TISIAGE DES EPREUVES POSITIVES PAR LA LUMIERE SEULE
• § 177. Du papier. — Le papier pour épreuves positives, bien qu’il ne demande pas une aussi grande perfection que celui que l’on emploie pour les négatives, doit cependant être fabriqué avec le plus grand soin ; l’égalité de la pâte; vue par transparence, a peu d’intluence, mais il doit présenter une surface unie exempte de taches. On doit l’essayer sur le bain d’azotate d’argent, même quand il paraît très-pur, et voir si les taches, invisibles d’abord, ne se développent pas au contact de l’hyposulfite de soude; elles forment un point noir entouré d’une auréole blanche qui s’allonge souvent dans le sens où le liquide s’écoule. Cet effet est dû à la présence d’un métal qui opère la réduction de l’argent; celui-ci cristallise en arborescences; Facide nitrique, libre ou combiné, se répand tout autour, et il occasionne ainsi les auréoles blanches autour du point d’argent. L’acide coule sur la feuille en faisant une traînée; delà cette apparence allongée que prennent souvent ces taches.
C’est à tortque l’on considère le fer comme étant la cause de ces taches qu’on avait pour cela nommées taches de fer. Evidemment le métal ne pourrait rester libre dans ces circonstances; il y a tout lieu de croire que ces taches sont dues à des parcelles de bronze ou de laiton disséminées dans la pâte et provenant des appareils de broyage.
Un autre point égalementimporîant dans la fabrication du papier positif, c’est Fencollage. L’effet général et le
q56 deuxième partie.
ton de l’épreuve viirieront dans uneinünité de nuances d’après la nature de rencollage, sa qualité, sa quantité, sa dessiccation, etc.; nous pouvons dire, quant à présent, qu’indépendamment de toutes les autres causes provenant des préparations subséquentes que nous supposons ici identiques pour tous les essais, Teffet d’une épreuve, quant a la vigueur et a la netteté du dessin, sera d’autant plus grand, que l’encollage quel qu’il soit sera plus abondant. Ainsi une épreuve sur papier sans colle sera d’un aspect général gris éteint, tandis que sur papier fortement encollé elle donnera un ton vif clair avec de fortes oppositions d’ombres et de lumière (i). Ce rapide exposé fait comprendre pourquoi les papiers du commerce varient si souvent dans les résultats et ne répondent pas toujours à l’attente du photographe , et pourquoi il arrive souvent qu’on leur fait subir un second encollage (albumine ou gélatine, ou même amidon) pour obtenir des épreuves ayant une finesse et un éclat que sur le papier seul on n’aurait pas espéré. Nous reviendrons dans un chapitre spécial sur la théorie des épreuves positives, et sur les causes de leur altération, etc., nous bornant dans le présent chapitre à donner les procédés opératoires.
On choisit son papier en rejetant les feuilles qui paraissent impures, on enlève avec une aiguille les points noirs qui peuvent être, avons nous dit, des particules métalliques. On cherche à distinguerl’envers de l’endroit, ce qui se foit facilement en examinant le papier a un jour frisant : l’envers conserve une légère empreinte de la toile métallique sur laquelle le papier a été formé, l’en-
(i) Études sur les posH'u' es, par MM. Davanne et Girard. [Bulletin de lu Société franeuise de Photo^ruphie, ïSaS.)
droit a au coiUraire un aspect saîiné. Lorsque les papiers ont été glacés, il est quelquefois difticüe de faire cette distinction; il suffit alors de mouiller un coin- du papier dans la bouche, la pâte se gonfle et le treillis s’aperçoit facilement; on marque l’envers au crayon pour ne pas se tromper de côté et on le soumet aux préparations suivantes :
§ 178. Préparation du papier sur le bain de chlorure. — La première préparation du papier consiste à faire pénétrer dans l’une de ses faces un chlorure soluble qui, étant mis ensuite en contact avec l’azotate d’argent, forme par double décomposition un clilorure d’argent insoluble, lequel se fixe danslapàte, et un azotate soluble qui reste dans le bain. On peut employer un chlorure soluble quelconque, chlorure de sodium, d’ammonium, de potassium, de barium, de strontium, etc., etc. L’espèce de chlorure paraît indifférente; le résultat final ne varie que fort peu dans les teintes suivant les chlorures employés quand ils sont au même état de neutralité. On emploie principalement le chlorure de sodium (sel commun), parce qu’on le trouve partout, ou le chlorure d’ammonium (chlorhydrate d’ammoniaque) à la dose de 2 à 4 grammes pour 100; quelques auteurs indiquent jusqu’à îo pour 100 : nous n’employons pas celte formule, et l’expérience nous a montré qu’il n’y a aucun avantage à se servir d’un dosage aussi élevé, qui appauvrit nécessairement beaucoup plus vite et sans profit les bains d’argent.
On prépare le bain suivant :
Eau filtrée . loo'*
Chlorure de sodium ou chlorure d’ammonium . 4
On filtre la solution dans une bassine, on applique le
côté satiné de la léiiille de papier sur ce bain en évitant les bulles d’air, on la laisse cinq minutes, on la relève et la pend par un angle pour sécher; on met un morceau de buvard a Tun des coins inférieurs pour faciliter la chute des gouttes, qui sans cela laisseraient accumuler dans cette partie, de la feuille une trop grande quantité de chlorure ; ce sel, n’étant pas assez retenu dans le papier, produirait un précipité blanc dans le bain d’argent et rendrait nécessaire de filtrer celui-ci après la préparation de chaque feuille.
