MÉTHODE DE DOSAGE DES MAT1ÈHES AZOTÉES
Je dose ces dernières à l’aide de la même méthode : la quantité d’ammoniaque obtenue est retranchée de nouveau.
La fibrine est dosée directement ; j’en déduis le produit d’ammoniaque, qui est soustrait du reste, la différence donne le poids de globuline.
Voici un exemple d’analyse :
J’ai dosé d’abord, par les procédés connus, comme vérification, du sang humain, qui a donné 125 grammes d’hémoglobine, 60 d’albumine, 8 de matières extractives, 25 de fibrine et 10 de globuline.
Ce même sang, dosé par notre méthode, donne 34 gr. 71 AzIP pour 1 000, au lieu de 37 AzIP, chiffre théorique; mais on comprend facilement, que les impuretés des albuminoïdes puissent produire ce déficit. A l’aide d’une légère correction on aura la quantité qui correspond au dosage direct.
Poursuivons; l’hémoglobine (125 gr.) donne 21 d’AzfP par l’expérience, le chiffre théorique est 22; retranchons 21 du chiffre d’AzH3 total, reste 13,71.
L’albumine (66 gr.) donne 11,1 AzII3 par l’expérience, le chiffre théorique est 12,2; 11,1 ôté de 13,7 — 2,61.
Les matières extractives donnent par l’expérience 1 d’AzH3, le chiffre théorique est 1,2; 1 retranché de 2,6 = 1,61.
La fibrine donne par l’expérience 0,41 d’AzH3, tandis que le chiffre théorique est de 6,45; la soustraction donne 1., 2 d’AzH3.
La globuline donne 1,2 AzII2, tandis que le chiffre théorique est l.,4.
Cette méthode est donc fort exacte, d’une exécution assez rapide; de plus, le sang fourni par une seule ventouse peut suffire pour le dosage complet.
NOTE SUR LA FONCTION ANALYTIQUE DU FOIE
DÉDOUBLEMENT PAR HYDRATATION.
On avait remarqué des modifications dans le taux de l’urée excrétée en 24 heures par les urines (Prévost et Dumas, Bouchardat, Rose, Henri (de Manchester), Berzélius, Frerichs ; plus tard Meisner, Parkes, Murchinson, Bouchard, Brouardel 1 examinèrent mieux la question); moi-même, en 1869, dans le service de mon regretté maître Lorain, je vis un cas d’atrophie jaune aiguë, où je ne pus déceler d’urée; en 1873, ie fis à la Sorbonne des recherches chimiques citées plus loin ; aussi, en 1874, je conseillai à mon ami le docteur Fouilhoux d’entreprendre des recherches sur ce sujet (thèse 1 874) ; récemment le professeur Charcot en a fait l’objet de savantes leçons à la Faculté2, et proposé le nom de Fonction désass imitatrice. Enfin le docteur Genevoix a résumé l’état de la science dans sa thèse inaugurale (1876). — De toutes ces recherches il résulte que le taux de l’urée est augmenté dans les affections irritatives du foie sans grande altération du parenchyme, et qu’il diminue dans les maladies destructives, du moins à la phase d’altération profonde : de là est née la théorie de la fonction désassimilatrice (Charcot).
Pour nous, indépendamment des fonctions biliaires et glycogéniques, il existe deux autres fonctions du foie : l’une analytique, que nous nommerons de dédoublement ou d’hydratation, parce que les principales actions chimiques se passent dans les matières albuminoïdes de l’organe hépatique, qui se dédoublent et s’hydratent pour former des produits variés étudiés plus
1. Excellent mémoire en voie de publication. Arch. de phijs., août 1876.