BAUME DU PEROU
de carbone. C’est une masse amorphe, noire, cassante, n'ayant pas l'odeur du baume, soluble dans I’alcool et les alcalis caustiques, rougissant le tournesol, précipitant par l'acétate neutre de plomb et donnant de la pyrocatéchine par fusion avec la potasse. Par distillation destructive, elle donne de ]’acide benzoïque, du styrol et du toluéne. |
Quant à la partie soluble dans le sulfure de carbone, elle laisse par évaporation un liquide aromatique brun ayant une densité d'environ 1,1 et nommé cinnaméine. On peut la retirer par distillation, mais moins facilement à cause de son point d’ébullition élevé (environ 300°). Sous l'influence de la chaux, elle se dédouble en alcool benzylique et acide cinnamique, ce qui montre que la cinnaméine est un cinnamate bensylique. Ce Corps existe dans le baume dans la proportion de 60 p. 100.
Le cinnamate benzylique s’altére a l’air, en acquérant une réaction acide. Sous l'influence prolongée de la -potasse alcoolique, il donne naissance à du toluène, en même temps quil se forme du cinnamate de potasse ‘qui cristallise dans la masse, et un mélange huileux d'alcool benzylique et de toluol que l’on nomme péruvine.
En 1868, Grimaux a préparé artificiellement le cinnamate benzylique, en chauffant un cinnamate alcalin avec du chlorure benzylique. C’est une substance qui cristallise, fond à 39° et entre en ébullition entre 225° et 235°.
À la même époque, Delafontaine a trouvé dans la cinnaméine, à côté du cinnamate benzylique, du cinnamate cinnamylique, qui est identique à là s/yracine que l’on retire du styrax.
Falsifications. — Le baume du Pérou est souvent
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altéré par Vaddition d’huile de ricin, de storax, de colophane et d’essence de copahu.
D'après M. Schlickum (1), l'essai du baume du Pérou doit se faire de la facon suivante :
1° On en détermine la densité qui ne doit pas être inférieure à 1,135 ;
2° Agitéeavec ce ou quatre fois son volume d'essence. de pétrole, cetteessenceélantévaporéene doitpas donner plus de 0,05 de résidu. S'il en était autrement, il pour rait y avoir addition d’huile de ricin ou de copahu. Ce dernier se reconnaîtra à son odeur;
3° Un gramme de baume étant Fins par le sulfure de carbone, le résidurecueilli et séché à 140° ne doit pass peser plus de 05,16. Sans quoi, la présence de benjoin est probable ;
4° a. Un gramme du baume mélangé avec 1 à 2 grammes d’acide sulfurique concentré ne doit donner ni mousse ni odeur de soufre brûlé; autrement, c’est qu'on y aurait ajouté du baume de copahu (confir= mation des essais 2 et3). ;
b. Le mélange étant froid, on le lave d’abord à l’eau chaude puis à l’eau froide. Le résidu devient peu à peu dur et cassant; s’il présentait une consistance de matière grasse, on pourrait supposer la présence de l'huile de ricin (confirmée par l'essai 2).
c. La masse résineuse lavée et superficiellement séchéeavec du papier buvard est dissoute dans quelques grammes d’éther. S’il en était autrement, ce serait l’indice d’un mélange de benjoin et de storax. On traite ce résidu insoluble par l’alcool ou mieux par l’acétone. S'il se dissout complètement, l’impureté est du benjoin, sile sulfure de carbone laisse plus de 16 p. 400 de
(1) Journal de Pharmacie et de Chimie.