Quel que soit le chlorure employé, on fera la prépara-, tion de la même manière. Les feuilles séchées seront mises les unes sur les autres et serrées dans un portefeuille où elles se conserveront indéfiniment.
Ce papier donne de beaux tons que l’on peut facilement modifier, mais il a moins de finesse que le papier albuminé ; ce dernier reproduit tous les détails du négatif, seulement l’image prend un ton rouge qu’il est plus diflicile de changer dans les. bains de virage. On peut employer les deux procédés, suivant le sujet à reproduire et le but que l’on se propose; toutefois l’habitude générale est de se servir du papier albuminé : en variant le dosage de l’albumine, depuis l’albumine pure jusqu’à l’albumine étendue de trois à quatre fois son poids d’eau, on a, soit un papier qui paraît complètement verni, soit un papier légèrement glacé.
§ 178 bis. La préparation du papier albuminé est délicate et demande une grande habitude pour être bien réussie. On trouve, du reste, dans le commerce spécial pour la photograpliie, des papiers de toute provenance albuminés par nos fabricants. Les papiers français seraient les meilleurs s’ils n’étaient trop souvent criblés de taches
ÉPREUVES POSITIVES. CiSq
métalliques; les papiers de Saxe n’ont pas cet inconvénient et donnent de bons résultats; les papiers anglais, encollés le plus souvent à la gélatine, donnent de beaux tons pourprés : ils sont en général peu employés, à cause de leur prix élevé.
On prépare le papier albuminé de la manière suivante (?) :
On commence par recueillir la quantité d’albumine nécessaire en cassant l’un après l’autre des œufs au-dessus d’un vase gradué dans lequel on faittoml)er le blanc et en mettant le jaune de côté (un œuf donne en moyenne 3o centimètres cubes d’albumine j. Quand on a la quantité voulue, soit un demi-litre pour préparer des feuilles 2î X 27, un'iitre pour les feuilles 27 x 44 > on verse te tout dans une terrine de terre vernissée; au moyen d’une fourchette on enlève les germes, puis on ajoute pour 100 centimètres cubes de cette albumine 5 grammes de chlorure de sodium (sel marin) ou de chlorure d’ammonium préalablement dissous dans le moins d’eau possible, si on veut obtenir des feuilles très-brillantes; puis on bat cette albumine en neige jusqu’à ce qu’il se forme une mousse consistante; on enlève alors cette mousse partie par partie avec la fourchette, et on la met sur un tamis de crin placé au-dessus d’une terrine semblable à la première.
On laisse tomber cette mousse pendant douze heures, et le liquide qui s’est tamisé est prêt à servir; l’albumine ainsi obtenue est d’un emploi plus commode après quelques jours de préparation.
Pour préparer le papier, on commence par filtrer l’al-
(i) la Noie communiquée par M. Aléa. de la Société fran-
çaise de Photographie. .Tuin 1860.
Si 6 O DEUXIÈME PARTIE.
biimine k travers une petite éponge fine placée dans la douille d’un entonnoir, on reçoit le liquide filtré dans une cuvette bien horizontale, et on laisse le bain se reposer douze heures avant de s’en servir, en ayant soin de couvrir la cuvette.
La feuille de papier étant coupée de la grandeur convenable, avec une pointe coupante, on pose le bord inférieur sur le bain en l’appuyant contre la paroi de la cuvette du côté de l’opérateur, on la courbe alors sur elle-même et, baissant la main, on l’applique sur la surface du bain en suivant des yeux, par transparence, la ligne d’albumine, qui doit filer d’un bord a l’autre de la feuille sans aucuif temps d’arrêt; il faut éviter également de relever une partie déjà mouillée : sans ces précautions on aurait des fils qui perdraient la feuille.
On abandonne le papier sur le bain pendant le temps nécessaire pour qu’il se détende complètement; ce temps est d’autant plus long que le papier est plus fort ou plus encollé : en moyenne, on doit compter de deux a trois minutes. On relève alors la feuille doucement, sans temps d’arrêt, par les deux angles du haut, et on la pend pour la faire sécher.
Le mode de suspension le plus commode consiste à tendre deux ficelles sur lesquelles peuvent courir de petits carrés de liège mince. L’écartement des ficelles est maintenu aux extrémités et au milieu par trois petites barres de bois, il doit être plus grand de 2 centimètres au moins que la largeur de la feuille k tendre. On pique un coin de la feuille sur un liège de rimedes ficelles, puis tirant légèrement cette feuille, on fixe de la même manière l’autre coin sur le liège correspondant de l’autre ficelle et on laisse sécher, en ayant soin d’enlever de temps il autre l’albumine (jui forme bourrelet au bas du papier.
Les feuilles sëelies sont mises les unes sur les autres, puis pressées pour leur rendre leur planiiuétrie. Ces feuilles, placées dans un carton, sont conservées pour l’usage.
