ESSENCE ARTIFICIELLE D'AMANDES AMÈRES
que donne l’aniline, à constater l'existence de la benzine dans l'huile de goudron de houille ordinaire, et en 1849, E.-B. Mansfield prouva, par des expériences scrupuleuses, qu’on pouvait aisément extraire la benzine de l'huile de goudron, en grande quantité, et parla également de la possibilité d'obtenir bientôt en grande quantité la nitrobenzine à odeur d'amande. Cette observation n'échappa pas aux parfumeurs. Parmi les articles de parfumerie française on rencontra bientôt, sous le nom d’«huile artificielle d'amandes amères » ou d’« essence de mirbane », plusieurs échan- tillons de nitrobenzine. L'appareil employé était celui de Mansfield. Il se composait d’un grand serpentin en verre, dont l’extrémité supérieure se divise en deux branches tubulaires pourvues chacune d’un entonnoir. A travers un de ces entonnoirs passe un courant d’acide ; nitrique concentré; l’autre doit servir de récipient a la benzine qui, pour cuite opération, n'a pas besoin d’être tout à fait pure ; à l’angle d’où partent les deux tubes les deux corps se rencontrent, et aussitôt s'opère la . combinaison chimique qui se refroidit suffisamment en . passant à travers le serpentin de verre. Le produit, lavé - ensuite avec de l’eau et une solution étendue de carbonate de soude, est alors bon à employer. Malgré la . grande ressemblance physique qui existe entre la nitrobenzine et l'huile d'amandes amères, il y a cependant dans l'odeur une différence assez sensible pour empé- . cher de confondre ces deux produits.
La -nitrobenzine à été pendant longtemps très employée pour parfumer les savons communs {1}. Cet emploi a beaucoup diminué aujourd'hui, et on la remplace par l’aldéhyde benzoïque artificielle dérivée
(1) Julien Lerèvre, Les savons. Paris, 1894, p. 173 et suiv.
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du toluène, que l’industrie fournit à un prix très bas. A propos de l'essence d'amandes amères naturelle, nous avons traité la question, et donné les moyens de
discerner l’aldéhyde benzoïque naturelle du produit artificiel et de la nitrobenzine.
Vanilline artificielle (1).
La fabrication de la vanilline, principe odorant de la vanille, créée en 1874 par MM. Tiemann et Haarmann, constitue une très brillante application d’un ensemble de recherches scientifiques.
En 1861, M. Hartig avait découvert, dans la sève descendante du Larix Europæa,une matière cristallisable qu'il appela daricine, Un peu plus tard, d’autres . observateurs, ayant trouvé dans diverses espèces de — conifères une substance analogue, l’appelèrent abiétine. \ En 1876,M.Kubel(d'Holzminden) montra que la laricine « et l’abiétine ne sont qu'un seul èt même composé, qu'il nomma coniférine; il indiqua le moyen de pré-. parer ce corps à l’état de pureté, le caractérisa comme un glucoside, et reconnut de plus que, dans son dédoublement sous l'influence des acides, il se forme un. corps doué de l’odeur de la vanille.
En 1874, MM. Tiemann et Haarmann, en étudiant de plus près les réactions de la coniférine, virent que, sous l'influence des agents oxydants, ils donnent nais-" sance à un composé cristallisé identique au ue de. la vanille.
Peu de composés ont donné lieu à fiat d'erreurs et de contradictions que le givre de la vanille. Étudié” par de nombreux auteurs, sa composition n’a été fixée.
(1) CaarABoT, Les parfums artificiels (Encyclopédie de Chimie
industrielle), Paris, 1900, J.-B. Bailliére et fils. :