POUSSÉE
Le nommé B..., âgé de 39 ans, domestique, est entré le 28 juillet 1879, salle Saint-Léon, lit 33 (hôpital Saint-Louis, — service de M. Besnier, suppléé par M. Quinquaud).
A l’âge de 8 ans, ce malade a été atteint pour la première fois de l’affection cutanée qui l’amène aujourd’hui à l’hôpital, et jusqu’à 54 ans, il a présenté une poussée semblable tous les ans. Puis pendant 18 ans, c’est-à-dire jusqu’à 32 ans, il n’a plus rien eu de semblable. Enfin, depuis 7 ans, les lésions ont reparu régulièrement tous les ans, toujours pendant les mois chauds (juin-juillet), durant deux mois environ, mais avec une intensité toujours décroissante à mesure que la maladie devient plus ancienne.
Le malade jouit du reste d’une bonne santé et ne présente rien dans ses antécédents héréditaires ou personnels qui puisse se rattacher à son affection cutanée; celle-ci évolue de la manière suivante:
Le malade est d’abord pris, dans les points qui vont être le siège de l’éruption, de sensations de chaleur et de vives démangeaisons, et bientôt apparaissent des placards d’érythème ; au bout de 2 ou 3 jours, les démangeaisons sont calmées et les placards deviennent suintants. La dessiccation qui, 'lors des premières poussées, se faisait attendre 3 semaines et plus, commence maintenant au bout de peu de jours et est bientôt suivie d’une desquamation en larges plaques.
Le malade a fait un premier séjour à la salle Saint-Léon en 1877.
L’an dernier, la poussée a été très légère. La poussée actuelle date du 18 juillet 1879, par conséquent de dix jours; elle a suivi sa marche habituelle.
Actuellement, les lésions occupent les membres supérieurs et le tronc où elles sont absolument confluentes, s’arrêtant brusquement et nettement au niveau de la ceinture. Ces lésions consistent en ce moment en squames de moyenne épaisseur, mais très larges et peu adhérentes, recouvrant des surfaces érythémateuses et encore un peu suintantes.
On retrouve un état squameux mais différent à la face, au pavillon de l’oreille, à la région cervicale, aux fesses et aux jambes, surtout aux
PEMPHIGUS FOLIACÉ GÉNÉRALISÉ.
genoux, région où la peau est en même temps épaissie et un peu indurée. La squame ici fort petite et argentée, repose sur une peau sèche et non érythémateuse.
Les ganglions sont très développés.
La santé générale n’a pas souffert de l’affection cutanée.
4 août.
Analyse du sang :
Hémoglobine 75 grammes.
Pouvoir absorbant 144 centimètres cubes.
Matériaux solides 97 grammes.
24 août. — La desquamation s’est à peu près achevée, sans que le malade ait éprouvé pendant son séjour à l’hôpital aucun malaise ni aucune démangeaison. Cette desquamation s’est faite par larges lambeaux; les surfaces sous-jacentes sont maintenant sèches et moins érythémateuses.
4° PEMPHIGDS FOLIACÉ GÉNÉRALISÉ.
Pour peu que la maladie s’aggrave, l’hémoglobine descend à 88 gr., souvent à 78 gr. 12, le pouvoir oxydant à 170 cent, cubes, les matériaux solides à 83 gr.
A l’époque des poussées de bulles, l’hémoglobine descend à 88 gr. 54; mais au moment de la réparation, elle augmente et se chiffre par 93 gr. 70; parfois la quantité est plus élevée.
Le pouvoir oxydant descend à 170 cent, cubes pour revenir à 180 cent, cubes.
Les matériaux solides tombent à 83 gr. pour atteindre ensuite 90 et même 95 gr.
PEMPHIGUS FOLIACÉ GÉNÉRALISÉ.
Le nommé L..., âgé de 60 ans, entré le 25 mars 1879 au pavillon Gabrielle, n° 4 (hôpital Saint-Louis, — service de M. Hillairet, suppléé par M. Quinquaud)1.
C’est un homme d’une bonne constitution et qui ne présente aucune trace d’antécédents héréditaires. Il n’y a pas de maladie
1. Observation recueillie par M. Gaucher, interne de service.
CHIMIE PATHOLOGIQUE, diathésique dans sa famille, mais à différentes reprises on a trouvé de la gravelle dans les urines, et il a été atteint de rhumatisme articulaire aigu en 1870.
L’affection actuelle a débuté il y a un an environ par le nez; elle était d’abord constituée par des bulles, bientôt desséchées et remplacées par des croûtes foliacées. Progressivement l’éruption s’étendit sur la face, le dos et le reste du corps; depuis quatre mois elle est généralisée.
Tels sont les renseignements qui me sont fournis par le malade lui-même. Quand j’arrive dans le service le lor août, cet homme est couvert, de la tête aux pieds, de squames foliacées assez larges et répandant autour de lui une odeur particulière qui existe parfois dans le pemphigus. L’urine ne contient ni sucre ni albumine.
Les squames se détachent facilement, et, à mesure qu’on les enlève, le corps muqueux, mis à nu, sécrète, devient opalin, prêt à former rapidement de nouvelles squames, moins épaisses il est vrai que les premières.
M. Hillairet prescrit comme traitement externe de la poudre d’amidon, à l’intérieur de l’eau de chaux et du phosphate de chaux.
Pendant le mois de juillet, on observe à deux reprises une poussée aiguë, l’une du 3 au 9 juillet, l’autre du 14 juillet au commencement du mois d’août.
Les poussées aiguës sont constituées par T éruption de bulles volumineuses qui s’affaissent rapidement et laissent à leur place des squames. Chacune d’elles esTaccompagnée de fièvre (T. 38° à 38", 5); le pouls oscille entre 84 et 96, il est parfois intermittent, l’intermittence se produit toutes les 5 ou 6 pulsations.
Il y a du délire la nuit, délire de la parole et du mouvement; le malade se lève et veut sortir de sa chambre.
Il n’y a pas de diarrhée, pas de vomissements ; pas de bronchorrhée, on n’entend aucun râle dans la poitrine.
Le 3 août la fièvre et le délire ont cessé.
Le 5 août, on examine le liquide sanguin.
Analyse du sang :
Hémoglobine 88sr,54.
Pouvoir absorbant 170 centimètres cubes.
Matériaux solides 95 grammes.
LÈPRE
Du 6 au 10 août, nouvelle poussée avec délire et fièvre. — (T. = 38°).
13 août. — M. le Dr Quinquaud prescrit deux grammes d’extrait de quinquina.
19 août. — Le malade dort bien, sans délire, il a bon appétit, ses déjections sont régulières; les squames sont en partie tombées sur les jambes.
5“ PITYRIASIS RUIîER CHRONIQUE DE DEVERGIE.
L’hémoglobine ne descend guère au-dessous de 94 gr . , le pouvoir oxydanlest à 181 centim. cubes, les matériaux solides restent à 88 grammes.