On peut faire varier les quantités d’eau et d’albuniirie suivant le vernis que l’on veut donner a la feuille. Nous ferons observer toutefois que, contrairement a l’opinion de quelques auteurs, la quantité de cblorure soluble (chlorure de sodium ou d’ammoniunij doit être aiigmenlée etnon suivant la concentration de l’albumine. Les
papiers qui sont à la fois trop riches en albumine et trop pauvres en chlorure ont beaucoup plus ^e peine a virer dans les bains d’or. Ainsi avec l’albumine pure on mettra 5 pour 100*^10 clilorure soluble, avec l’albumine additionnée de même quantité d’eau il suffira de 4 pour 100, et même de 3 si l’albumine est plus étendue.
179. Sensibilisatioti. ~~ Le papier préparé siniplement au cblorure, ou albuminé et chloruré, est sensibilisé sur un bain d’azotate d’argent contenant :
Eau distillée
Azotate d’argent cristallisé. . .
On filtre la solution si elle n’est pas parfaitement claire. Nous employons l’azotate d’argent cristallisé au lieu de l’azotate fondu, parce qu’avec ce dernier (sans doute trop neutre ou même faiblement alcalin), on a des feuilles sensibles qui se conservent moins longtemps lilanches. Si l’on employait le nitrate fondu, on atténuerait ce défaut en ajoutant au bain quelques gouttes d’acide azotique ou d’une dissolution d’acide citrique. On pose la feuille de papier sur ce bain comme sur celui de chlorure, le coté chloruré en conlact avec le liquide [ftg- 3f), en évitanl
les bulles d’air; si ou se sert de papier albuminé, il est indispensable que T affleurement delà feuille sur le bain se fasse régulièrement, chaque temps d’arrêt dorme des traits métalliques irisés qui apparaissent dans les grands noirs de l’épreuve; on laisse en eontact le temps nécessaire pour que la feuille se détende complètement, de deux à cinq minutes suffisent, on la relève et on la pend pour sécher. Il est inutile de dire que l’opération doit être faite à l’abri du jour, puisque la feuille devient sensible à la lumière, et qu’on doit avoir soin de recueillir le liquide qui s’écoule lequel est très-riche en argent : il suffit pour cel^ de placer sous la feuille un verre ou une capsule; on réunit au bain le liquide recueilli. Les feuilles sèches sont prêtes à servir; il faut avoir soin toutefois que la dessiciiation en soit complète, sans quoi on s’exposerait à tacher les négatifs.
La feuille sensibilisée sur le bain d’azotate d’argent, surtout lorsqu’elle est albuminée , ne tarde pas a jaunir et a s’altérer, même dans une obscurité complète. Celte altération est due à l’action du nitrate d’argent libre sur l’encollage du papier; aussi, comme ces encollages sont variables, celte altération est elle-même éminemment variable selon les papiers. Mais l’expérience (1) a prouvé que les feuilles positives sensibles se conservent dans une atniosphère parfaitement sèche pendant un temps beaucoup plus long que dans les circonstances ordinaires; l’un de nous a fait construire par M. Marion un appareil de dessiccation très-simple et très-portatif, grâce au- (juel il devient possible de conserver pour s’en servir au besoin le papier positil préparé à l’avance.
Lors(]ue le bain d’argent sert à préparer des feuilles
( ij litiulc sur les rprvuvrs positives; par VIM. Davanno ('t Girard.
Kl'HEüVES POSITIVES.
positives albuüiiiiées, il prend souvent une teinte brune foneéc due a l’action de l’albumine. La coloration peut être trop intense pour qu’il soit possible de préparer d’autres leuilles; il faut alors décolorer le liquide, en ajoutant quelques grammes de kaolin en poudre line que l’on agite; on filtre, et la liqueur est parfaitement claire.
A défaut de kaolin on peut employer quelques gouttes d’une solution de sel ordinaire; le précipité de chloruré^ d’argent qui se forme, rapidement agité, se dépose bientôt en entraînant la matière colorante: on emploie également une solution d’acide citrique. On peut aussi, comme ^1. Maxwell-Lyte l’a proposé, substituer au chlorure de sodium un mélange de phosphate et de carbonate de soude dissous dans l’eau. Enfin si la coloration trop intense résiste a ces moyens de décoloration, on fait bouillir pendant quelques minutes dans une fiole de verre ou une capsule de porcelaine, on ajoute (juelques gouttes d’acide azotique, on maintient l’ébullition jusqu’à décoloration, et après refroidissement on liUre; si le liquide ne passe [)as parfaitement limpide, on y ajoute un peu de kaolin et on tiltre de nouveau.
Si l’on veut obtenir des images positives vigoureuses, il est nécessaire d’opérer avec un bain d’azotate d’argent concentré, le meilleur dosage résiiUant d’essais comparatifs nous a paru être de''A 5 à i8 grammes pour loo centimètres cubes d’eau.
