C. Quantité d’urée excrétée en vingt-quatre heures
L’urée a été dosée par mon procédé décrit dans la thèse du D1 Fouilhoux (1874).
Avant la période asphyxique, l’urée augmente, on peutcompter 12, 14, 15 grammes d’urée en 24 heures ; ce chiffre se maintient pendant la durée de l’asphyxie de moyenne intensité, pour baisser si l’asphyxie est très forte (le chiffre physiologique est de 10 grammes en 24 heures pour les enfants de cinq ans). Quand on suit régulièrement la courbe, on voit bien les variations dues à la maladie.
Après la trachéotomie, on voit survenir une légère diurèse, alors l’urée augmente en quantité ; c’est 15 à 18 grammes d’urée que l’enfant, excrète en vingt-quatre heures; cependant l’alimentation est très irrégulière et légère.
Les jours suivants, l’urée diminue un peu, tout en restant à un taux assez élevé; ainsi, pendant que le thermomètre dénote de la fièvre, l’urée est de 1 i à 16 grammes en 24 heures.
La maladie s’aggrave-t-elle, alors la quantité d’urée s'abaisse peu à peu; il en est de même des chlorures : l’urée descend à 4, 3 et I gramme, de telle sorte que ce fait a une grande importance pour présager l’issue de la maladie.
Voici un exemple où ces différents troubles ont été notés :
Enfant de sept ans opéré aux Enfants malades le 10 décembre 1873. — 19 décembre. Avant l’opération. T. à 37°, 5; à 11 heures du soir 38°. — 19 au 30 déc. Urine, 1 000 grammes; densité, 1 01 1 ; albumine, urée, 17 grammes; chlore, 1 gr. 50. — 30 au 31 déc. T. à 38°, 3; soir, 38°, 7. Urine, 850 grammes; densité, 1009. L’albumine existe. Urée, 13 grammes ; chlore, 1 gr. 50. — 31 au 33 dé®. T. 39°, 3; soir, 39°, 4. Urine, 630 grammes; densité, 1 030. Albuminurie, urée, 13 grammes; chlore, 1 gr. 50. — 33 au 33 déc. T. 39°,3; soir, 39°. Urine, 400 grammes; densité, 1 033; urée, 8 grammes ; chlore 1 gr. — 33 au 34 déc. T. 38°; soir, 39°, 1. Urine, 300 grammes; urée, 4 grammes; chlore, 0 gr. 50. — Mort le 37 décembre.
Nous voyons donc dans cette observation que la quantité d’urine va décroissant à mesure que l’on approche de la terminaison fatale ; en même temps la densité augmente, l’urée et le chlore diminuent, la température est à un taux fébrile de moyenne intensité jusqu’à la fin.
Chez d’autres enfants, la quantité d’urée est normale après l’opération, l’uréomèire donne 9 à 13 grammes; puis les jours suivants il y a recrudescence, on a 14 à 15 gr. d’urée en 34 heures.
Lorsque la guérison doit avoir lieu, l’urée diminue ensuivant la température, mais ne lombe pas au-dessous du chiffre physiologique. — Au moment de la convalescence, surtout lorsque celle-ci s’accuse assez promptement, l’urée augmente pendant quelques jours. Ce fait existe avec toute son intensité dans les maladies à défervescence rapide : pneumonies, érysi-
pèles, etc. ; il y a même augmentation de chlore, de matières extractives, de matériaux solides en général, parfois albuminurie et glycosurie, c’est la polyurie de la convalescence; loi essentiellement générale dans les maladies aiguës.
Lorsque la maladie doit se terminer par la mort, l’urée, après son accroissement, diminue et la densité progresse.
Rarement la quantité d’urine augmente aux approches de la mort; ce fait a cependant lieu dans les cas où les enfants pris d’une soif ardente boivent beaucoup; alors l’urée est de 6 à 8 grammes au moment fatal.
D. Quantité de chlore.
Après la trachéotomie, au moment de la légère polyurie, il se fait une augmentation de chlore dans les urines; il y a 3, 4, 5 grammes de chlore en 54 heures.
