ESSENCE D'AMANDES AMÈRES
munis, var.amara, le Prunus armenica,le Prunus per-
sica. Ces produits arrivent généralement de Syrie, de la Macédoine, du Maroc. Le marché se trouve à
Marseille.
On opère sur le tourteau résultant de l’extraction de l'huile. L'essence n'y existe pas toute formée, mais a l'état de glucoside. Ce glucoside, l’amnygdaline, sous l'influence d’une diastase, l'émulsine ou synaplase, se dédouble d'après l'équation suivante :
C20H27Az011 + 92H20 = 2C6H1206 + CAzH + CSH5.CHO. Amygdaline. Glucose. Acide Aldéhyde cyanhydrique. benzoïque.
Les amandes sont mises sous le pressoir pour en extraire l'huile ; le tourteau qui reste après cette opéralion est alors arrosé d’eau et de sel (le sel n'est pas in-
dispensable), et on le laisse ainsi pendant vingt-quatre
heures avant de distiller. Quelques fabricants mettent le tourteau mouillé dans un sac de gros drap, ou l'étendent sur un tamis et font ensuite passer la vapeur à travers. Dans les deux cas l'huile essentielle de l’amande monte avec la vapeur d’eau et se condense dans le serpentin. Quatorze kilogrammes de ce tourteau donnent
environ 60 grammes d’huile essentielle.
L’essence d’amandesameéres renferme principalement de l'aldéhyde benzoïque ; à côté se trouve l'acide cyanhydrique, à la dose de 1,5 à 4 p. 100.
L’essence d’amandes améres naturelle a une valeur beaucoup plus élevée que l’aldéhyde artificielle. Autrefois, on la fraudait en y ajoutant de l'essence de mirbane (nitrobenzène) qui possède une odeur voisine. Cette addilion était bien facile à reconnaître. D'abord l’aldé-
- hyde benzoïque se combine au bisulfite de soude, lan- . dis que le nitrobenzène ne s’y combine pas. De plus,
PIESSE. — Chimie des par'ums. 8
Valdéhyde benzoique est facilement transformée par les agents oxydanis en acide benzoïque inodore, tandis que le nitrobenzène est inaltéré et conserve son odeur.
On a d’ailleurs renoncé à cette pratique, et on fraude actuellement l'essence d'amandesamèresavecl'aldéhyde synthétique dérivée du toluène. |
Celle-ci renferme toujours des composés chlorés dans le noyau aromalique. La recherche du chlore permet donc de déceler cette fraude.
Depuis quelques années on prépare des aldéhydes bensoïques exemptes de chlore, dont leprix estd’ailleurs moins élevé que celui de l’aldéhyde naturelle. L'addilion de semblables produits ne peut plus alors être reconnue que par l'examen organoleptique.
On trouve des échantillons d’essence qui renferment de l'alcool. Ce produit a été ajouté afin de dissoudre les cristaux d'acide benzoïque qui prennent naissance par oxydation. En effet, l'aldéhyde benzoïque en présence de l'air humide se transforme rapidement en acide, qui est insoluble dans l’aldéhyde.
Si l’alcool est ajouté en quantité suffisante (10 p. 100 par exemple), sa présence ralentit considérablement la : formation d'acide benzoïque.