Ce l)ain s’appauvrit très-rapidement par suite de la formation du cbloruie d’argent dans la pâte du papier et de la combinaison de l’argent avec l’encollage, et surtout avec l’albumine. Ces deux causes font baisser le titre du li- (juide qui n’a pas été al)Sorbé. Il est difficile de dire, même d’une manière a[)proximative , quel sera l’appauvrissement du Iniin pou\‘ une quantité donnée de feuilles : cela
Si64 DEUXIÈME PARTIE.
varie suivant l’épaisseur de celles-ei, leur porosité, la <|uaîitité d’albumioe, la quantité de cîilorure soluble contenue dans le bain de salage , etc. ; et pourtant il est nécessaire , si l’on veut apporter quelque régularité dans les opérations, de connaître le titre du bain sensibilisateur, qu’il faut cliercber, coninie nous l’indiquons plus, loin, dans le chapitre qui traite de l’analyse des bains.
Selon nous, le moyen le plus simple pour renforcer les bains et connaître ce qu’il y a eu d’azotate d’argent dépense pour chaque feuille , consiste a préparer d’abord une quantité donnée de bain, soit, par exemple, un litre ; on marque sur le llacon le point d’affleurement. Après avoir préparé un certain nombre de feuilles, on remet le bain dans le flacon et on ajoute de l’eau distillée jusqu’à ce que le niveau soit revenu au point d’affleurement; on agite le tout et on analyse : on connaît ainsi la somme d’argent pris par les feuilles tant par absorption que par décomposition chimique. On ramène le bain à sa valeur première par l’addition de la quantité voulue d’azotate d’argent cristallisé. Après trois ou quatre de ces analyses, si on eniploie toujours la môme provision d’un papier identique, on peut remonter le bain, d’après le nombre de feuilles préparées, sans avoir besoin de le titrer de nouveau.
Dans la pratique nous compto'^s environ joo grammes de nitrate d’argent usés tant par décomposition chimique (|ue par ai)Sorption et par perte du liquide restant dans les cuvettes, etc., pour la préparation d’une main de papier (a5 feuilles de o'“,4à X o'“,57); mais, nous le répétons, ces nombres sont loin d’être absolus, ils varient continuellement suivant les [)apiers et les préparations.
1 (Sfl . lixposhion . — Pc n d a n t ([ u (‘ 1 (‘s lé u i l les posi-
, ÉPREUVES POSITIVES. aGS
tives sèchent, on prépare les châssis qui doivent servir pour l’exposition [fig^ 33). Avec un tampon de coton
(l-ig. 33.)
et un peu d’alcool on nettoie la glace du châssis, et l’envers du cliché s’il est sur glace ou sur verre; on place ensuite la feuille positive sensible et parfaitement sèche sur le négatif, de telle sorte que le côté préparé de la feuille soit en contact immédiat avec l’image négative ; on met sur le tout une ou plusieurs feuilles de huvard, un morcèau de grosse étoffe de laine feutrée, puis la planchette hriséeque l’on fixe avec les barres à ressorts, et on expose à la lumière ( i . L’épreuve vient avec une rapidité d’autant plus grande, que la lumière est plus vive et le cliché plus transparent; il est donc complètement impos-
(ij Lorsqu’un cliché doit fournir un certain nombre d’épreuves, il est bon qu’il soit préalablement réparé et apprêté de manière à donner une épreuve positive présentant tout de suite la forme et la dimension qu’elle doit avoir étant collée. Cette épreuve devra sortir du châssis avec des marges blanches au lieu de marges noires, comme cela a lieu d’ordinaire, ces marges noires venant, dans les opérations suivantes, épuiser inutilement le bain de virage. Pour cela, on fait un découpe de papier jaune et on le colle sur le cliché du coté de l’épreuve, en ayant le soin de régler immédiatement l’aplomb ; on coupe le i)apier [)ositifde la grandeur de la glaèèl, on obtient ainsi une image qui sort paifaitement nelte ,d()nt il suffit sou-é vent d’égaliser les marges pour la coller sur bristol.
iiG6 deuxième: partie.
siîjle (le tixer (.l’une manière même approximative le temps d’exposition. Telle épTeuve peut venir en dix minutes à un soleil vif, qui demandera un jour entier et même plus par un temps couvert; et, pour une même lumière, tel cliché demandera quatre à cinq minutes d’exposition, tel autre une lieure , etc. Les rayons directs du soleil sont beaucoup plus pénétrants que la lumière diffuse : aussi lorsqu’une épreuve donne trop d’opposition entre les clairs et les ombres, on doit la tirer de préférence au soleil ; si au contraire le cliché est trop uniforme, on doit préférer la lumière diffuse : on arrêtera les rayons dir(?t3ts du soleil par un verre dépoli (jue l’on met sur le châssis; on peut encore coller derrière l’épreuve négative du papier qui remplace
le verre dépoli, — Lorsque les clichés sur verre ou sur glace ont des rayures profondes ou même lorsqu’ils ont été cassés, puis recollés sur une autre glace par des bandes de papier, on doit toujours tirer l’épreuve à l’abri du soleil et en ayant le soin de changer de temps â. autre la position du châssis.
Sous l’inOuence delà luniière, le papier positif noircit peu â, peu ou prend une riche teinte mordorée si on a (unployé le papier albuminé , les noirs et les demi-' teintes du négati! préservent plus ou moins le papier de l’action de la lumière et amènent cette gradation de teintes (|ui l'orme le dessin.