A partir de cette époque, quand l’enfant guérit, ce chiffre s’élève graduellement.
Vers la convalescence, le chlore augmente pendant un à deux jours pour revenir à l’état normal. Au premier abord, ce fait d’accroissement du chlore semble dû à l’alimentation, cependant celle-ci doit jouer un faible rôle, puisque le fait existe alors que les enfants s’alimentent peu.
Quand l’issue doit êtrefatale, le chlore décroît. — Par exemple chez un enfant atteint de croup nous notons 30 centigrammes pendant les trois jours qui ont précédé la mort, bien que le malade urinât beaucoup.
Ainsi toutes ces analyses peuvent servir à établir le pronostic, mais il faut tenir compte de l’alimentation, des complications et d’une foule d’éléments que l’on apprend mieux à connaître au lit du malade que dans un exposé didactique. Nos chiffres
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ne sont point des chiffres absolus; seulement ils ont été pris chez des enfants à peu près du même âge, placés dans les mêmes conditions et du même poids. Je crois qu’il faut opérer de celte manière si l’on veut éviter de grossières erreurs; c’est en multipliant les analyses que l’on efface les erreurs.
E. Albuminurie.
La présence de l’albumine dans les urines des enfants atteints de croup est un fait depuis longtemps démontré ; il n’en est pas de même de sa valeur pronostique.
D’une manière générale, on peutdire que l’albuminurie avec précipité grumeleux abondant est grave; dans ce cas j’ai trouvé le maximum de l’altération de l’hémoglobine. Au microscope, on rencontre toutes les lésions d’une néphrite parenchymateuse superficielle : il y a donc deux causes pour expliquer le passage de l’albumine dans les urines.
Lorsque la quantité d’albumine est faible, le pronostic n’est pas influencé.
F. Température dans le croup.
11 importe, pour le pronosLic et le traitement, deconnaître le tracé graphique de la marche de la chaleur : car, dans certaines périodes, la fièvre est la règle; mais si, au moment où il existe un tirage très net, non pas à la fin de l’asphyxie, car à ce moment-là la température s’élève, on constate 39°, il y a indice de complication.
Eh bien, dans le croup sans complication il existe une courbe aussi spéciale que la courbe de la fièvre typhoïde.
Premier cas. La maladie est abandonnée à elle-même . — Dans la première période, léger mouvement fébrile, 38°, 2; 38°, 6; 39
pendant quelques jours, avec rémissions le matin et exacerbations le soir.
Au moment des phénomènes de tirage, de suffocation, le thermomètre marque 38°, 38°, 3; c’est dans cet état qu’on apporte les enfants à l’hôpital.
Mais à mesure que les accidents asphyxiques s’accentuent, la chaleur et le pouls augmentent, et la courbe devient ascendante: le pouls est à 140, 160 et au delà; la température de 38°, 2 monte à 40,41° et le malade succombe.
Deuxième cas. Température après la trachéotomie, quand la mort survient. Au moment du tirage, chez certains enfants lymphatiques, on voit une chaleur de 39° sans vraies complications.
En général, dès les premiers jours après l’opération, la température s’élève à 39°, 39°, 5, 40°; vers le sixième ou le septième jour, elle subit une dépression et l’enfant meurt avec 39°, 39°, quelquefois il y a myocardite avec collapsus et le thermomètre marque 37°, 8, 38°, 3 au moment de la mort. Les cas dans lesquels, le troisième ou le quatrième jour après l’opération, la température du matin reste au-dessus de 39°, sont des cas très graves.
Ordinairement la courbe est ascendante, la chaleur monte à 39°, 39°, 5, 40° et 41°; dans une observation je note 41°, 5, et le malade succombe.
Température après la trachéotomie .
Quand l’enfant gué.rit, le premier jour après l’opération, la température ne dépasse guère 38°, 6, 38°, 8, rarement 39°, 4 le soir. Le deuxième jour, même taux avec exacerbation le soir. Le troisième jour, diminution, 38°, 4, 38°, 5, et le soir 39°, 1. Les jours suivants jusqu’au huitième jour, elle oscille au delà de
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