‹ Chimie des parfums et fabrication des essences, odeurs, bouquets et eaux composées, émulsions, pâtes, teintures, pommades, dentifrices, poudres, etcChapitre 47 sur 268 · CI CH · texte numérisé non relu

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C'est le constituant principal des essences de menthe poivrée.

Les essences de menthe poivrée (Mentha piperita) sont obtenues par la distillation d’une plante de la - famille des Labiées, principalement en France, en

Angleterre, en Amérique, au aceon en n Allemagne, en Italie, en Russie (1).

L’essence de menthe, quelle que soit sa provenance,

se présente sous la forme d’une huile douée d'une

odeur pénétrante, fraiche et aromatique, d'une saveur

brûlante. Elle renferme un carbure correspondant au menthol, le menthène, du menthol, des éthers du

menthol, de la menthone, cétone de la formule CH'0 D ndant au menthol.

Si toutes les essences de menthe renferment au point de vue qualitatif les mêmes constituants, il s’en faut de beaucoup que leurs propriétés organoleptiques soient comparables. Le midi de la France et l'Angleterre produisent des essences surfines ; ensuite vient l'essence des États-Unis d'Amérique, beaucoup moins fine ; enfin les essences du Japon possèdent un goût désagréable

tel qu'on estobligé de les rejeter presque complètement.

de la consommation, et deles employer principalement à l'extraction du menthol.

Nous allons donner quelques renseignements touchant les caractères analytiques des diverses essences de menthe.

Pour l'examen de l'essence française et de l'essence

anglaise, il convient de s’en rapporter au goût et à l'odorat. L'essence française a été étudiée par M. Charabot (2).

Menthe américaine. — Les États qui fournissent ce produit sont: l'Etat du Michigan (environ 470 000 livres), l'État de New-York (40000 livres), l'État d’Indiana (30 000 livres).

L’essence de menthe américaine a été étudiée par

(1) Roze, La Menthe poivrée, sa cullure en France. Paris, J.-B. Baillière. : 3 (2) Cuarasot, Bull. Soe. chim., 3° série, t. XIX, p. 117.

ar :

GROUPE DU MENTIIOL. 129

MM. Power et Kleber et par M. Kebler. L’ raies d'une

essence de menthe comprend :

1° Le dosage des éthers du menthol, qui effect par la méthode que nous avons décrite précédemment; 2° Le dosage du menthol total, qui s'effectue par

acétylation et saponification successives sur le résidu

de l’opération précédente;

3° Le dosage de la menthone, qu'on effectue en transformant cette cétone en menthol par action du sodium et de l’alcool. On fait alors sur la masse un dosage de menthol total. |

En moyenne, les résultats trouvés ont été les

suivants :

MWS s a AGO s ests Meee Pas 0,9050 a 0,9158 Rotation (7== 100 mim:)......... — 9030" à — 32045" Menthol éthérifié....... ... . | 2,63 a 14,12 p. 100. DRE RL eee 24,20 a. O14 — OLA A AA A0 6 AB) EE

Il est probable que les essences ayant d'aussi faibles teneurs en menthol que 32,6 p. 100 avaient dû être débarrassées d’une partie de cet alcool.

La caractéristique fâcheuse de ces essences est qu’elles renferment une petite quantité de produits

sulfurésnondéfinis quileurdonnentun goûtdésagréable.

On atténue cet inconvénient en rectifiant les essences à la vapeur d’eau, mais il n'en subsiste pas moins. Essence du Japon. —- Comme nous l'avons dit, cette essence est caractérisée par sa haute teneur en menthol. Voici les constantes d’une essence du Japon normale.

D RONA Ra RE Re PS eu 0,9100

HORMONE == 100 mm) ana à — 34045"

Ménihoéthérlén ren, ve 3,19 p. i09.

— PR A AU Plate n AU Ut — == DAS RAR EN at ie 16,2 =

PES Groupe des alcools sesquiterpéniques.

Les alcools sesquiterpéniques répondent à la formule

C'°H?0 et peuvent être envisagés comme correspondant .

aux sesquiterpènes C'*H°*. Lesalcoolssesquiterpéniques connus sont: l'alcool du patchouli, le camphre de lédon, le cédrol, le gaïol, le camphre de cubèbe, le caryophyllénol, le santälol, l'acide galipénique. Nous allons décrire les essences appartenant à ce groupe et qui présentent de l'intérêt.