Pour surveiller la venue de l’image, on rapporte le châssis dans une pièce peu éclairée, on l’ouvre â moitié (T on smdève la feuille de papier positif. Si l’épreuve n’est pas encoia^ ass(‘z vigoureuse, on laisse retomber la feuille qui, retenue jus(ju’au milieu, n’a pas pu varier de posilion, cl l(‘ châssis I'ci iîm' de nouveau ('st re[)orté â la iumi(u‘<‘.
Le point auquel on doit arrêter l’épreuve varie l)eaucoup suivant le sujet, le mode de virage que l’on doit employer, le ton que l’on désire ; il faut en général dépasser un peu la vigueur que l’on veut obtenir. Pour certains virages exceptionnels comme ceux où l’on emploie des solutions de chlorure d’or fortement acidulées, on doit pousser l’épreuve jusqu’au moment où les grands noirs commencent à devenir verts.
L’épreuve terminée est retirée du châssis et jusqu’au moment du fixage mise à l’abri de la lumière, soit dans un tiroir, soit dans une armoire, et mieux encore dans la boîte à chlorure de calcium qui se trouve chez M. Marion (p. 262). Le fixage doit se faire le [)lus tôt possible ordinairementdans la même journée; toutefois au moyen de la boîte à dessiccation on peut retarder jusqu’au lendemain ou même plus tard. Cependant les épreuves auront plus de fraîcheur lorsqu’on ne tardera pas trop à les fixer.
§ 181. Fixage et Virage. — L’épreuve en sortant du châssis est toujours sensible â la lumière, et elle ne tarderait pas â noircir d’.une manière égale sur toute la surface si on la laissait au jour et si on n’enlevait pas la substance sensible par une operation qu’on appelle le fixage. Cette opération se fait le plus souvent en immergeant la feuille dans une solution d’hyposulfite de soude. Maisl’image prend dans ce bain un ton rouge désagréable; que l’on peut faire tourner au violet, au bleu, au noir, par une autre opération que Ton appelle le virage. Le virage est donc la modification de la teinte de l’épreuve.
L’opération du virage et celle du tixage marchent ensemble: h^ [>!us souviml le virage précède le fixage, d’anires fois il le suit, on h's dimx opérations se font
en même temps. Laissant de côté toute idée théorique que nous reportons au chapitre suivant, nous nous bornerons à décrire, parmi les nombreux procédés qui ont été préconisés successivement, d’abord celui que nous employons de préférence, puis ceux dont nous avons vu de beaux résultats.
Avant (le commencer le virage et le fixage ou prépare les bains de la manière suivante :
Bain de virage (i ).
Prenez d’une part :
Eau 5()o""
Chloi Lire d’or . U'
Clilorhydrale d’annnouiaijue . i5
Prenez d’autre part et dans un autre vase :
Eau 5oo'‘
SlyposiiHite de soude 4^'
Après solution de l’hyposulfite de soude, versez, en
mélangeant, la première préparation dans la seconde : si on versait la seconde dans la première, il se ferait immédialement une décomposition résultant del’actiondu sel d’or en excès sur riiyposiilfite de soiîde; lorsqu’au contraire on vci'se peu a peu le chlorure d’or dans i’hyposulfite de soude, ce dernier reste toujours en excès et il ne se fait pas de décomposition.
. Bains de fixage :
nyj)0su!lii(' de soude. . . . 250^^'
Eau 1000“'
Les bains peuvent sans inconvénient être; préparés à
( I ) Itaii) do vii'r^o a ôlo ('onuTiuiiKnio par M. RcU ard à la Sexaélo) Iran oaiso do rii()l()gra|>lno.
l’avaace. Lorsqu’on emploie ce mode de virage, les épreuves ne doivent pas être tirées trop vigoureuses: elles ne perdent que très-peu au virage et au fixage.
Les opérations de fixage et de virage doivent être faites dans une pièce peu éclairée. On dispose dans des cuvettes soit en porcelaine, soit en gutta, soit en verre et en bois,
I® Deux bains d’eau ordinaire ;
2^^ Le bain de virage en quantité suffisante pour que les épreuves puissent y baigner largement ;
3^^ Une même quantité du bain de fixage;
4*^ Une large quantité d’eau pour un premier lavage.
Ces dispositions étant prises, on se lave les mains avec soin pour qu’elles ne gardent aucune trace d’hyposulfile de soude, on passe une série d’épreuves dans le premier bain d’eau, puis dans le second (on peut également bien pour ce dernier remplacer l’eau ordinaire par l’eau salée: 5 grammes de sel pour loo d’eau, additionné de 2 pour loo de bicarbonate de soude).
On porte ensuite successivement chaque épreuve dans le bain de virage, où on l’immerge au moyen d’un ou de deux pinceaux à soies un peu longues. Il faut éviter avec le plus grand soin que ce liquide ou tout autre contenant de l’hyposulfite de soude vienne au contact des doigts : ce serait une cause incessante de taches, lorsqu’on repren» drait des épreuves dans le premier bain de lavage.
Lorsqu’on a mis ainsi dans le virage, en prenant grand soin qu’il n’y ait pas de bulles d’air interposées, la série d’épreuves que l’on avait passées à l’eau, on les agite et on les retourne continuellement pour régulariser l’action du bain, et on les voit passer d’abord à un rouge plus clair qui change graduellement jusqu’au noir bleu.
