EXTENSION UES PROCEDES DE GRAVURE
§ 241. Incrustations, — M. Niepce a fait plusieurs applications remarquables de son procédé que nous avons rapporté plus haut. Substituant le marbre ou le verre à la planche d’acier, il a obtenu par les mêmes moyens des dessins formés par une couche de bitume de Judée inattaquable par les acides étendus; partout où la lumière ne frappe pas, le dissolvant employé pour faire paraître l’image laisse a nu la surface du marbre ou du verre. Il suffit pour obtenir un dessin en creux d’attaquer le marbre par l’acide azotique étendu, ou le verre par l’acide fluorhydrique. Le dépoli, résultant de l’action de l’acide, donne une image exacte du dessin, dont on peut augmenter l’intensité et varier les effets surtout quand il s’agit du marbre, en remplissant les creux de divers oxydes métal- . liques colorés.
§ 242. Damasquinure, — Ces mêmes procédés permettent égalementd’obtenir sur métal une damasquinure héliographique. Il y a deux manières différentes de procéder.
L’enduit de bitume de Judée, ayant donné un dessin par l’action de la lumière, forme sur la surface qu’il recouvre une réserve qui s’oppose aux diverses réactions que l’on veut faire subir àla plaque. Si cette plaque est formée de deux métaux superposés, il suffira d’attaquer le métal superficiel pour mettre à nu le métal sous-jacent, et la
réserve de bitume s’opposant a l’action de l’acide dans les différentes parties où elle est restée insoluble, on obtiendra ainsi par enlevage \xw^ dainasquinure, c’est-a-dire un dessin formé par deux métaux de couleur différente.
On réalise un effet du même genre, en prenant une plaque formée d’un seul métal, en la recouvrant d’un dessin héliographique au moyen du bitume de Judée et la plongeant ensuite dans un bain métallique et même en la soumettant dans ce bain à l’action d’un courant électrique. Le métal en solution dans ce bain se dépose sur la plaque partout où il n’y a pas de bitume de Judée formant réserve et donne ainsi un effet de damasquinure par application .
LITHOPHOTOGRAPHIE.
§ 243. Emploi du bitume de Judée, — Pour obtenir sin* pierre par la photographie une image qui présente les mêmes propriétés que le dessin lithographique, il faut une substance qui réunisse les conditions suivantes :
Former sur la pierre une couche uniforme et régulière ;
Être sensible a la lumière, de telle sorte qu’un lavage ultérieur puisse mettre à nu toutes les parties blanches du dessin, et dégager les demi-teintes ;
Conserver assez d’adhérence sur la pierre pour préserver celle-ci de l’action du mordant ;
Enfin présenter un enduit susceptible de recevoir l’encre lithographique ordinaire.
Le bitume de Judée primitivement employé par Nicéphore Niepce ( page 377 ) et resté depuis sans application à la photographie, nous a paru réunir toutes ces conditions, et nous sommes parvenus en effet, par des procédés qui nous sont communs avec MM. Lemercier et Lere-
386 DEUXIÈME PARTIHT.
bours(ï), à obtenir, au moyen de cette substance, des épreuves d’une grande finesse et d’une vigueur remarquable ; nous éonseillons d’opérer de la manière suivante :
On prend une certaine quantité de bitume que l’expérience peut seule déterminer, puisque la solubilité de tous les bitumes diffère sensiblement. On le broie en poudre fine, et l’on en fait une dissolution dans l’éther. Cette dissolution éthérée doit être faite de telle sorte que, répandue sur la pierre, elle y laisse une couche très-mince régulière et formant non pas un vernis, mais ce que les graveurs appellent un grain : en observant la pierre avec une loupe, on doit constater que cette couche présente sur toute sa surface une sorte de cassure régulière et des sillons où la pierre est mise à nu. La finesse de ce grain, que l’on obtient parfait avec un peu d’habitude, dépend beaucoup de l’état de sécheresse de la pierre, de la température qui doit être assez élevée pour produire une volatilisation rapide, enfin de la concentration de la liqueur.
Il nous paraît que l’on facilite la formation du grain, en ajoutant à l’éther une faible proportion d’un dissolvant moins volatil que celui-ci.
La dissolution de bitume ainsi préparée, on prend une pierre lithographique ordinaire, on la met parfaitement de niveau sur un pied à caler, on y passe un blaireau pour enlever la poussière, et on y verse, après avoir filtré, la quantité de liquide nécessaire pour couvrir toute la surface; l’excédant déborde et tombe de chaque côté.
(i) Les premiers essais de lithophotographie sont dus à l’initiative de M. Barreswil qui s’est associé M. Lemercier, lithographe, et M. Lerebours, opticien. Les spécimens publiés en i853 par l’imprimerie Lemercier ont été' obtenus avec la collaboration de M. Davanno.
et pour empêcher le retour du liquide sur lui-même , ce qui formerait double épaisseur, on passe sur les arêtes de la pierre une baguette de verre qui facilite l’écoulement.
On doit éviter, pendant toute cëtte opération, la moindre agitation dans l’air, provoquée, soit par l’haleine, soit par des mouvements trop brusques du corps qui produiraient des ondulations sur la surface du liquide ; le bitume serait alors d’inégale épaisseur, et l’opération devrait être recommencée.
Lorsque la couche est parfaitement sèche, on y applique un négatif ( 1 ) obtenu par un procédé quelconque, sur verre albuminé ou collodionné, et on expose à une vive lumière pendant un temps plus ou moins long que l’expérience peut seule indiquer. Quand on juge l’opération terminée, on enlève le négatif et on lave la pierre à l’étber.
