PUR ARR
hidden ne
RE SD a ne
eee ee 7:
Lt Pa -
. qu'une guerre acharnée allait s'ouvrir, qui n'aurait pour issue que la disparition de l’une des deux indus- tries rivales. On ne tarda pas à s’apercevoir que ces craintes étaient chimériques.
« Au contraire, la prospérité de l'industrie des . malières premières naturelles n'a cessé de s’accroître . depuis l'introduction des parfums artificiels. La seule conséquence, heureuse s'il en fût, a été un accroisse- . ment formidable de la production de la parfumerie. . Grâce aux produits chimiques, le parfumeur et le savonnier ont pu établir des articles à des prix très abaïssés qui ont trouvé immédiatement une clientèle neuve. Un des traits saillants de l'histoire sociale de notre époque est l'accession des classes modestes vers un bien-être, un luxe, pourrait-on dire, réservé jusque- ]à aux seules classes privilégiées. Cette tendance se trouve particulièrement marquée en ce qui touche . l'emploi des produits de parfumerie. Aujourd’hui, le . plus modeste artisan use de savon parfumé, qu'il peut se procurer à des prix infimes. L'emploi de l’eau de . Cologne, des vinaigres aromatiques, des eaux de toi- - lette, des extraits pour mouchoir s’est généralisé. Cet accroissement de production s’est effectué grâce à l'emploi de produits artificiels qui, pour un prix modique, mettent à la disposition du parfumeur une puissance odorante considérable; mais en même temps, et d’une façon tout à fait parallèle, la consommation des produits naturels augmentait, et cela se conçoit sans peine. Le produit chimique défini ne peut, en aucun cas, suffire pour composer un bouquet harmonieux. L’adjonction de produits naturels, en quelque faible quantité que ce soit, est nécessaire. A l’appui de mon dire, j'ai à citer des exemples classiques : depuis la découverte de la vanilline, la vanille a toujours été
194 LES Le ARTIFICIELS.
cultivée, l'importation n’a pas diminué, et les prix se sont maintenus. La vanilline artificielle a trouvé un débouché énorme en confiserie pour parfumer les produits de vente courante, tandis que la fabrication des . articles raffinés à continué à employer la gousse de © vanille. Plus près de nous, on eût pu croire que la découverte de l'ionone allait ruiner la culture de l'iris. et de la violette. On a été obligé, au contraire, de déve- 4 lopper considérablement la culture de la fleur, et les fabricants du produit naturel ont peine à suffire à la. demande. C'est que l'emploi de l'ionone permettant au © parfumeur de reproduire avec plus de facilité l’arome de la fleur, on a créé une multitude d'articles qui ont © joui et jouissent encore d’une vogue méritée. Or,. l’ionone ne saurait être employée seule à la confection. de ces articles, elle y est accompagnée de teinture d’iris, de violette et de divers autres produits naturels. dont la consommation s'est accrue par contre-coup. Nous pourrions citer encore le cas du muse, dont. l'emploi ni le prix n’ont pas diminué depuis l'apparition du musc Baur. »
Essence artificielle d'amandes amères.
Lorsque Mitscherlich, en 1834, découvrit la nitrobenzine, il ne se doutait guére que ce produit serait un” jour employé par les parfumeurs. Cependant il signala la ressemblance frappante de l’odeur de ce corps avec celle de l’huile d’amandes améres. Mais comme on ne savait l'extraire que des gaz comprimés et de la distil-
lation de l'acide benzoïque, l’énormité du prix de revient dut exclure toute idée d'employer lanitrobenzines pour remplacer l'huile d'amandes amères. Cependant, en 1845, M. Réveil parvint, au moyen de la réaction
= = XNA