Essence de patchouli.

Le Pogostemon patchouli, de la famille des Labiées,

croît à Penang, à Singapore, à Java. Ses feuilles sèches:

fournissent par distillation à la vapeur d’eau une essence d'un vert plus ou moins foncé, extrêmement odorante. Le rendement des feuilles sèches en essence est de

Le pouvoir rotatoire de l'essence te patchouli est voisin de — 12°,

Elle renferme un sesquiterpène, le cadinène, et un alcool sesquiterpénique qui fond à 56°. Au-dessus de cet alcool sesquiterpénique passe à la distillation une huile bleue, le cérulène.

L’essence de patchouli est généralement falsifiée avec les essences de cèdre et de cubèbe. On y ajoute souvent aussi 25 p. 100 de la plante sauvage T'ilam outam afin d'augmenter sa puissance odorante.

La différence des points d’ébullition des essences de patchouli, de cubébe et de cédre permet de s’assurer de la pureté du produit.

Essence de santal.

L’essence de santal la plus estimée est fournie par le

PA | ALDELYDES., 431

vee

S'antalum album, de la famille des Santalacées, origi- naire des Indes orientales et desiles de la Malaisie. Le bois doit être au préalable amené à l’état desciure.

L’entrainement de l’essence par la vapeur d’eau est extrêmement pénible et exige une forte dépense de combustible. |

L’essence de santal est un liquide jaune, huileux, d'une odeur douce, rosée, tenant également de l'essence de cèdre. Sa densité varie entre 0,975 et 0,980, son pouvoir rotatoire entre — 17° et — 19°. La parfumerie l'emploie, mais son principal débouché est la thérapeutique (1).

Le constituant principal de l'essence de santal est le santalol, alcool sesquiterpénique qui bout vers 310°, et dont la teneur peut être évaluée avec précision par la méthode générale de dosage des alcools terpéniques que nous avons décrite. La teneur en santalol d'une essence de santal ne doit pas être inférieure à 90 p. 100. La densité et le pouvoir rotaloire ne doivent pas s'écarter sensiblement des limiles que nous indiquons plus haut. Enfin l'essence doit être soluble dans 5 volumes d’alcoo!l à 70 p. 100 à la température de 20°. Les produits avec lesquels on la fraude {essence de cèdre, baume . de copahu) altèrent profondément ces caractéristiques d’une essence pure.

DEUXIÈME FAMILLE. — ALDÉHYDES

Le dosage des aldéhydes dans les essences peut se pratiquer par plusieurs méthodes qui ne s'appliquent pas généralement à tous les cas. Aussi convient-il de choisir convenablement d’après le produit que l’on a à doser.

(1) Voy. MANQUAT, Thérapeulique, 5° édition.

La première méthode consiste à isoler l'aldéhyde à

l’état de combinaison bisulfitique :

çS0: Na

R.CHO + SO2NaH = R. OH

Nous décrirons un exemple de cette méthode à pro-

pos de l’aldéhyde eR dans l'essence de cannelle

de Chine. | On peut aussi mettre à profit la propriété qu'ont les aldéhydes de se combiner à l'hydroxylamine pour

donner une oxime:

R.CHO + AzH30 = H20 + R.C = AzOH.

Ces oximes étant généralement fixes, on les sépare des produits accessoires non aldéhydiques par l'action

de la vapeur d’eau. On pèse l’oxime et de son poids on

déduit celui de l’aldéhyde contenue dans l'essence. Enfin on peut prendre comme réactif la phénylhydrazine. Celle-ci fournitavec les aldéhydes des hydrazones:

R.CHO-+4 H?Az.AzHC8Hs = H20 + RCH = Az.AzHC®H, On met en présence l'essence à examiner avec un

excès de phénylbydrazine. L’hydrazone prend naissance. Pour déterminer la quantité de phénylhydrazine res-

tant en excés, on l’oxyde par la liqueur de Fehling. Il

se dégage de l'azote dont on détermine le volume. On en déduit la quantité de phénylhydrazine combinée, et par suite celle de l’aldéhyde.

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