Partout où la lumière a pu traverser, le bitume devenu insoluble reste sur la pierre; il se dissout, au contraire, partout où il a été protégé par les noirs du négatif. Si le temps de pose a été trop court, l’image sur la pierre est trop légère et n’offre pas de demi-teintes ; s’il a été trop prolongé, l’image est lourde et les finesses sont perdues.
Le lavage à l’étber doit être fait largement; sans quoi, il se formerait des taches que l’on ne pourrait plus enlever.
L’épreuve, bien réussie et sèche, reçoit alors les mêmes préparations qu’une épreuve faite au crayon lithographique; elle est d’abord acidulée à l’acide faible additionné de gomme pour ménager les blancs et donner plus de
(ï) Pour la lithographie et les planches en relief, on emploie un négatif; pour les planches en creux, on se sert d’un positif.
transparence au dessin, lavée ensuite à grande eau, s’il y a lieu, à l’essence de térébenthine, et enfin encrée avec l’encre lithographique ordinaire. Une pierre bien préparée, convenablement acidulée, dont le bitume n’a pas été brûlé par une exposition trop longue, doit prendre l’encre immédiatement quand on passe le rouleau, et donner un dessin d’un grain serré et régulier, sans qu’il soit nécessaire d’y faire la moindre retouche. On tire avec cette pierre comme avec toute autre pierre lithographique ; le dessin s’améliore beaucoup au tirage, il devient plus transparent et plus brillant. On peut obtenir un même nombre d’épreuves qu’avec le procédé ordinaire de la lithographie; jusqu’ici nous n’avons pas vu une seule pierre qui fût fatiguée, pourtant nous en avons préparé un grand nombre, et nous avons eu l’occasion de faire un tirage assez considérable.
§ 244. Emploi du bichromate de potasse, — M. Poitevin a donné la description suivante du procédé dans lequel il remplace le bitume de Judée par le mélange d’un sel chromique avec une matière organique soluble, mélange déjà proposé par M. Talbot pour la gravure :
« Pour préparer les pierres lithographiques, j’applique » àleursurfaceun mélange de matière organique (gomme, » gélatine, albumine) et de dissolution concentrée et à » volume égal de chromate ou de bichromate de potasse. » Après dessiccation de la couche sensible, je place le » cliché du dessin à reproduire et j’expose à. la lumière; » puis je recouvre la pierre d’une couche uniforme » d’encre lithographique au moyen d’un rouleau ou d’un » tampon; en mouillant ensuite à l’éponge et passant le » même rouleau, l’encre disparaît. Le dessin s’égalise en ») lui faisant subir les opérations litbograpbiquês con-
» nues, c’est-a-dire l’enlevage à l’essence et le réencrage )> au rouleau ; il est ensuite gommé, encré de nouveau, et acidulé , puis soumis à l’impression lithographique ordinaire. »
§ 245. M. Poitevin a également cherchéàutiliser le gonflement de la gélatine, pour obtenir par le moulage des reliefs et des creux pouvant servir à l’impression typographique et même à l’impression en taille-douce.
Pour cela on coule sur une glace posée de niveau une couche de gélatine, qu’on laisse sécher spontanément. On immerge ensuite cette glace dans une solution concentrée de bichromate de potasse; quand le liquide a pénétré la gélatine, on lave rapidement pour enlever l’excédant et on laisse sécher dans l’obscurité. On place sur cette glace préparée un négatif de gravure très-net et très-vigoureux, et on expose. La planche impressionnée est mise dans l’eau froide ; partout où la gélatine n’a pas reçu l’action lumineuse, elle se gonfle; alors on moule en plâtre. C’était sur ce moule en plâtre que M. Poitevin proposait de tirer les clichés galvaniques qu’on aurait appliqués a la typographie.
§ 246. M. Asser etM. le colonel James ont également donné des procédésde lithographie basés sur la réaction du bichromate de potasse et des matières organiques en présence de la lumière ; mais, au lieu de faire directement l’épreuve à l’encre grasse sur la pierre, ils commencent par l’obtenir sur papier et la reportent ensuite sur pierre ou sur zinc par les moyens connus.
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VOCABULAIRE
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Acëtate d’amiiionlaciue.
( AzH% HO, 960,50 par O = 100 ou par 77 H = i.) (i)
Ce sel, composé d’acide acétique et d’ammoniaque, connu autrefois sous le nom d’esprit de Mendererus, a été appliqué aux opérations photographiques comme agent accélérateur pour faire paraître les épreuves négatives : on l’emploie mélangé à l’acide gallique. On le prépare en saturant l’ammoniaque liquide du commerce par l’acide acétique ordinaire, de telle sorte que la dissolution rougisse légèrement la teinture de tournesol bleue; on ajoute alors de nouveau une très-petite quantité d’ammoniaque jusqu’à ce que le papier rouge, laissé dans la liqueur, reprenne sa teinte bleue; le liquide filtré est concentré par la chaleur. Pour obtenir plus facilement ce sel cristallisé, on peut employer l’acide acétique cristallisable et y faire passer lentement un courant de gaz ammoniac.
(i) Afin de correspondre avec les divers Traités de Chimie nous donnons deux équivalents; le premier O = 100 est calculé d’après l’oxygène, le second H = i Va été d’après l’hydrogène. On peut obtenir ce second nombre en divisant le premier par ia,5o équivalent de l’hydrogène. [Voir le tableau des équivalents, page 8.)
ALcctate d’arg^ent.
(AgO, 2o86,5o par O ou 167 par H.)
