‹ Chimie des parfums et fabrication des essences, odeurs, bouquets et eaux composées, émulsions, pâtes, teintures, pommades, dentifrices, poudres, etcChapitre 5 sur 268 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

| géranium, rose, citronnelle), le menthol (menthe poivrée), les alcools sesquiterpéniques (sental, patchouli). La deuxième famille comprend les essences dont le constituant principal est l'aldéhyde bensoïque(amandes amères), l'aldéhyde cinnamique (cannelle de Ceylan, cannelle de Chine), le citral et le citronnellal (citron, lemon grass, oranges).

Les essences dont le constituant Papa est une cétone forment la troisième famille : essences de rue (méthylnonylcétone), d’iris (irone), de carvi et d’aneth (carvone), de menthe pouliot (pulégone), de tanaisie, de thuya, d’absinthe (thuyone), de fenouil (fenone), de camphre, de romarin, de marjolaine (camphre), de Jasmin (7asmone).

Parmi les essences les plus imporlantes, méritant une description spéciale, citons encore celles de la cinquième famille, dont le constituant principal est un -phénol ou un éther de phénol: ¢hymol et carvacrol (thym, ajowan ptychotis, serpolet, origan) ; eugénol et bételphénol (girofle, massoy, cannelle blanche, bay, bétel); anéthol et estragol (anis, badiane, estragon, basilic) ; safrol (sassafras, huile de camphre), apiol (persil) ; celles de la sixième famille (cinéol), essences de cajeput, de cardamome, d’eucalyplus; celles de la huitième famille (¢erpénes et sesquiterpénes), entin celles dont le constituant principal est encore à déterminer, dont la plus intéressante, au point de vue spécial qui nous occupe, est l’essence de vétiver.

Cette nouvelle édition de la Cuimie pes Parrums ett été incomplète si elle n'avait réservé une place importante aux nouveaux produits que la chimie a su offrir

Vol PREFACE. -

au parfumeur. La vanilline synthétique, le musc artificiel, Vionone, l'aubépine, l'Aéliotropine, l'essence de cannelle artificielle, le terpinéol sont l'objet de descriptions claires et précises. En même temps, on a donné une large place à ces nouveaux parfums chimiques dans les recettes qui forment la seconde partie du volume. ee

Cette seconde partie comprend les extraits d’odeurs, bouquets el eaux composées, émulsines, pâtes, eaux et leintures pour cheveux, épilaloires, pommades et huiles parfumées, dentifrices, poudres et rouges, poudres pour sachets, parfums à brûler, vinaigres et sets. | . Un dernier chapitre traite des substances employées en parfumerie : alcool, acide acétique, ammoniaque, glycérine, vaseline, corps gras, couleurs.

Dans un autre volume, HISTOIRE DES PARFUMS ET HYGIÈNE DE LA TOILETTE, on à réuni tout ce qui a trait à l'origine el à l'emploi des parfums. |

Ces deux volumes réunis forment un manuel com- . plet du parfumeur, indispensable à tous ceux qui s'occupent des parfums au point de vue de l'industrie, de la chimie ou de l’histoire naturelle, utile à tous ceux qui veulent en faire un emploi raisonné et conforme aux règles de l'hygiène.

12" octobre 190?.

Presque toutes les odeurs employées par le parfumeur sont tirées du règne végétal. Chaque espèce particulière de plante odorante est susceplible de - fournir, par des traitements appropriés, des essences pourvues d’odeurs spéciales, différentes de celles que l'on retire des autres végétaux.

Le nombre de plantes odorantes répandues sur notre globe étant grand, on conçoit que le nombre de parfums que l’on en peut extraire soit important, et, bien qu'industriellement on n'utilise pas toutes les plantes odorantes (certaines d’entre elles nécessitant des opérations réilérées qui font que le parfum que Yon en retire a un prix très élevé, quoique ne présentant pas de qualités remarquables), les parfumeries

préparent un assez grand nombre d’essences aroma-

tiques. | PIÈSsE. — Chimie des parfums. 1

La fleur est etant le siège du parfum, mais il est certains végétaux dont différentes parties recèlent chacune un produit aromatique doué d'une odeur particulière; c’est ainsi, par exemple, qu’en distillant la fleur de l’oranger avec de l’eau on obtient une essence connue sous le nom de « Wéroli », tandis que la distillation des feuilles et des fruils verls du même arbuste donne une autre essence se rapprochant de la | précédente, mais moins suave quelle, et que l'on désigne sous le nom de « Véroli Petit Grain ». |

Il existe également des différences marquées entre les produits fournis par des parties identiques d'un même végétal, traitées à divers états de maturité.

