‹ Chimie des parfums et fabrication des essences, odeurs, bouquets et eaux composées, émulsions, pâtes, teintures, pommades, dentifrices, poudres, etcChapitre 79 sur 268 · BAUME DU PÉROU · texte numérisé non relu

BAUME DU PÉROU

baume indissous {essai 3). Dans le cas où ce traitement

avec l'alcool ou l’acétone laisse une poudre blanche, très soluble dans le chloroforme, et que ce dissolvant laisse par évaporation des cristaux microscopiques, la présence du storax est indiquée, on la confirme par

-Vessai 5.

do Un gramme de baume est traité par3 grammes de

solution d’ammoniaque ayant une densité de 0,96. Si le mélange est gélatineux, ou s’il présente l’aspect de

fragments gélatineux flottant dans la couche éthérée,

il ya du storax.

Le mélange se sépare aisément en deux couches. L’infé-

.rieure séparée, et sursaturée par l’acide acétique puis chauffée à l’ébullition, doit à peine le troubler. La séparation d’une résine solide indiquerait le copahu ou la colophane ; celte dernière donne la réaction indiquée

en 4. D'autre part, l'extrait obtenu par ladistillation de

| l'éther de pétrole a manifestement l'odeur du copahu, . puisque le résidu de colophane est inodore.

Le procédé suivant peut faire reconnaître facilement

la présence du benjoin ou du styrax (DEMER).

Dans un tube on introduit 5 grammes de baume,

5 grammes de lessive de soude concentrée, et

10 grammes d’eau. On agite le tout deux fois avec deux portions de 15 grammes d'éther que l’on décante

autant que possible, | … Le résidu est porté à l’ébullition, puis acidulé par

l'acide chlorhydrique. On ajoute de l’eau froide. Il se sépare une résine qu'on enlève et qu'on dissout dans

environ 3 grammes de lessive de soude, le liquide est

étendu avec 20 grammes d’eau, on porte à l’ébullition et on précipiteavecune solution de chlorure de baryum ; le précipité est jeté sur un filtre, puis égoutté, on le desséche au bain-marie, épuise par l’alcool, filtre, éva-

pore la solution alcoolique. Le résidu est traité par de l'acide sulfurique concentré, et on agite le liquide avec . du chloroforme.

Le chloroforme se colore en DIE ou en bleu lorsque le baume renferme du benjoin ou du styrax.

On distingue aussi le baume du Pérou sec, qui ne se trouve plus dans le commerce, le baume du Pérou « brun, le baume San-Salvador ou baume du Pérou * noir, baume du Pérou liquide du commerce ; ils sont . formés les uns et les autres d’une résine, d’une huile . liquide (cinnaméine) et d'acide cinnamique. On falsifie . le baume du Pérou liquide avec l'huile de ricin ; on le © distingue à l'odeur résineuse qui se dégage lorsqu'on répand sur les charbons ardents le baume ainsi falsifié. . Pour reconnaître le copahu, Ulex conseille de chauffer le baume au bain d'huile à 490°, jusqu'à ce que le. baume ait fourni quelques gouttes d’un liquide oléagi- « neux très acide, qui laisse déposer des cristaux d'acide — cinnamique ; lorsque le baume est pur, le liquide ses solidifie tout entier ; dans le cas contraire, les cristaux” nagent dans l'essence de copahu. L’alcoolse reconnaît, « d’après Bussy, par l'agitation avec l’eau, qui dissout | l'alcool; et on constate la présence des graisses par. | l'alcool qui dissout le baume et non les huiles. 1

Essai quantitatif d'après Schlickum : 1° Dosage du benjoin. — Le baume du Pérou ne laisse pas plus dem 0,16 de résidu insoluble dans le sulfure de carbone. — La présence du benjoin accroît cette proportion, quoique l'acide benzoïque soit soluble dans le sulfure de car bone. En admettant que le benjoin renferme environs 75 p. 100 de résine insoluble dans le sulfure de car bone, on peut, par le poids du résidu, apprécier approximativement la quantité de benjoin que renferme le baume.

: as BAUME DE TOLU. 179

2° Dosage du storax purifié. —Ce dosage est très difficile & cause de la présence simultanée de la slyracine, de Ja cinnaméine et de l’acide cinnamique. On cherche alors à préparer comme précédemment la styrogénine ; on obtient, par évaporation du chloroforme, 7 de styrogénine pour 100 de storax.

3° Dosage de la colophane. — En agitant avec de l’éther la solution ammoniacale du baume suspect, et sursaturant la solution par un acide, on précipite une résine qui représente les 7/8 du poids de la colophane.

4° Dosage du baume de copahu. — On fait digérer l'échantillon pendant quelques heures avec de la chaux et de l’eau. On épuise complètement la masse par de l’éther de pétrole, et on laisse évaporer le liquide filtré.

On pèse, puis on chauffe au bain-marie jusqu’à ce qu'il n'y ait plus variation dans le poids. La perte éprouvée représente le copahu.

Baume de tolu.

Propriétés. — Ce baume est solide, de couleur fauve, translucide et aromatique. Il fond facilement, et quoique cassant se laisse facilement mouler. Sa saveur douce devient acre ensuite.

Il se dissout complètement dans l'acide acétique froid, l’acélone, l'alcool, le chloroforme et dans une solution de potasse; dans l’éther il est un peu moins soluble.

5a solution dans l’acétone est dépourvue de pouvoir rotatoire, sa solution alcoolique rougit nettement le tournesol.

