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il se prend en une masse de l'apparence de la corne. Insoluble dans l'eau, Tacide azotique, Tacide chlorhydrique, il se dissout facilement dans Thyposulfite de sodium et le cyanure de potassium, quand il est récemment préparé. Les chlorures alcalins et alcalino-terreux le dissolvent surtout à TébuUition.
Chauffé avec de la craie et du charbon, il se réduit et donne de l'argent métallique, comme nous l'avons dit plus haut.
327. Le bromure d'argent AgBr et Viodure Agi se préparent comme le chlorure et, comme lui, sont insolubles dans Teau. Ils sont d'un blanc jaune; l'ammoniaque dissout bien moins le bromure que le chlorure et ne dissout pas l'iodure.
Ces trois sels sont décomposés par la lumière ; sur cette propriété est basé l'art de la photographie (voyez § 331).
328. Azotate d'argent AzO^Ag. — Ce sel se prépare par l'action de l'acide azotique sur l'argent pur. Pour 500 parties d'argent, on prend 700 parties d'acide azotique d'une densité de 1,42 étendu de 300 parties d'eau distillée; on fait; dissoudre l'argent en chauffant légèrement, et, par le refroidissement de la liqueur concentrée, il se sépare des cristaux d'azotate d'argent. Comme d'ordinaire on emploie non l'argent pur, mais l'argent monétaire, la solution renferme de Tazotale de cuivre; pour se débarrasser de celui-ci, on met à profit la propriété de l'azotate d'argent de fondre au rouge sombre sans se décomposer, tandis qu'à cette température l'azotate de cuivre se détruit en dégageant des vapeurs nitreuses et laissant de l'oxyde de cuivre insoluble.
On évapore donc à siccité le mélange d'azotate d'argent et d'azotate de cuivre, on le maintient en fusion
iudant quelques insUints jusqu'à ce qu'il ne se dégage I vapeurs nitreuses, et, quand, la masse est refroidie, on la reprend par l'eau bouillante, qui ne dissout que de l'azotate d'argent pur. Il suffît de filtrer la solution et de la coneentrer pour la faire cristalliser.
L'azotate d'argejit cristallise en tables transparentes, incolores, anhydres, dont la forme est h peu près celle de l'azotate de potassium. Il est neutre au papier de tournesol. Il se dissout dans 1 partie d'eau froide, une demi-partie d'eau bouillante, et dans 4 parties d'alcool bouillant. Il n'est pas altéré par la lumière seule. Chauffé, il entre en fusion au rouge sombre et peut être coulé soit en plaques, aoit en petits cylindres constituant alors l'anotate d'argent fondu ou pierre infernale des chirui-giens. Au rouge vif. il se décompose entièrement en laissant un résidu d'argent métallique.
Sous l'influence des matières organiques, l'azotate d'argent se décompose en donnant de l'argent métallique, qui forme une tache noire sur les tissus, de l'acide azotique et de l'oxygène, qui, l'un et l'autre, agissent comme caustiques. De là son emploi en médecine pour cautériser et amener une inflammation franche dans les phlegmasies chroniques.
1! sert à teindre les cheveux, sur lesquels il laisse une couche noire d'argent, et à fabriquer une encre indélébile destinée à marquer le linge. On recouvre le linge d'une couche de gomme mêlép de carbonate de soude, et sur cette couche de gomme on écrit avec une solution d'azotate d'argent. Le carbonate d'argent formé se réduit rapidement en laissant dans le tissu de l'argent divisé.
A doses peu élevées, l'azotate d'argent introduit ' dans les voies digestlves est un poison énergiqjj.-b. \Jt
contrepoison est le chlorure de sodium, qui for^^^| chlorure d'argent insoluble, dont on peut débaitq^^H l'estomac en provoquant le vomissement. ^^%
32!>. Allîag:es d'argent. — L'argent acquiert de la dureté en s'alliiint à de petites quantités de cuivre. L'alliage monétaire de France renfermait jusqu'à ces dernières années 900 parties d'argent el 100 parties de cuivre. A la refonte des petites monnaies d'argent opérée en 1866, ou a adopté pour les divisions de la pièce de cinq francs un alliage renfermant 835 parties d'argent, 93 de cuivre et 72 de zinc. Les pièces de cinq francs ont conservé leur titre de 900 millièmes, de telle sorte que les pièces de 20 centimes, 50 centimes, 1 franc et 2 francs ont une valeur de convention supérieure à leur valeur réelle, 5 pièces de 1 franc ne renfermant pas autant d'argent qu'une pièce de 5 francs.
L'alliage pour la vaisselle, les couverts d'argent et les médailles est au titre de 950 millièmes; pour la bijouterie, l'alliage renferme 800 millièmes d'argent ^ 200 millièmes de cuivre,
330. CARACTÈRES DES SELS d'ahgent. — Les sels d'argent sont incolores; quand ils sont solubles, ils ont une saveur métalUque désagréable. La plupart sont décoraposablea par la chaleur. Sous l'inlluence de la lumière, surtout en présence de matières organiques, ils sont décomposés en mettant de l'argent en liberté.
