50 autres forment la qualité

(1) R. BLonnez, Les produits odorants des rosiers, Paris, 1889.

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moyenne et les 25 derniers la qualité inférieure. Cette

eau est recueillie au sortir de l'alambicdans un récipient

florenlin où l'essence vient surnager.

« L’essence.estici presque un déchetde la fabrication. On ne l'obtient qu'en très faible quantité et elle est très rare dans le commerce. Il faut environ 100 000 kilos de fleurs pour donner 1 kilo d'essence; le prix en est de 1800 francs le litre, ou plutôt elle n’a pas de prix arrêté.

Le prix moyen de l’eau de roses est de O fr. 60 le litre.

« Cette essence est trés pale; elle se congéle normalement a 20° et dégage une odeur trés fine, tout a fait exempte du goût de feu désagréable.

Depuis quelques années, on fait usage, à Grasse, d'un alambic spécial (Levallois), et dit «à condensation.

ascendante ». Le chapiteau de l’alambic porte un tube

latéral, qui s'incline légèrement en haut et forme le premier chaînon d’une ligne en zigzag aboutissant, audessus de l’alambic, à une petite cuve réfrigérante dans laquelle il se termine par un serpentin ordinaire,

conduisant lui-même à un récipient florentin. Cet appa-

reil permet, dans la distillation, l'emploi d’une quantité d’eau minimum {150 litres d’eau pour 50 kilos de fleurs) : les vapeurs sont, en effet, ramenées constamment à l'appareil par le condensateur ascendant, et la petite

proportion d’eau qui arrive au sommet, y parvienttrès

chargée d'essence. On recueille ainsi 10 litres d’une eau de roses très riche en huile essentielle.

« L'appareil distillatoire employé en Bulgarie dst peu compliqué en lui-méme. Il se compose, comme l'indique notre figure 66, d’un fourneau de pierre, dans lequel on pousse simplement de longues branches d'arbre allumées par un bout, et d’un alambicen cuivre, d’une contenance de 110 litres, formé de trois pièces : le récipient, le chalumeau et le tube de réfrigération.

«Le récipient a la forme d’un tronc de cône brusquementrétréci dansle haut en un colassezétroit. Hauteur: 1%,10 ; largeur au milieu : 0®,80 ; diamètre du col: 0™25 ; quatre anses, placées sur les côtés, permettent de le soulever facilement pour le retirer du fourneau ou l'y replacer.

« Le chapiteau, haut de 0,30, a la forme d’un champignon : ils’ajuste sur le col du récipient par la portion

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Fig. 71. — Appareil distillatoire employé en Bulgarie, d’après Blondel.

cylindrique qui forme sa base : il se termine en avant par un tube incliné à 45° vers le sol, qui se relie au tube réfrigérant.

« Ce tube, qui joue le rôle du serpentin des alambics ordinaires, est entièrement rectiligne, long de 0",25 et épais comme le pouce. Il traverse obliquement une cuve de hêtre ou de chêne posée sur des madriers et remplie d'eau, pour aboutir au bas de la paroi de cette cuve, juste au-dessus des flacons collecteurs.

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nc P'eat estamenée dans la cuve par une rigole qui passe au-dessus d'elle; dans les installations importantes, une rigole commune dessert toutes les cuves, au-dessus desquelles elle laisse tomber, par un simple trou que l'on peut fermer au moyen d'un foret, un mince filet d’eau. Un tube vertical planté dans le fond de la cuve, et s’élevant jusqu’auprés de son bord, permet à l'eau chaude surnageante de s’écouler au dehors.

« L'opération est conduite de la facon suivante. On met dans le récipient 75 litres d'eau et 10 kilogrammes de fleurs, que l’on introduit au moyen d’une sorte d’entonnoir en osier, telles qu'elles ont été cueillies c'est-à-dire avec leurs parties vertes. On ajuste les diverses pièces de l'appareil et on lute les joints avec des chiffons enduits de terre glaise. On chauffe assez vivement dès le début, pour laisser ensuite tomber le

D feu, que l'on éteint tout à fait en retirant les pièces de . bois poussées dans le fourneau, dès que l'on a recueilli,

la contenance de deux flacons d'eau de roses (les flacons

sont de 5 litres). On modére le feu, au cours del’opéra- - tion, lorsque l’on voit sortir de la fumée par le tube . réfrigérant, indice d'une condensation incomplète.

« L’alambic est alors démonté. Son contenu est filtré

. sur des paniers d’osier ; les pétales, devenus blancs et

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inodores, sont jetés aux bestiaux ; l’eau est conservée pour servir séance tenante à une nouvelle distillation, ce qui permet d'économiser le combustible.

: L’alambic fonctionne ainsi tout le jour, quelquefois : jusqu’à la nuit, tant qu'il reste desfleurs dela récolte du matin. Celles-ci ont été mises au frais sur le sol, dans

les caves ou les écuries, soit sous un abri de feuillage

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lorsqu’on est 4 la campagne.

« Les deux flacons d’eau de roses représentent la totalité de ce que l’on peut retirer des 16 kilogrammes

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de fleurs employés. Quelques industriels poussent l'opération jusqu'à ce qu'ils aient obtenu trois flacons, soit 45 litres. L’essence n'est pas de meilleure qualité, mais renferme alors plus de stéaropténe, ce qui permettra de la frauder plus aisément. | « Cette eau de roses est redistillée une seconde fois : onremet dans l'alambic 40litres d'eau derosesetl’on ne recueille comme produit qu'un seul flacon de 5 litres;

l’eau restée dansl’appareil sert encore à distiller d’autres PP

fleurs. » (Blondel).

Ce dernier flacon, dit M. Christo Christoff, est mis au

frais. Son contenu, d'abord louche et blanchâtre, s'éclaircit peu à peu, l'essence, plus légère que l’eau, se rassemblant à la partie supérieure, précisément dans la partie étroite du col : on a d’ailleurs laissé l’eau monter jusqu’auprés du bord. Lorsque l’essence est complètement rassemblée et forme en ce point une couche jaunâtre et huileuse de 2 à 4 millimètres d'épaisseur, on la sépare de l’eau par le procédé suivant.

M. Christo Christoff ajoute qu’on fait usage pour cela

de petits entonnoirs de forme spéciale; chacun d'eux «

est porté au bout d’une lame étroite de fer-blane, longue de 15 centimètres et recourbée à son extrémité supérieure. |

L’entonnoir lui-même est un simple cône renversé de même métal, hautde 3 centimètres, large de, percé à son

sommet, c'est-à-dire au fond, d’un trou très étroit. Le « faible diamètre de l’entonnoir permet de l'introduire facilement dans le col étroit des flacons. On le plonge au-dessous de la couche huileuse et on le remonte :

ensuite avec précaution, mais rapidement, Chaque fois, il enlève une portion de la couche huileuse avec une une faible quantité d'eau. Celle-ci, plus lourde, gagne

le fond et s'écoule par l'orifice; on la laisse retomber …

+ OPEN FoF 2%.

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