On les retire alors une à une du virage et on les met
dans la solution dliyposiilfite de soude dans laquelle elles doivent rester au moins de dix minutes a un quart d’heure selon la force du papier; sous l’influence de ce bain, tout le chlorure d’argent qui restait en excès dans la feuille de papier est dissous. Les épreuves sont alors fixées et ne craignent plus la lumière. On les fait passer dans unegrande cuvette pleine d’eau, et l’on recommence pour une nouvelle série d’épreuves, en prenant la même précaution de se bien laver les mains imprégnéesd’hyposulfite de soude, pour ne pas produire de taches.
Le bain de virage marche de moins en moins rapidement ; son action est du reste variable suivant la température, suivant le nombre d’épreuves qu’il a servi à faire virer. On peut calculer en moyenne que 3 litres de bain peuvent servir pour faire virer une main de papier, soit 3o centimètres cubes ou oS'’,o3 de chlorure d’or pour une feuille 21 x 27. Lorsque son action devient trop lente, on le met aux résidus et on le remplace par une solution nouvelle.
Le bain d’byposulfite de soude peut théoriquement fixer un très-grand nombre d’épreuves, surtout lorsque par un lavage préalable à l’eau ordinaire on a éliminé l’excès de nitrate d’argent; mais dans la pratique il est bon de rester bien au-dessous de la théorie et on doit calculer que, pour fixer une main de papier, on doit employer environ 2 litres de la solution d’hyposultite de soude a 25 pour 100, soit 5oo grammes d’hyposulfite de soude cristallisé si on a soin de faire le lavage préalable, et le double si on ne lavait pas l’épreuve au sortir du châssis, ou si on la lavait immédiatement à l’eau salée. Les solutions qui ont servi se décomposent avec une très-grande rapidité : il est donc important pour la solidité future d(^ l’image de se servir chaque jour
EPHEllVES POSITIVES.
(.riiiiljaiii noiiveMuqne l’on nietle soir auxrésidus, niéiii(‘ (jiiand il n’a servi à fixer qu’un nombre d’épreuxes bien inférieur à celui que nous venons d’indiquer. Du jour au lendemain, et surtout sous l’inlluence de la lumière l’iiyposulfite de soude argentifère se décompose et peut amener la sulfuration des épreuves.
On doit donc employer pour le fixage une solution neuve d’hyposulfite de soude, ne pas fixer un trop grand nombre d’épreuves dans le bain, n’en mettre a la fois que la quantité voulue pour que les feuilles puissent nager librement dans le liquide, éviter les bulles d’air qui, empêebantsur un point l’action dissolvante du bain, produiraient des taches irréparables.
Quel que soit le mode de virage employé, le fixage à riiyposLilfite de soude reste toujours le même, nous n’y reviendrons pas, et nous allons décrire maintenant différents procédés de virage que l’on peut employer également.
§ 182. Recettes de virages. — Nous proscrivons avanî tout, et d’une manière absolue, toutes les recettes par lesquelles on produit une sulfuration. En effet, la présence du soufre amènerait tôt ou tard la destruction de l’image : nous condamnons l’usage des sulfures alcalins, l’addition des acides à l’hyposulfite de soude, l’emploi d’hyposulfite de soude vieux, c’est-à-dire ayant servi précédemment, ou, ce qui conduit au même résultat, l’addition dans le même bain, qu’on laisse alors vieillir à dessein, de nitrate ou de chlorure d’argent. Nous pensons que, jusqu’ici du moins, l’emploi des sels d’or comme virage est le moyen qui présente la meilleure garantie de solidité; aussi nous recommandons principalement les formules ([ui en prescrivent l’usage.
DEUXii^:Mr: partie.
i"" Le plus simple de tous les procédés de virage eousiste dans l’emploi du chlorure d’or neutre, ou du chlorure double d’or et de sodium préalablement dissous dans l’eau, sans addition d’acide à la dose de :
Eau distillée.. looo»^
Chlorure d’or. i
(ou chlorure double, poids éc|uivaleul).
On peut l’employer en solution étendue du double.
On se sert ordinairement de ce bain pour faire virer une épreuve préalablement fixée a l’hyposulfite de soudé, puis lavée à plusieurs eaux de manière à éliminer complètement ce dernier sel; l’action est très-énergique pour les deux ou trois premières épreuves qui prennent rapidement un ton bleu un peu froid, mais ensuite la réaction devient plus modérée, et en la surveillant on peut l’arrêter quand l’image a atteint la nuance que l’on désire en passant du brun au noir bleu. Cette solution sert très-longtemps si on a soin de bien laver les épreuves avant de les y plonger : il faut seulement l’entretenir en ajoutant un peu d’or quand on voit que l’action devient trop lente ; elle s’altère au contraire très-vite si les épreuves contiennent encore de l’hyposulfite de soude. Ce mode de virage, ne réussit pas toujours bien avec les papiers albuminés.
