V EUS
(les plans. Le leeteur a déjà compris (]ue nous voulions parler du grandissement.
»Pour obtenir l’image des objets dans les conditions où nous les voyons nous-mêmes, qu’y-a-t-il à faire? Contruire un instrument pour lequel l’infini, si nous pouvons nous exprimer ainsi, commence à la distance où nous nous plaçons, où se met un artiste pour regarder ou copier un paysage; une chambre noire qui soit en un mot comme un véritable œil conservant l’impression qu’il reçoit des objets extérieurs.
» C’est par cela que nous avons commencé.
» Nous avons construit un petit appareil auquel nous avons donné le nom de chambre automatique , parce qu’elle ne se met pas au point; elle se trouve réglée à l’avance et le point est fixé pour tous les plans. Essayée déjà par un grand nombre d’amateurs, elle a donné d’excellents résultats.
» C’est une petite boîte d’un décimètre carré , dont l’objectif, réglé comme nous l’avons indiqué par des moyens micrométriques et sur l’image aérienne, donne un champ de netteté d’une grande finesse dont la diagonale est de 85 millimètres et suffisant pour couvrir une glace de 6 centimètres carrés. Cette chambre noire se place dans une boîte de la dimension de celle des peintres paysagistes, laquelle contient les produits chimiques nécessaires pour plus de cent épreuves, et sert de laboratoire pour opérer en pleine campagne par la voie humide. Réduit à des proportions aussi insignifiantes, le bagage du photographe permet d’explorer les sites d’un accès difficile, de s’installer partout et seulement à une douzaine de pas des objets dont on veut faire les premiers plans. Reproduisant le paysage à la distance où nous nous plaçons nature! icoîenl pour le
regarder, posée sur une plancliette d’un diamètre calculé pour que les deux images soient faites à Técartement moyen de nos yeux, elle donne en même temps que des épreuves qui supportent un très-fort grossissement, des stéréoscopes d’un relief naturel et qui ne présentent pas l’aspect de découpures de carton sans épaisseur.
» Les plans de ces images conservant entre eux, à quelque dimension qu’on les amène, les rapports qu’ils ont pour nos yeux dans la nature, les artistes n’auront plus à reprocher à ces épreuves agrandies le manque de perspective et de profondeur.
» Après avoir démontré que, pour obtenir par grandissement d’une épreuve photographique l’effet d’un véritable dessin, il faut d’abord que cette dernière soit prise à la distance où nous nous placerions nous-mêmes pour bien voir, et ensuite qu’elle soit très-nette depuis les premiers plans jusqu’à l’horizon, nous n’ajouterons que quelques mots sur l’opération même du grandissement.
» Nous nous contenterons de poser quelques principes dont l’expérience comme la théorie nous ont démontré l’importance (i).
»Powr V éclairage. on emploie les lentilles qui concentrent l’action du soleil, il est nécessaire de replacer au moyen d’une lentille négative, d’un foyer complémentaire de la première, le faisceau convergent dans les mêmes conditions que si la lumière venait de l’infini. La lumière solaire doit traverser le cliché perpendiculairement à son plan.
))Tout cliché éclairé, comme dans l’appareil américain.
(i) pour les détails de la chambre automatique et des procédés d’amplilication, détails qui ne rentrent pas dans le cadre de cet ouvrage, je BuUdin dr la Soriétc de Photo^jnphir^ année 1860, page 174.
DIVERS. 32 1
par un faisceau de lumière convergente, ne peut donner une image nette.
» Pour r amplification. — Tout objectif dont la surface entière des lentilles ne sera pas employée à la formation de l’image et qui ne sera pas diaphragmé à la distance de son foyer principal, donnera lieu à une aberration d’autant plus nuisible à la netteté des résultats que l’image sera plus grande.
» Nous avons proposé pour l’opération du grossissement les dispositions rationnelles que nous employons depuis dix ans dans nos expériences, et qui nous ont permis d’atteindre, avec une netteté qui ne sera contestée par personne, l’énorme amplification de 1,600,000 surfaces. Dans ces dispositions, la lumière traverse le cliché perpendiculairement à son plan en un faisceau de rayons parallèles entre eux, lequel tombe ensuite sur toute la surface de l’objectif diaphragmé à son foyer principal. Aucun phénomène de diffraction ne se produit avec cet appareil, l’image est nette et également éclairée jusqu’aux bords; la lumière est vive et l’opération est par conséquent relativement rapide.