Composition. — Il renferme une résine amorphe,

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insoluble dans le bisulfure de carbone, et à laquelle Scharling (1856) assigne la formule C*°H*O".

Elle paraît identique à celle du baume du Pérou. Distillé avec de l’eau, il donne une essence liquide © composée de trois corps volatils : 1° le fo/uène bouillant : à 170° ; 2° de l'acide bensoïque; 3 de la cinnaméine \ Plant à 3400.

Par distillation destructive il fournit du phénol et du « styrol.

En traitant le baume de tolu par de l’éther en pré-« sence de lessive de soude caustique, M. Busse a obtenu # après séparation de l'éther par distillation un produit j qui, fractionné, a donné trois liquides : le premier bouillant vers 200°, le second vers 250°-300° et le troi-. sième au-dessus de 320°; bien qu'il n’ait pu constater, « dans les premiers produits, des composés bien définis, 4 les réactions semblent y indiquer la présence d'alcool M benzylique.

Le second fractionnement onu au benzoate — et le troisiéme au cinnamate benzylique.

Il y a aussi trouvé de l’acide benzoïque et de l'acide, cinnamique. q Falsifications. — Ulex a remarqué que le baume de” Toluest fréquemment falsifiéavec de la résine ordinaire. Pour découvrir la fraude, il verse de l’acide sulfurique « sur le baume et chauffe le mélange; s’il n’y a pas des résine, le baume se fond en un liquide rouge-cerise, et. au lieu de dégager de l'acide sulfureux, dégage de“ l'acide benzoïque ou cinnamique. Au contraire, s’il y a de la résine, le baume écume, noircit et dégage une” grande quantité d’acide sulfureux. 1 La présence de la colophane, de la térébenthine ou“ d’autres résines, se reconnaît dans le tolu à l'odeur . résineuse qu'il dégage en brûlant. 4

BENJOIN. Tee 181

Benjoin.

Propriétés. —Soumis a l’action de la chaleur, une certaine portion du benjoin se volatilise en donnant naissance à des vapeurs qui se condensent aisément. On obtient ainsi une substance connue dans le commerce sous le nom de fleur de benjoin et qui est de l'acide benzoïque impur. Elle a presque toute l’odeur de la résine dont elle est extraite; cette odeur est due à une particule d'une essence particuliére qui s’éléve en vapeur avec l'acide et qui n’a pas encore été isolée.

Préparation. — M. W. Bastick recommande le procédé suivant pour faire Ja fleur de benjoin. On répand de la gomme (résine) benzoïque grossièrement pilée sur le fond d’un vase de fer rond ayant 23 centimètres de diamètre et environ 5 centimètres de haut. Sur la surface du vase, on étend un morceau de papier à filtrer, que l’on fixe au bord avec de la colle de pâte. On attache un cylindre de papier très épais à la partie supérieure du vase; on place ensuite le vase dans une assiette couverte de sable sur la bouche du fourneau. On le laisse exposé à un feu doux de quatre à sixheures. Par la première sublimation, on obtient ainsi 40 à 50 grammes d'acide benzoïque de 400 grammes de résine. La résine n'étant pas épuisée par cette première opération, on peut la concasser de nouveau lorsqu'elle est refroidie, et la soumettre une seconde fois à l’action de la chaleur: alors on en retirera une nouvelle partie d'acide benzoïque. L'acide ainsi obtenu n'est ni d'une pureté ni d’une blancheur parfaites, et le D' Mohr pense que c’est une question, au double point de vue de la médecine et.de la parfumerie, de sayoir s’il a autant de valeur quand il est parfaitement PIESSE. — Chimie des parfums. 11

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pur que quand il contient une petite partie de huile volatile et odorante qui se dégage de la racine dans le cours de la sublimation.

La pharmacopée de Londres prescrit de préparer l'acide benzoïque par la sublimation, et n’exige pas qu’il soit pur de cette huile à laquelle il doit princi-. palement son odeur agréable. |

La seconde sublimation ne volatilise pas la totalité de. l'acide benzoïque. Ce qui reste dans la résine peut être | extrait en la faisant bouillir avec de la chaux vive et en. précipitant l’acide du benzoate de chaux qui en résulte. par l'acide chlorhydrique. 1

Voici la méthode indiquée par Scheele. Faitesun lait de chaux nouvellement éleinte avec 30 ou 50 grammes d’eau chaude, ajoutez-y 100 grammes de benjoin en pou= dre et environ un kilogramme d’eau ; faites bouillir pen= dantune demi-heure, remuez pendantl'opération, passe ensuite à travers un linge; faites bouillir le résidu unes seconde fois avec 650 grammes d’eau, puisune troisièmes avec 325 grammes et passez chaque fois. Mêlez les divers. liquides obtenus, réduisez-les par évaporation au quart. deleur volume, et ajoutez-y assez d’acide chlorhydrique pour lesrendrelégérement acides. Quand ils sont tout a fait froids, séparez les cristaux de la partie liquide a 1 moyen d’un filtre sur lequel vous les lavez à l’eau froide, exprimez, faites-les ensuite dissoudre dans l'eau chaude distillée, d’où les cristaux se sépareronten refroidissant. Lorsqu’on ajoute de l’acide chlorhydrique à une solus tion concentrée et froide de sels d’acide benzoique, il sé précipite sous la forme d’une poudre blanche. Si la solu= tion des sels de cet acideest trop étendue ou trop chaude, une petite partie seulement de l'acide benzoïque se séparera. Cependant plus la solution sera faible, plus elle refroidira lentement et plusles cristaux seront considé-

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