Un moyen de virage assez commode, donnant de très-jolis tons en passant du rouge brun au bleu violet et noir, consiste à mêler :
Eau 5ooS‘'
Chlorure d’or . i
et à ajouter cette solution à la suivante ( i ) :
(i) Ainsi qu’il a clé dit [>. s)J)8 , on doit verser la solution de chlorure d’or dans la solution d’hyposuKite de soude, mais non la solution d’hyposiiUile dans le cldoriire d’or; ce dernier sel étant en excès, il se ferait une décone position.
Eau 5oo
Myposulfite de soude. . 200
Ori obtient ainsi un litre d’un liquide fixateur dans lequel on plonge l’épreuve en la sortant du châssis positif sans la passer à l’iiyposulfite de soude seul. Mais ce procédé est peu économique, parce que le liquide qui a servi ne tarde pas â se décomposer; on doit donc s’en servir pour fixer tout de suite une certaine quantité d’épreuves, les premières sont toujours les plus belles: il faudrait ne prendre que la quantité de liquide nécessaire pour fixer une ou deux épreuves â la fois et le renouveler ensuite.
3^ On peut également fixer l’épreuve comme à l’ordinaire dans riiyposulfite de soude seul, et, après l’avoir lavée â une ou deux eaux, la mettre dans la solution d’or et d’byposulfite que nous venons d’indiquer; cette solution peut alors se conserver plus longtemps et donner de beaux résultats, mais ces résultats sont plus prompis si on emploie un liquiile plus riche en or, soit :
Eau
Chlorure d’or 2,
qu’on mélange dans la solution d’byposulfite de soude â 200 grammes d’byposulfite pour 5oo grammes d’eau.
4^^ On emploie souvent le sel d’or de Fordos et Gélis f.byposulfite double dior et de soude) pour remplace]* le chlorure d’or, soit seul, soit mélangé à un excès d’byposulfite de soude. Ce sel est d’une grande pureté et n’introduit dans les liains aucun acide ni aucune substama? étrangère. Il n’entraîne la formation d’aucun corps nouveau qui puisse en s’altérant amener la sulfuration des épreuves, il faut seulement augmenter un peu la dose, et au lieu d’un gramme de chlorure d’or nu'ttre iS^^Sode sel d’or.
^rjf^ DEUXIÈME PARTIE.
5® Lorsqu’on a des’papiers qui jaunissent facilement, même avant l’exposition à la lumière, ou qui ont jauni parce qu’ils sont préparés et quelquefois même tirés en épreuves positives depuis trop longtemps, on emploiera de préférence le bain de virage à l’iiypochlorite de chaux, communiqué à la Société de Photographie par M. Legray, en janvier ! 809.
Au sortir du châssis on lave rapidement à deux eaux l’épreuve que l’on doit tirer un peu vigoureuse, puis on la met dans un bain composé de :
Eau 1000^*=
Hypochlorite de chaux sec (chlorure
de chaux do commerce)
Chlorure d'or i
On délaye d’abord l’hypochlorite de chaux avec un peu d’eau dans un petit mortier de verre ou de porcelaine, on l’ajoute dans la solution d’or, et on filtre le tout. L’épreuve prend dans ce bain un beau ton noir dans les parties foncées, les parties claires deviennent au contraire d’un blanc très-pur; on passe de nouveau deux fois à l’eau ordinaire pour enlever l’hypocblorite de chaux, et on fixe dans l’iiyposulfite de soude à ^5 pour 100.
Souventau fixage répreuve revient à un ton trop rouge qu’on peut modifier, soit en ajoutant dans l’hyposulfite de soude i gramme de chlorure d’or par litre de solution, soit en continuant le virage, avant fixage, dans le bain indiqué par M. Bayard, § 181 .
6° M. Maxwell Lyte emploie comme sels alcalins qu’il mélange au chlorure d’or, le phosphate ou le borate de soude; il obtient ainsi de beaux tons noirs imitant la gravure, soit avec le pa|)iei* salé simple, soit avec le papier albuminé.
L’épreuve sortant du châssis est lavée d’abord à l’eau ordinaire, puis â l’eau salée; on l’immerge ensuite dans le bain de virage suivant :
Chiornre fl’or
Pliosphale de soude ... 20
Eau distillée i''^
Dans cette solution l’épreuve prend ra})idement un ton noir en passant par le pourpre et le violet; on l’arrête suivant la nuance que l’on préfère, en tenant compte toutefois que dans l’hyposuitite de soude elle changera de teinte en retournant vers le ton rouge.
. On abandonne ensuite l’épreuve dans un bain d’eau pendant une heure environ, et on la fixe et on la termine enfin par le bain d’byposulbte de soude à 25 pour loo et les lavages convenables.
On peut remplacer le phosphate de soude par le borax (borate de soude) et on obtient les mêmes résultats.
7® M. l’abbé Laborde a proposé l’emploi d’un mélange de chlorure d’or et d’acétate de soude dans les proportions
ci-dessous :
Eau looos*’
Acétate de soude .... 3o
Chlorure d’or i
On abandonne le mélange jusqu’à décoloration, ce qui a lieu dans les vingt-quatre heures, et on l’emploie comme les virages précédents.
L’épreuve sortant du châssis est plongée dans ce bain dont on suit l’action; elle prend les teintes diverses rouge, violacée, bleue, etc., etc. Lorsqu’elle a pris la teinte reconnue la meilleure par expérience, on la fixe comme nous avons dit ci-dessus dans un bain d’hyposulfite de soude à ^5 pour loo.