» Du reste nous ne sommes pas très-partisan des épreuves tirées directement sur papier au chlorure d’argent, ou même sur papier négatif dont les tons ne nous semblent pas favorables.
» Par sa lenteur, cette méthode donne lieu à tant d’insuccès, à tant de mécomptes, que, malgré ses apparences de simplicité, elle demande plus de peine que celle dont nous nous servons, et ne donne pas à beaucoup près d’aussi bons résultats.
» Nous avons préféré proscrire de nos instruments les lentilles concentratrices qui, n’étant pas achromatiques et absorbant beaucoup de lumière a cause de leur épais-
DEüXIKlVîIl paktie.
seur, irapporlent (|ii’uîi supplément d’éclair age bien in-' férieur a celui que l’on suppose. Il nous a semblé préfél’able défaire construire, pour grandir les épreuves delà chambre automatique et celles des stéréoscopes, un appareil simple, peu pesant, qui se manie avec facilité, n’échauffe pas les clichés et en donne des images nettes, même sur une surface de plusieurs mètres. Il se compose simplement d’un mouvementparailactique permettant de placer incessamment le soleil dans l’axe de l’instrument ; d’un miroir qui l’y réfléchit et d’un objectif qu’on met au point au moyen d’un bouton. II donne d’excellents résultats, même sur papier au chlorure d’argent, parce que le soleil par la position du diaphragme ne peut dévier d’une seconde de l’axe des lentilles sans disparaître complètement. L’image ne peut donc pas glisser sur la surface du papier sensible et donner lieu à la superposition imparfaite de plusieurs impressions successives. Mais, comme nous l’avons dit, a cause de sa lenteur, des ébranlements occasionnés à Paris, pendant l’opération, par le passage des voitures, du mouvement imprimé bien souvent a la glace par le vent, nous avons renoncé à l’emploi du procédé sur papier, qui ne donne d’ailleurs qu’une image unique. Nous aimons mieux tirer soit sur collodion sec, soit sur albumine, une petite épreuve positive dont nous réglons l’intensité comme nous le voulons. Placée dans l’appareil à grandir, cette petite épreuve est mise au point sur un carton, auquel on substitue une glace collodionnée. La pose est par cette méthode d’une petite fraction de seconde, pendant laquelle on n’a à craindre ni le déplacement du soleil, ni aucune espèce d’ébranlement. On a presque toujours et du premier coup, par ce procédé, un excellent négatif qui permet de tirer ensuite des épreuves.
DIVERS
» Nous terniineroDS en faisant reniaiajiier que tout ee que nous avons dit à propos du paysage , peut également s’appliquer aux portraits et aux autres objets de haut relief.
» Avec un objectif quelconque, tout portrait fait plus grand qu’au centième de sa hauteur ou au dix-millième de sa surface sera nécessairement déformé, ne pouvant présenterai! point qu’un seul plan. Comme les déformations croissent avec le carré des grossissements, le lecteur se rendra compte du triste effet qu’ont produit sur lui les portraits grandis, dont les types n’ont pas été faits conformément a cette loi inflexible.
^ » Il est indispensable, pour obtenir de bons résultats,
sinon de s’y renfermer rigoureusement, du moins de s’en rapprocher assez pour que ces déformations, qui font à juste titre crier les artistes et sont désagréables à tout le monde, deviennent à peu près insensibles. Plus le type ‘primitif sera petit, plus l’épreuve grandie sera d’un dessin exact et conforme à la nature. »
§ 201. Epreuves microscopiques. — Pour obtenir ces épreuves, qui nesontvisibles que sous un fort grossissement, M. Bertsch vient de construire une petite chambre noire spéciale, dont la mise au point est invariable et rigoureusement déterminée pour une distance quelconque a partir d’un mètre. On peut reproduire ainsi avec des clichés ordinaires des épreuves posi tives microscopiques de la plus grande finesse. Xputes les opérations sont les mêmes que pour obtenir une épreuve positive à la chambre noire, § 135; on doit seulement avoir soin d’employer un collodion bien fluide et ne donnant pas de réseau.