Composé formé de i équivalent d’acide acétique et de I équivalent d’oxyde d’argent, peu soluble dans l’eau et encore moins dans une dissolution contenant soit des acétates solubles, soit de l’azotate d’argent. Ce peu de solubilité fait qu’il se dépose en fines aiguilles toutes les fois qu’on mélange une dissolution légèrement concentrée d’azotate d’argent, avec une dissolution d’un acétate soluble quelconque, de potasse, de soude, d’ammoniaque ou de chaux, ou que l’on ajoute une base ou un carbonate dans un bain d’acétonitrate d’argent.
D’après ces propriétés on se rend facilement compte des diverses réactions qui se produisent lorsqu’on met en contact l’acétonitrate d’argent avec le noir animal qui renferme des carbonate et phosphate de chaux; l’acide acétique contenu dans l’acétonitrate est saturé par le carbonate de chaux : en totalité ou en partie, suivant la quantité du noir ajouté, il se fait de l’acétate de chaux qui, en contact avec l’azotate d’argent, donne immédiatement lieu à une double décomposition; il se forme alors de l’azotate de chaux et de l’acétate d’argent, lequel se dépose en longues aiguilles. Ce traitement de l’acétonitrate par le noir animal accélère, dit-on, la formation de l’image. Cette opération revient, en effet, d’une part, à ajouter des acétate, phosphate et azotate de chaux, que l’on dit être agents accélérateurs, et à supprimer ou neutraliser une partie de l’acide acétique qui retardait l’impression lumineuse. L’acétate d’argent pur est peu soluble, mais il se dissout cependant entièrement dans l’eau distillée ; calciné, il laisse un résidu d’argent métallique pur qui ne cède rien à l’eau.
Acëtate de eliaux. *
(CaOC^H^Ob anhydre 987 ,5o par O ou 79 par H.)
Analogue à l’acétate d’ammoniaque et composé d’acide acétique et de chaux, on l’obtient directement en versant de l’acide acolifiue ordinaire (acide pyroligneux du commerce) sur
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du carbonate de chaux (craie ou blanc de Meudon, ou blanc d’Espagne) : il faut avoir soin que le carbonate soit en excès. On décante la dissolution après quelques heures de contact, et on la concentre par la chaleur jusqu’à ce qu’il se forme une croûte à sa surface ; on filtre; on abandonne alors au refroidissement et on recueille le corps solide souvent cristallisé en fines aiguilles.
L’acétate de chaux pur est entièrement soluble dans l’eau distillée; la dissolution très-étendue yC esX pas précipitée par une goutte de dissolution d’azotate d’argent, ni par l’addition de son volume d’alcool.
L’acétate de chaux a été conseillé par quelques photographes comme agent accélérateur pour faire sortir les épreuves négatives; on ajoute quelques gouttes d’une dissolution saturée d’acétate de chaux à la dissolution également saturée d’acide gallique, et on verse ce liquide d’un coup sur l’épreuve humide.
Acëtate tle plomb [sel de Saturne).
(PbOOfPO 3 HO =: *2369,08 par O ou 190 par H.)
Proposé comme les acétates d’ammoniaque et de chaux pour accélérer la formation des images négatives, il est composé de I équivalent d’acide acétique uni à i équivalent d’oxyde de plomb et à 3 équivalents d’eau de cristallisation. On le prépare facilement en traitant la litharge par l’acide acétique en excès, et faisant cristalliser le produit; on le trouve suffisamment pur dans le commerce.
C’est un poison violent, et le nom de sucre de Saturne^ qui rappelle sa saveur sucrée, a été cause de plus d’une méprise et d’applications dangereuses. L’acétate de plomb est entièrement soluble dans l’eau distillée, à la faveur d’une trace d’acide acétique; calciné, il laisse un résidu jaune d’oxyde de plomb qui est à peu près insoluble dans l’eau. .
Acëtate de soude cristallisë.
(Na O C'* PL0^6H0 — 1699,67 par O ou i36 par H.)
Ce sel est préparé en grande quantité pour la fabrication de
l’acide acétique cristallisable, en mélangeant l’acétate de chaux avec le sulfate de soude, séparant le précipité de sulfate de chaux et faisant cristalliser l’acétate. A cet étal il est toujours mélangé d’impuretés qui le rendent impropre à son emploi en photographie, surtout à la composition du bain de virage d’acétate de soude mélangé de chlorure d’or qui a été conseillé par M. l’abbé Laborde; la présence de matières étrangères et de quelques matières sulfurées amène une décomposition rapide de la solution. Il faut donc employer de l’acétate de soude préalablement purifié par cristallisations successives et par fusion à la température rouge sombre. On peut du reste trouver ce sel convenablement pur dans le commerce des produits chimiques. Essayé avec une solution de chlorure d’or, il ne doit pas donner de précipité sensible (i).
Acëtiqise (Acieîe), vinaigre.
(C^H^O^HO 75o par O ou 6o par H.)
Cet acide, d’une énergie très-grande, peut être obtenu à l’état solide ; il se liquéfie à la température ordinaire : c’est un liquide incolore. On le trouve dans le commerce sous le nom ^ acide acétique cristallisable. 11 a au plus haut degré l’odeur et la saveur piquante du vinaigre, qui est (chimiquement parlant) de l’acide acétique impur étendu d’eau. On l’emploie, en photographie, pour faire avec l’azotate d’argent un mélange que les photographes sont convenus d’appeler acétonitrate d'argent (acélo-azotate).