•2^6 DEUXIÈME EAETIE.
8*^ On peut employer aussi le chlorure d’or rendu acide par l’acide chorhydrique, soit la solution sui-
vante :
Eau looo^*^
Chlorure d’or i
Acide chlorhydrique. ... lo
Cette solution est excellente pour ramener des épreuves qui sont sorties trop vigoureuses du châssis positif. On commence par laver à deux eaux pour enlever l’excès de nitrate d’argent, on affaiblit par la solution d’or acide, on lave de nouveau et on fixe à l’hyposulfite de soude.
9° M. de Caranza a proposé de substituer au chlorure d’or le bichlorure de platine, qui donne des tons très-artistiques (i ). îl a décrit ainsi son procédé :
îl faut laisser l’image positive que l’on veut fixer )> par ce procédé se développer à la lumière, jusqu’à » ce que les blancs soient arrivés à une teinte violacée, » et que dans les plus grands noirs le chlorure d’argent » soit passé à l’état métallique. Cette épreuve est alors retirée du châssis et plongée entièrement dans une cuvette de porcelaine, contenant une quantité de la )’ dissolution suivante assez considérable pour baigner » complètement la feuille positive :
Eau distillée 2000^'
Chlorure de platine à l’étal
presque sirupeux .... U'*'
Acide chorhydrique So^’’
L’épreuve prend, après quelques secondes d’immer- ) sion, une couleur bleu-gris, les parties métallisées de-
(1) Bulletin de la Société française de Photographie , année t856, n° 3.
» poiiserveiit. Oii la relire de la solution au iiiomeui où » î’iiiiage paraît avoir aequis toute l’harniouie désirable. » Alors ou la plonge dans une euvette et on la lave, en » ayant soin de ehanger Teau einq ou six fois ; on a une » autre euvette dans laquelle on inet un lait de craie, ’> l’épreuve y est agitée environ trois minutes ; puis on lave de nouveau deux ou trois fois avec de l’eau » pure.
» Toute cette opération doit avoir lieu à la lumière >> diffuse, pour ne pas teinter l’épreuve.
» On l’immerge ensuite dans la solution suivante :
Eau distillée
tSyposulfiie de soude. .
1 ÜO
Dès que l’épreuve est plongée dans cette solution « d’iiyposullite, elle est ramenée a des tons noirs très™ vigoureux', les demi-teintes prennent une couleur rosée V (|ui donne à l’ensemble une harmonie extraordinaire,
» les blancs sont parfaitement conservés.
» Un quart d’heure suffit pour tixer, et après le traite"» » ment par l’eau l’opération se trouve terminée. »
Lorsque les épreuv es ont été fixées et virées en em»* ployant les sels d’or, on peut leur donner un ton rouge très-vif, presque carmin, par un procédé que nous a indiqué M. le vicomte Vigier. On les immerge dans un bain d’eau dans lequel on a ajouté (|uelques gouttes seulement d’une solution saturée de biehlor4.ire de mercure; une (j uantité trop considérable de ce réactif ferait entièrement disparaître l’image.
I M. Humbert de Molard emploie un procédé de virage tout à fait différent de ceux (jiie nous avons indiqués, qui mérite d’étre cité à cause de son extrême rapi™
(lité, l’épreuve étant fixée, et M. Humbert • de Molard se sert de préférence, pour le fixage, d’une solution d’ammoniaque étendue de cinq fois son volume d’eau; il la lave à plusieurs eaux qu’il rejette, et, la feuille restant collée sur le fond de la bassine, il verse dessus 25o grammes d’eau environ, dans laquelle il a pTéalablement versé huit à dix gouttes de la solution de son cyanure iodeux.
Ce liquide, que M. Humbert de Molard appelle iodeuxy est un mélange d’iodure de potassium et d’iodure de cyanogène dont voici la recette textuelle : « Dans ^5 grammes d’eau distillée, dissolvez 1 gramme de cyanure de potassium, ajoutez de l’iode en excès et agitez jusqu’à ce que la solution prenne la teinte de la bière; elle est alors prête à servir. La réaction est très-rapide et l’épreuve, rouge en sortant du bain ammoniacal, passe rapidement par une série de tons bruns, bistres, noirs, gris, etse décolore complètement si l’action est prolongée; il faut avoir tout prêt un verre d’eau qu’on jette immédiatement sur l’épreuve pour arrêter le virage; on lave ensuite à plusieurs eaux et on laisse sécher. »
Ce procédé, qui réussitbien , lorsqu’on en a acquis l’habitude, pour les épreuves non albuminées, réussit également pour les épreuves albuminées, maisseulement si elles ont été préalablement virées dans un bain d’or; il est surtout précieux lorsque l’on emploie les papiers jaunis, il ramène immédiatement les épreuves à un ton très-frais et très-vif. On l’emploiera encore avec avantage pour dégrader des épreuves trop foncées ; mais il arrive souvent alors (|ue l’épreuve prend en séchant un ton verdâtre un peu froid que l’on peut lui enlever par un nouveau bain d’byposidfite de soude.