Il y a là tout un ensemble de faits, aan à la. fois la science de la physiologie végétale et l’industrie des parfums. L'étude de ces phénomènes de l’élaboration des composés odorants chez les plantes a élé entreprise par M. Charabot (1), qui a pu déjà tirer de ses recherches d’intéressantes conclusions. M. Charabot a d’abord suivi les modifications que subissent les composés appartenant au groupe du linalol dans un même organe, au fur et à mesure de la végétation et lors de leur cheminement à travers les diverses parties de la plante. Lorsque les organes au sein desquels il évolue sont pourvus de chlorophylle, le linalol donne naissance à des éthers composés sous l'influence des — acides libres, et à des terpènes par déshydratation. Ensuite l'énergie respiratoire l'emportant sur le phénomène d’assimilation, le linalol ou ses dérivés se. modifient par voie d'oxydation. D'une manière plus générale, M. Charabot a constaté que les alcools se transforment en éthers sous l'influence des acides; ils

(1) Annales de Chimie et de Physique, 7° série, t. XXI, p. 207.

s’oxydent notamment dans les fleurs, où la respiration

ORIGINE ET NATURE. a

l’emporte sur l'assimilation, en donnant naissance, les alcools primaires aux aldéhydes correspondantes, les

alcools secondaires à des'cétones.

De plus récentes recherches ont permis à M. Cha-

rabot (1) d'établir que les conditions de milieu qui

rendent une plante plus apte à la fonction chlorophyl-

lienne favorisent en même temps l’éthérification.

En étudiant le mécanisme de l’éthérification chez les

plantes, MM. Charabot et Hébert (2) ont constaté que ce phénomène se produit dans les organes verts, sous

l'influence d'un agent particulier qui parait être une diastase & action réversible. |

Ces résultats étant acquis, MM. Charabot et Hébert (3), dans lé but de pousser plus loin la connaissance des phénomènes chimiques de la vie végétale, ont envisagé

le problème de l'influence des sels minéraux sur ces

phénomènes. Les conclusions auxquelles ces auteurs sont arrivés présentent un intérêt tout particulier, non seulement au point de vue scientifique, mais encore en ce qui concerne la cullure rationnelle des plantes à parfums. Nous renvoyons nos lecteurs aux Mémoires originaux. |

La qualité, la quantité et la nature du parfum fourni par chaque plante sont soumises à de profondes varia-

tions régies par l’espéce et le genre du végétal, ainsi que par Ja couleur des fleurs qu'il produit.

Ainsi, en examinant les plantes monocotylédones,

Cohler et Schlubert ont trouvé qu'elles renfermaient

14 p. 100 d'espèces odoriférantes, tandis que les dico-

| Bui Soopes n'en renferment que 10 p. 100.

() Bulletin de la Société chimique, 3¢ série, t. F0 P- 259. (2) [dtd., 3° série, t. XXV, p. 884 et 955.

3 ) €. R. de VAcadémie des sciences, t. CXXXIV, p. 181 et 1228.

Observées par familles naturelles, les fleurs ont présenté les couleurs et les odeurs associées dans les proportions suivantes :

FLEURS FAMILLE NATURELLE. COULEUR DOMINANTE. ODORIFÉRANTES p. 100.

Nymphéacées. Blane et jaune. D2 ee.

Rosacées. Rouge, jaune et blanc. {34 Primulacées. Blane et rouge. 42,3 Borraginées. Bleu et blanc. 5,9 Convolvulacées. Rouge et blanc. 4,13 Renonculacées. Jaune. 4,11 Papavéracées. Rouge et jaune. ‘2 1,31

Campanulacées. Bleu.

SES SRE D ELT EEE I TLE ELA SES ENSEIGNE DA LEAT I AEE ENTE LEE) DEEP SG

Les mêmes auteurs, après avoir examiné les diverses fleurs suivant leurs qualités odorantes, et les couleurs qu'elles possèdent, ont constaté que les fleurs blanches sont les plus parfumées et les plus agréables à l’odorat, tandis que les fleurs orangées et brunes sont de peu d'utilité au parfumeur.

Voici le classement auquel ils ont été amenés :

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