On peut obtenir l’acide acétique de deux manières, soit par l’oxydation de l’alcool, soit par la distillation en vase clos de matières organiques, et surtout du bois. Dans le premier cas, le liquide alcoolique est soumis dans des conditions spéciales à l’influence de l’air, et l’alcool ne larde pas à se transformer en vinaigre ou acide acétique. Dans le second procédé, il suffit de calciner des matières organiques à l’abri de l’air, pour les pré-
(i) II est probable que tous les divers acétates peuvent se remplacer les uns par les autres dans leur application à la photographie pour positifs ou négatifs.
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server de la coiiibustiuri, et de recueillir les produits de la distillation, qui sont toujours mélangés d’une forte proportion d’acide acétique. On peut, par une seconde distillation, obtenir un acide acétique peu concentré, que l’on vend dans le commerce sous le nom à' acide pyroligneux ; on sature l’acide pyroligneux impur par la chaux, puis oii transforme l’acétate de chaux en acétate de soude, et après avoir purifié ce dernier, en le fondant à la température rouge sombre, on le décompose par l’acide sulfurique; on obtient par distillation l’acide acétique cristallisable du commerce. On peut, en photographie, remplacer l’acide acétique cristallisable par l’acide pyroligneux préalablement rectifié, mais ce dernier étant moins concentré, on devra doubler les proportions.
L’acide acétique pur, soumis à l’évaporation, répand une odeur caractéristique , mais ne laisse aucun résidu ; il n’est précipité ni par l’azotate d’argent, ni par l’azotate de baryte.
Aeëtoiiiti*%te {voir Acide acétique et Azotate
d’argent).
Uacétonitrate d’argent est un mélange d’azotate d’argent (nitrate d’argent), d’eau et d’acide acétique qui sert à donner la sensibilité aux papiers et aux glaces préparées : ce nom, que nous ne pouvons pas changer, n’a pas été heureusement choisi; il indique une combinaison chimique, or rien ne prouve qu’il y ail réellement combinaison entre l’azotate d’argent et l’acide acétique, les deux corps gardant chacun leurs propriétés distinctes, et les proportions du mélange étant indéterminées. Nous devons seulement prémunir nos lecteurs contre les idées fausses que cette dénomination pourrait faire naître en eux. La composition des divers bains d’azotate d’argent et d’acide acétique est indiquée à chaque préparation.
Acides.
Nous rangeons sous ce nom les corps (pii s’unissent aux bases pour former des sels (§ 7). Voir pour les caractères spéciaux au nom de chaque aride,
Air.
Gaz qui constitue l’atmosphère, mélange d’oxygène et d’azote.
Voir (§ 24) l’article spécial qui lui a été consacré.
Albumine.
Principe immédiat du blanc de l’œuf et du sang (sérum).
Voir § 46 pour ses propriétés; § 138 pour son emploi sur verre, et § 178 pour son application au papier positif.
Alcali.
On a donné le nom général à'alcali aux hases [voir § 7) très-solubles dans l’eau qui possèdent au plus haut point la propriété de ramener au bleu la teinture de tournesol rougie par les acides, de verdir le sirop de violette, de brunir le papier de curcuma : telles sont la potasse et la soude caustiques en dissolution dans l’eau. La dissolution aqueuse du gaz ammoniac (l’ammoniaque), qu’on a rangée parmi les bases, a reçu le nom à’ alcali volatil.
Alcool.
par O ou 4^ par H.)
C’est un corps liquide, volatil, nommé communément espritde-vin, s’enflammant et brûlant à l’air avec la plus grande facilité; nous avons expliqué sa production §42. On doit toujours, pour les opérations photographiques, se servir d’alcool rectifié; on peut, pour alimenter les lampes, employer l’alcool ordinaire (trois-six du commerce). Au moyen de V alcoomètre centésimal de Gay-Lussac, on connaît directement la valeur réelle d’un alcool, c’est-à-dire on sait combien 100 parties de liquide contiennent d’alcool absolu à la température de i5 degrés, en admettant toutefois que le liquide ne renferme que de l’alcool et de l’eau.
Alliages.
Nous avons dit que l’on appelait ainsi les combinaisons, définies ou non définies, des divers métaux entre eux.
Æluiiiiiie.
VOCABULAIHE.
(APO^= 541 ,80 par 0 ou 52 par H.)
Composée de 2 équivalents d’aluminium pour 3 d’oxygène, l’alumine est la base des argiles et des poteries; elle entre dans la composition du tripoli. On peut obtenir de l’alumine parfaitement pure et en poudré légère, en calcinant lentement de l’alun ammoniacal pur et poriant ensuite le résidu à une température rouge; cette poudre, soumise à la lévigation, est bonne pour polir les plaques.
Al timiiii uni .
(Al = 170,90 par O ou i4parH.)
Métal qui uni à l’oxygène constitue l’alumine, l’un des composants de l’argile, des terres, briques, porcelaines, etc. Ce métal isolé est remarquable par son extrême légèreté et l’inaltérabilité relative qu’il doit à une légère couche d’oxyde. Sa couleur le place entre l’étain et l’argent. En photographie il pourra utilement être employé comme métal, il diminuera le poids du bagage.
L’aluminium, uni au chlore et à l’iode, forme le chlorure et l’iodure d’aluminium. L’iodure a déjà été essayé dans la préparation du collodion photographique.
C’est du chlorure qu’on retire le métal au moyen du sodium.
Les matériaux sont: le chlorure d’aluminium et le sodium.
Les produits sont : le chlorure de sodium et l’aluminium.
Alun.
Sel à saveur astringente et acide, peu soluble à froid dans l’eau : c’est un sulfate double dépotasse [ou d’ ammoniaque] et d’alumine (les deux sulfates unis ensemble). L’alun entre généralement dans la préparation des encollages du papier.