Ils sont précipités par l'acide chlorhydrique et les chlorures; ce précipité de chlorure d'argent, blanc, caillebotté, insoluble dans l'acide azotique, soluble dans l'ammoniaque, est caractéristique.
L'ammoniaque les précipite et redissout le précipita. Le fer, le zinc, le cuivre et le mercure en séparent dO l'argent métallique. L'hydrogène sulfuré et les sulfures solubles donnent un précipité noir d'hydrogène sulfurd.
Avec la potasse et la soude, il se sépare de l'oxyde
tfgentj les carbonates de sodium et tie potassium donnent un précipité insoluble de carbonate d'argent.
331. Photographie. -^ L'action de la lumière sur les sels d'argent a donné naissance h la photographie, due à Niepce, et principalement à Daguerre, qui indiqua les réactions principales par lesquelles se produisent les images. Fo-ï Talbot et Archer ont apporté les plus grands perfectionnements à cet art, le premier en découvrant la photographie sur papier, le second en employant des plaques de verre recouvertes de collodion.
Sans entrer dans le détail du mode opératoire, il importe d'indiquer les réactions qui se passent dans l'obtention des images sur coilodion.
Sur une plaque de verre, on étend une couche de collodion tenant en dissolution des iodures et des bromures de potassium et de sodium, puis sur la surface du collodion on verse une solution d'azotate d'argent, qui convertit les iodures et les bromures en iodure et en bromure d'argent. Cette plaque est devenue impressionnable par la lumière; si on l'expose au foyer d'une chambre noire, l'image qui vient se former à ce foyer décompose les sels d'argent, et cela proportionnellement à l'intensité de la lumière, marquant ainsi les différences des clairs et des ombres. Après un temps d'exposition suffisant, quelques secondes, on porte la plaque impressionnée dans un appartement obscur, et l'on n'aperçoit rien ou presque rien sur la plaque. La lumière a converti l'iodure et le bromure d'argent en sous-iodure et sous-bromure presque incolores euxmêmes. C'est alors qu'on fait usage des agents dits ré>'élaletirs et qui sont l'acide gallique, l'acide pyrogal- Hque ou le sulfate ferreux.
^L Ceux-ci ont la propriété de décomposer iiistanto.i\fe-
382 CHIMIE INORGANIQUE ÊLÉMENTAïaE
ment le sous-iodure et le sous-bromure, en mettant en liberté Targent divisé et noir, c'est-à-dire de fidre apparaître cet argent dans les portions impressioimées par la lumière, tandis qu'ils sont sans action sur l'iodure et le bromure d'argent qui n'ont pas été influencés par les rayons lumineux.
On a donc un cliché qui représente en noir les clairs de l'objet dont on a pris l'image, et en clair les ombres de cet objet : c'est une image inverse. Mais, dans les parties restées claires du cliché, il se trouve encore du bromure et de l'iodure d'argent non impressionnés, et le cliché noircirait tout entier, si on l'exposait à la lumière. On enlève cet excès de sel d'argent en lavant la plaque dans une solution d'hyposulûte de sodium qui dissout l'iodure et le bromure : c'est ce qu'on appelle fixer le cliché.
Pour obtenir une image véritable avec ce cliché, où les clairs de l'objet à reproduire sont noirs et par conséquent non transmissibles à la lumière, on le place sur un papier sensible, imprégné de chlorure d'argent par immersion successive dans un bain de sel et dans un bain d'azotate d'argent.
Partout où le chlorure d'argent reçoit la lumière, c'est-à-dire dans les parties transparentes du cliché qui correspondent aux noirs de l'objet, il est décomposé proportionnellement à l'intensité de la lumière qui traverse le cliché; il reproduit donc une image de l'objet. Quand cette image est assez intense, on lave le papier dans l'hyposulfite de sodium, qui enlève le chlorure d'argent non décomposé; c'est ainsi qu'on fixe l'image. Des lavages à grande eau sont ensuite nécessaires pour enlever les dernières traces d'hyposulfite de sodium, qui attaquerait ultérieurement l'image elle-même, s'il restait dans le papier.
pSSâ. Relations des métaox mono atomiques. — Les létaux monoatomiques que nous avons étudiés com- ' prennent le potassium, le sodium, l'ammonium, le lithium et l'argent ; il faut y joindre :
Le rubiilium, symbole Rb. poids atomique 85,3, métal blanc, d'une densité de 1,516, fondant à 38° ,5; ressemblant au potassium, et retiré de lalépidolite;
Et le césium, symbole Cs, poids atomique 133.
Tous ont un caractère commun; leur atome remplace dans les acides un seul atome d'hydrogène, ou, ce qui revient au même, ils fixent un seul atome de chlore; ils sont nionoatomiques, et par suite leurs composés sont représentés par des formules analogues :
Potassium KCI KOH
Sodium NaC! NaOH
Lilhium LiCI LiOH
Ammonium AzU'CI AiH',ÛU
ArgenI AgCI AgOH
Bubidium RbCI RbOli
Césium CsCI CsOH
AïO^K