‹ Chimie des parfums et fabrication des essences, odeurs, bouquets et eaux composées, émulsions, pâtes, teintures, pommades, dentifrices, poudres, etcChapitre 64 sur 268 · VIII. — Groupe de la jasmone · texte numérisé non relu

VIII. — Groupe de la jasmone

La jasmone est la cétone de formule C'*H'°O découverte par MM. Hesse et Muller dans le produit extrait de la pommade au jasmin.

Le Jasminum odoratissimum qui produit ce parfum si précieux est cultivé d'une façon très suivie aux environs de Grasse (1). Il fleurit au mois d’août. ©

Deux procédés sont employés pour extraire l’aromesi fin et si délicat du jasmin. Le premier, le plus anciennement suivi, est l’enfleurage à froid, qui donne des pommades ou des huiles au jasmin. Le second est le procédé aux dissolvants volatils, qui donne des produits — solides. L'extraction du parfum, qu'il s'agisse de pommade, d'huile ou de parfum solide, se fait toujours de la manière générale qui a été décrite.

On à, par distillation avec l’eau, préparé de l'essence de jasmin. Mais ce produit est loin de posséder les . qualités des corps obtenus par enfleurage.

Les études de M. Hesse ont porté au début sur le produit extrait de la pommade au moyen de dissolvants convenables. Dans le mélange de corps odorants — ainsi extraits, M. Hesse a caractérisé, à côté de la jas-

(1) Voy. Sauvaico, Les cultures sur le littoral de la Méditer- | ranée, p. 157 et suiv. !

PHÉNOLS. 151

mone, qui possède l'odeur caractéristique du jasmin, un certain nombre d’autres composés odorants. Voici, sous forme de tableau, les résultats trouvés par M. Hesse :

TDCi ce tee 203 eq ua à 3,0 p. 100 BANG Pies. cir ts PR EN Au ete. 2.5 — Anthranilate de méthyle........... 05 — ACCES Gs CIEL VIOe «ct seh cn Tes waveiy es 65,05, | eet CE) ABI ABVAB SS. 59 )e' sie tas leet es a2 1,9) = x Alcool benzylique eae Wine ashes ae hee 6,0 — MOU ON reek rapt sire <ciey =o eae ais eae 15,5 —

QUATRIEME FAMILLE. — LACTONES ET ANHYDRIDES

Cette quatrième famille de la classification de MM. Du- . pontet Charabot ne renferme que des essences sans . intérêt au point de vue parfum. Ce sont :

L'essence d'aunée (Inula Helenum), caractérisée par la présence d'une lactone, l’hélénine.

L'essence de céleri, Apium graveolens, qui renferme

l'anhydride sédanolique et la sédanolide.

Nous ne nous y arrêterons pas.

CINQUIÈME FAMILLE. — PHÉNOLS.

Cette famille comprend des essences importantes,

notamment celles d’anis, de clous de girofle et de thym.

Les phénols proprement dits possèdent la propriété

de se dissoudre dans les lessives alcalines, les phénates

alcalins étant solubles dans l’eau. Cette propriété dis-

parait lorsque l'oxhydryle phénolique est éthérifié, par exemple dans l’anéthol.

Pour l'histoire chimique des phénols et pour l’isomé-

rie particulière que présentent ceux qui possèdent une chaîne substituée allylique ou propénylique, nous renvoyons au volume de M. Charabot déjà cité (1).

Le dosage des phénols proprement dits peut s'effectuer en mettant à profit leur propriété de se dissoudre dans les lessives alcalines. On a là un moyen de les séparer des composés non phénoliques qui les accompagnent.

Si l'on tend à plus de précision, il est préférable de ;

faire entrer le phénol à l’état de combinaison cristalli- :

sée qu’on peut purifier et peser. Tel est le cas du benzoyleugénol dans la méthode de Thoms.

Pour le thymol, on met a profit sa propriété de don- |

ner avec l’iode un composé cristallisé, mais au lieu

d'isoler ce composé, on emploie un excès d’iode, que —

l’on dose ensuite avec précision au moyen d’une liqueur |

titrée d'hyposulfite de soude.

Enfin, s’il s'agit de doser des éthers phénoliques, on.

emploie la méthode due à Zeisel, qui permet de ;

déterminer avec précision les groupements —OCH?,

—OCH5, etc. contenus dans une molécule. Cette méthode consiste essentiellement à attaquer un poids connu de

“ ie à en

la substance, à chaud, par de l'acide iodhydrique concentré. Les groupements CH?, C?H°, etc., sont éliminés

. à l’état d'iodure de méthyle, d’éthyle, qu'on volatilise et « qu'on fait agir sur une solution alcoolique de nitrate. d'argent. Finalement, on pèse l’iodure d'argent formé, .

qui correspond à un certain poids de —-OCH*, -OC?H°, etc.

Ceci posé, nous passons à l'étude partion lee. des

essences de cette famille.

(1) CnaraBoT, Les parfums artificiels. Paris, 1900, p. 130.

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