Amalg^anie.
On appelle amalgame tous les alliages de mercure : ainsi le tain ordinaire des glaces est un amalgame d’étain, ce qui veut dire un alliage de mercure et d’étain. Au lieu de mercure
pour faire apparaître les images daguerriennes, on peut se servir d’amalgame d’argent ou alliage dé mercure et d’argent, que l’on chauffe à une température convenable; cet alliage, solide, est d’un emploi plus commode que le mercure, principalement pour les voyages.
Amidioii.
(Voir Chimie organique, § 37.)
La fécule de pomme de terre, qui est une substance amylacée, est souvent employée dans la confection des papiers. L’amidon possède la propriété caractéristique de prendre une coloration bleue lorsqu’il se trouve en présence d’une trace d’iode libre. On l’emploie également en photographie comme encollage supplémentaire; il empêche jusqu’à un certain point les papiers de se désagréger dans les différents bains où il est nécessaire de les laisser séjourner.
Ammoiiiae (Claas). — Ammoniaqiie (dissolution
aqueuse).
(AzH^= 212 ,5o par O ou i5 par H.)
Le gaz ammon^c est un composé de i équivalent d’azote et de 3 équivalents d’hydrogène ; il est gazeux à la température et à la pression ordinaires, très-soluble dans l’eau : on n’emploie généralement que la dissolution appelée ammonia^we liquide ou alcali volatil et qui présente toutes les propriétés du gaz ammoniac. L’ammoniaque a une odeur très-forte et très-pénétrante, elle se comporte comme une base énergique et donne avec les acides des sels utiles dans les arts, entre autres le chlorhydrate d’ammoniaque (sel ammoniac) dont nous nous servons pour préparer le papier positif. On obtient l’ammoniaque en mélangeant des poids égaux de chaux vive en poudre et de sel ammoniac qu’on introduit dans un ballon; un tube adapté au bouchon conduit le gaz, qui se dégage dans un flacon contenant de l’eau; ce gaz se dissout et donne l’ammoniaque liquide. Ordinairement l’ammoniaque du commerce suffit pour les besoins de la photographie; si l’on veut purifier cette ammoniaque, il faut la chauffer doucement dans un ballon et, au
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moyen d’un lube adaplé au bouchon de liège, amener le gaz ammoniac qui s’en dégage dans un flacon aux deux tiers rempli d’eau distillée. La quantité d’eau doit réprésenter les deux tiers environ de l’ammoniaque employée : il faut que le tube plonge au fond du flacon; peu à peu l’eau se sature de gaz et donne une solution ammoniacale excellente. L’opération est terminée quand le tube conducteur du gaz devient sensiblement chaud, ce qui est l’indice que le gaz ammoniac s’est dégagé en totalité et que c’est de la vapeur d’eau qui passe.
On reconnaît la pureté de l’ammoniaque du commerce à ce que, chauffée sur une lame de platine, elle ne laisse pas de résidu; traitée par les acides, elle ne doit pas se colorer; enfin, si dans quelques gouttes d’ammoniaque on ajoute quelques gouttes d’acide azotique pur, de manière que l’odeur disparaisse complètement et que la dissolution rougisse le papier de tournesol, l’azotate d’argent et l’azotate de baryte ne doivent produire aucun précipité dans ce mélange. L’ammoniaque dissout avec une grande facilité le chlorure d’argent blanc; on peut l’employer pour fixer les épreuves positives, mais on doit pour cela l’étendre d’au moins trois fois son volume d’eau. Un bain légèrement ammoniacal sera excellent toutes les fois qu’on voudra neutraliser l’acide en excès contenu dans les épreuves qui ont séjourné dans des bains acidulés.
(Sb — 806,45 O ^4 H. )
Métal blanc, cassant ; il entre dans la composition de divers alliages, notamment dans celui des caractères d’imprimerie ; il est jusqu’ici inutile pour la photographie. Le kermès et l’émétique sont des composés d’antimoine. Le protochlorure d’antimoine est un corps très-avide d’oxygène ; il réduit les sels d’or à l’état métallique.
Arsénié.
(As = 937,50 par O ou 75 par H.)
Métalloïde solide, gris d’acier, volatil ; jeté sur un charbon, il brûle et répand une odeur caractéristique d’ail. Ses composés
4oo
oxygénés, l’acide arsénieux et l’acide arsénique, sont des poisons : le premier est appelé improprement, dans le commerce, arsenic blanc; la poudre noire, vendue sous le nom de mort aux mouches^ est de l’arsenic impur : l’iodure d’arsenic a été proposé pour iodurerle collodion.
Argent.
( Ag = i349,oi par O ou io8 par H.)
L’argent est le métal de la photographie, soit à l’état métallique [plaqué] pour les épreuves sur plaques, soit à l’état de combinaison pour les épreuves sur verre et sur papier. L’argent métallique est le seul corps dont nous ayons à nous occuper ici; il est blanc, brillant, sans odeur ni saveur, très-ductile et très-malléable. L’argent pur n’est pas employé dans les arts; il est trop mou: on l’allie à une certaine quantité de cuivre, il constitue alors l’argent des monnaies et l’argent d’orfévrerie.
L’alliage des monnaies est au titre de c’est-à-dire qu’il ne peut contenir que ~ de cuivre.
Le premier titre d’orfèvrerie est à ne contenant que ^ de cuivre; le second à en contenant
Les médailles ne sont pas au titre des monnaies, mais au premier titre de l’orfèvrerie, soit-;^.
L’argent étant d’un prix élevé, on trouve une grande économie à revêtir des feuilles de cuivre d’une feuille d’argent ; elles constituent alors ce que l’on nomme dans le commerce le plaqué (voir Plaqué) : c’est ainsi que sont faites le plus souvent les plaques de daguerréotype. On fait encore des plaques excellentes par les procédés d’argenture, qui consistent à mettre une feuille de cuivre dans un bain de cyanure d’argent dissous dans le cyanure de potassium, décomposé lentement et sans cesse recomposé par un courant électrique aux dépens d’une lame d’argent; les plaques ainsi préparées ont sur les autres l’avantage d’être couvertes d’argent tout à fait pur, ce qui rend, dit-on, l’impression lumineuse un peu plus rapide. [Voir, pour les essais d’argent et d’azotate d’argent, § 206 et suivants.)
VOCABULAiaE.
Azotate d'aitiiiioniaque.
(Az H^AzO^HO = looo par 0 ou 8oparH. ).
Composé de i équivalent d’acide azotique et de i équivalent d’ammoniaque uni à i équivalent d’eau ; il se produit dans tous les bains d’azotate d’argent où l’on plonge des préparations d’iodure ou de bromure d’ammonium.
A* [Nitrate d’argent).
(AgOAzO^— 2124,01 par O ou 170 par H.)
C’est un sel formé d’oxyde d’argent et d’acide azotique ; on le trouve dans le commerce, soit cristallisé en belles lames transparentes incolores, soit fondu et coulé en plaques ou dans des petites lingotières ; il est alors sous la forme de bâtons blancs ou noirs auxquels on a donné le nom de crayons de pierre infernale. A ces divers états, il est toujours soluble dans l’eau, et s’il est pur il peut être employé en photographie. La solution filtrée de l’azotate d’argent doit être incolore et ne pas avoir d’action sur le papier de tournesol rouge.
Souvent l’azotate d’argent renferme, soit un excès d’acide azotique, ce que l’on reconnaît facilement à ce que la dissolution rougit le papier de tournesol, soit quelques traces d’azotate de cuivre : dans ce dernier cas, la dissolution prend une teintebleue par l’addition de quelques gouttes d’ammoniaque, ou bien le cyanoferrure de potassium y produit un précipité qui, au lieu d’être parfaitement blanc, prend une teinte légèrement rougeâtre, ou même tout à fait brune s’il y a une quantité de cuivre notable. On vend quelquefois de l’azotate d’argent renfermant des azotates de soude et de potasse, tion qu’on peut d’ailleurs facilement reconnaître si l’on verse de l’acide chlorhydrique pur en léger excès dans la dissolution de l’azotate d’argent à éprouver ; on obtient, après filtration, un liquide incolore qui, évaporé à sec, ne doit laisser^ si le sel est pur y qu'un résidu insignifiant. 11 est facile de se mettre à l’abri de toute fraude en demandant au commerce de l’azotate d’argent facturé pur et neutre (sansréaction acide). On s’assure
4o2 troisième partie.
immédiatement delà neutralité en mettant un papier de tournesol dans quelques gouttes de la dissolution de ce sel ; le papier ne doit pas changer de couleur.
La facilité avec laquelle on peut préparer ce réactif engagera tous les photographes à le faire eux-mêmes, et ils arriveront aussitôt, en suivant nos indications, à en obtenir telles quantités qu’ils voudront. Nous leur recommandons seulement d’opérer sur des poids un peu considérables, ils auront ainsi moins de pertes que dans plusieurs opérations successives.
Supposons que l’on veuille préparer loo grammes d’azotate d'argent. On prend 66 grammes d’argent pur A\\ vierge ; également employer de l’argent allié de cuivre en défalquant le poids du métal étranger [voir au mot Argent le titre des divers alliages) ; ori met cet argent (que nous supposons allié) dans une capsule de porcelaine, on verse déssus de l’acide azotique exempt de chlore, soit environ loo centimètres cubes, étendu d’un même volume d’eau, et l’on chauffe doucement sur un fourneau placé sous une cheminée qui tire bien, pour enlever les vapeurs d’acide hypo-azotique qui sont très-irritantes.
Il sera bon de renverser sur la capsule un entonnoir de verre ; on évitera ainsi les projections et les pertes de liquide: Targent sera attaqué et se dissoudra rapidement. Si les vapeurs rousses cessent de se produire avant que tout l’argent soit dissous, on décantera le liquide dans une autre capsule de porcelaine ou dans un verre, et on ajoutera de nouveau de l’acide azotique étendu en quantité plus ou moins considérable, suivant l’argent qui reste à dissoudre, en continuant ainsi jusqu’à dissolution complète. A ce point, on réunit tous les liquides dans une même capsule et on évapore à sec.
En général, pour les évaporations à sec, nous mettons la capsule de porcelaine dans un petit fourneau ordinaire sans feu; nous plaçons dessus un poêlon de terre dans lequel brûlent quelques charbons de Paris : l évaporation se fait ainsi toute seule sans qu’il soit nécessaire de s’en occuper. Quel que soit le mode d’évaporation, lorsque le nitrate est sec, on le met de nouveau sur le feu ; peu à peu la matière se boursoufle, et
VOCABULAIRE
si on chauffe davantage, elle fond et, si on a opéré sur un alliage de cuivre, elle commence à noircir, à dégager de nouveau des vapeurs rousses d’acide hypo-azotique, ce qui est une preuve que l’azotate de cuivre se décompose. On continue à chauffer jusqu’à ce que toute la matière soit passée tout à fait à l’état liquide et ait cessé de dégager des vapeurs. On doit avoir le soin de présenter au feu toute la surface de la capsule, de manière que toutes les gouttes projetées sur les bords soient également fondues et noircies.
Pour s’assurer si la décomposition de l’azotate de cuivre est complète, on prend une trace de la matière liquide avec le bout d’une baguette de verre; on la dissout dans quelques gouttes d’eau distillée, et on y verse deux ou trois gouttes d’ammoniaque. Si la dissolution ne prend pas une teinte bleue, l’action est terminée. Le feu doit être assez ménagé pour que la capsule atteigne au plus la température du rouge sonibre; en chauffant trop, on décomposerait une partie de l’azotate d’argent, et il y aurait perte. L’opération terminée, on saisit la capsule avec les pinces, on coule la matière fondue, soit sur un marbre, soit sur une assiette préalablement chauffée, et on laisse refroidir (i).
Dans cette opération, il s’est formé d’abord de l’azotate d’argent et de l’azotate de cuivre, attendu que l’on a opéré sur l’argent allié; mais l’azotate de cuivre étant décomposé par la chaleur, l’oxyde de cuivre est resté seul en poudre noire mélangé à l’azotate d’argent. On pourrait se servir immédiatement de cet azotate fondu ; le seul inconvénient qu’il présenterait
(i) Souvent, après la dissolution complète de l’argent par l’acide azotique pur, il reste au fond de la capsule des particules noirâtres qui sont de petites quantités d’or échappées à l’affinage. Cette quantité d’or est bien plus considérable, si l’argent qu’on a attaqué résulte du traitement des résidus photographiques; il vient alors des bains de virage. On recueille cet or en décantant avec précaution le liquide qui surnage, on lave le résidu à deux ou trois reprises avec de l’eau distillée par décantation , et on le jette sur un petit filtre où on le lave et le laisse sécher. Il suffit de frotter cette poudre noire avec un corps dur pour lui rendre l’aspect de l’or. On peut se servir de cet or, lorsqu’on en a une certaine quantité, pour préparer du chlorure d’or. {Fnir ce mot.)
4o4 TROISIÈME PARTIE,
serait la difficulté d’obtenir un poids rigoureusement exact d’azotate d’argent, ce qui n’est pas d’ailleurs une absolue nécessité: sa dissolution filtrée est parfaitement pure ; tout l’oxyde de cuivre reste sur le filtre, mêlé d’un peu d’argent, on le jette aux résidus.
Quand on veut de l’azotate d’argent blanc fondu ou cristallisé, on prend toute la matière refroidie, on la casse en morceaux, on la remet dans la capsule non nettoyée, et l’on verse dessus environ i5o centimètres cubes d’eau distillée; on chauffe de nouveau pour accélérer la dissolution qui se fait rapidement. Lorsque tout est dissous et que la poudre noire reste seule en suspension, on verse le liquide sur un filtre à plis de papier blanc (de préférence on doit prendre un filtre correspondant à un entonnoir de 6o grammes), et quand le filtre est complètement vide, on l’arrose avec de l’eau distillée; la liqueur claire contient tout l’azotate d’argent qu’on peut obtenir, soit cristallisé, en l’abandonnant à lui-même et recueillant les cristaux formés, mais alors on augmente beaucoup les chances de perte ; soxlfondu : pour cela on le chauffe de nouveau à sec, puis, élevant la température jusqu’à fusion dans la capsule bien nettoyée, on coule la matière sur un marbre ou sur une assiette. Dans ce dernier traitement, l’azotate devrait rester absolument blanc, mais il arrive souvent que des particules du filtre ont été entraînées et le font noircir, ou que, le feu étant un peu trop fort, il peut y avoir un commencement de décomposition de l’azotate d’argent. Quoi qu’il en soit, on recueille le produit tel qu’il est, et comme on filtre toujours les dissolutions avant de les employer, on rentre à ce moment dans les conditions d’une pureté absolue. Tous les vases, tous les papiers ayant servi à ces opérations seront lavés avec soin à l’eau ordinaire; celte eau de lavage sera mise aux résidus d’argent, le papier sera mis de côté réuni aux autres (p. 337, Traitement des résidus). Nous recommandons avec instance d’éviter tous les inslrumeols de cuivre dans le cours de ces manipulations.
On peut encore préparer l’azotate d’argent de la manière suivante : on dissout l’argent pur ou allié dans l’acide azotique, on étend la dissolution de vingt à trente fois son volume d’eau
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ordinaire sans s’inquiéter du trouble produit (cette opération peut se faire dans un grand flacon). On ajoute, soit une dissolution de sel, soit de l’acide chlorhydrique, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité blanc. On agite vivement : le précipité tombe au fond du vase et le liquide devient transparent; on lave par décantation avec soin jusqu’à ce que l’eau de lavage, dont on éprouve quelques gouttes, ne se colore plus en bleu par une goutte d’ammoniaque; on traite alors ce précipité, comme nous l’avons dit au traitement des résidus (§ 211): la poudre ou le culot qui en résulte, bien lavée, après dissolution dans l’acide azotique, évaporation à sec et fusion, donne de l’azotate d’argent pur.
Si l’on a bien opéré, 66 grammes d’argent vierge, ou un poids correspondant d’argent allié de cuivre, doivent donner loo grammes au moins d’azotate d’argent fondu pur; le chimiste, en prenant des soins minutieux, obtiendrait, d’accord avec la théorie, 1038^91. En effet, d’après les équivalents, nous voyons que si 1349, équivalent de l’argent, donnent 2124, équivalent de l’azotate d’argent, 66 grammes d’argent doivent donner io3s’’,9i d’azotate d’argent.
Azotate de baryte.
(Ba O Az 0^ = i633 par 0 ,ou i3o par 11. )
Sel composé de i équivalent d’acide azotique uni à i équivalent de baryte ; dissous dans l’eau distillée, il est employé comme réactif pour reconnaître la présence de l’acide sulfurique ou de ses composés. Toutes les fois, en effet, que dans une dissolution contenant l’acide sulfurique libre ou combiné, on verse une goutte d’azotate de baryte, préalablement additionné d’acide azotique très-étendu, il se forme immédiatement un précipité blanc de sulfate de baryte insoluble, qui accuse ainsi la présence de l’acide sulfurique.
Azotate de potasse.
(KOAzO^=r ii64,3oparO ou 101 par H.)
Produit de la combinaison de i équivalent d’acide azotique
4o6 TROISIÈME PARTIE.
avec I équivalent d’oxyde de potassium ou potasse; c’est le nitre • ou salpêtre du commerce^ on le trouveà un prix modéré, assez pur et très-convenable pour toutes les opérations. En traitant ce sel par Facide sulfurique, on en extrait Facide azotique en même temps qu^on produit du sulfate de potasse : la même réaction avec les proportions de i partie d’azotate dépotasse pulvérisé et sec, et de 2 parties d’acide sulfurique concentré, donne un mélange de sulfate de potasse et d’acide azotique propre à la préparation de ce coton-poudre qui sert à fabriquer le coliodion. L’azotate de potasse, comme l’azotate d’ammoniaque, se produit par double échange dans tous les bains d’azotate d’argent où Fon plonge des préparations à Fiodure, au bromure, au cyanure de potassium; il y existe en quantité d’autant plus considérable, que les bains ont servi plus souvent et se sont appauvris davantage en argent.
Azotate de zine.
(Zn O Az ï 181 ,5o par O ou 96 par H. )
L’azotate de zinc est composé de i équivalent d’acide azotique et de I équivalent d’oxyde de zinc; on le prépare facilement, soit en attaquant le zinc par Facide azotique étendu de 4 parties d’eau: il se produit alors une vive effervescence; soit, ce qui est préférable^ en dissolvant dans Facide azotique le blanc de zinc, délayé avec un peu d’eap à Fétat de bouillie homogène : on doit laisser, dans les deux préparations, soit du zinc, soit de l’oxyde en excès. Le liquide, filtré au bout de quelque temps, est évaporé à une douce chaleur; les dissolutions très-concentrées cristallisent : les cristaux renferment alors 6 équivalents d’eau, ce qui porte l’équivalent de l’azotate de zinc cristallisé à i856,5o,au lieu de i8ii,5o, qui est l’équivalent du sel anhydre. Ce produit a été conseillé dans quelques préparations ; il augmente, dit-on, la rapidité.
Azote.
( Az = 1 75 par O ou i4 par H. )
Gaz incolore et inodore, impropre à la respiration et à la '"ombustion. L’air, qui est composé de 21 d’oxygène et de 79
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parties d’azole, doit à l’oxygène ses propriétés actives que l’azote vient atténuer; toutefois, il ne serait pas inerte, si, comme on l’a dit, les plantes l’absorbent et se l’assimilent. Plusieurs métaux, entre autres le fer et le titane, s’unissent directement à lui sous l’influence d’une température élevée.
Azotique ou nitrique (Acide).
(AzO'* =675 par O ou 54 par H.)
C'est un réactif composé de 5 équivalents d’oxygène pour
I équivalent d’azote et le plus souvent 4 équivalents d’eau; il est liquide à la température ordinaire, incolore, fumant à l’air s’il ne contient qu’un équivalent d’eau, et très-corrosif.
II tache en jaune la peau, la soie, presque toutes les matières animales. On prépare l’acide azotique monobydraté en décomposant 6 parties d’azotate de potasse ou de soude par 4 parties d’acide sulfurique ordinaire et chauffant légèrement. Cette opération se fait dans une cornue, et l’on recueille dans un ballon de verre le produit de la distillation : il est plus simple de l’acheter tout fait. L’acide azotique du commerce (ou eauforte), moins concentré, est ordinairerpent assez pur pour l’usage des photographes. On le purifie en le distillant dans une cornue, mettant de côté le premier quart qui passe à la distillation, et recueillant comme pur l’acide qui passe ensuite; le premier quart peut être conservé pour faire de l’eau régale.
(I-'iJÎ- /!4.)
Cet acide est convenablement pur, si, étendu de 10 parties d’eau, il ne donne de précipité ni par l’azotate d’argent, ce (jui
prouve l’absence du chlore et de Fiode (i), ni par l’azotate de baryte, ce qui prouve Fabsence des sulfates; enfin si, chauffé sur une lame de platine, il se volatilise sans laisser de résidu : une goutte suffit pour celte épreuve. Il est inutile, pour la photographie, d’exiger une pureté absolue qui ne fait qu’en augmenter le prix. Lorsqu’on emploie Facide azotique pour faire Fazotate d’argent, on doit d’abord y ajouter un peu d’une solution d’azotate d’argent qui précipite tous les chlorures, on laisse éclaircir le liquide par le repos et on se sert de Facide clair pour attaquer l’argent ; sans cette précaution l’azotate d’argent produit contiendrait du chlorure et donnerait des solutions d’argent troubles. L’acide azotique sert à préparer tous les azotates ou nitrates, entre autres Fazotate d’argent, et aussi l’eau régale qui est employée pour dissoudre For.
Nous donnons ici un tableau approximatif de la quantité d’acide azotique supposé anhydre, contenu dans une dissolution aqueuse, d’après la densité de cette dissolution, l’eau et Facide étant supposés purs :