PROCÉDÉ AU TANNIN
§ 1 16. Le major Russell a proposé en Angleterre l’emploi d’une solution aqueuse de tannin pour conserver la sensibilité du collodion. Avec ce procédé on obtient également de très-bons résultats; il a été essayé par un grand nombre de photographes et d’amateurs, et il a donné entre leurs mains de belles épreuves. Nous décrirons sommairement la méthode adoptée par l’inventeur, renvoyant pour plus de détails à la traduction qu’en a pu-
bliée M. Girard (i), et nous donnons à la suite les modifications apportées par divers expérimentateurs. Le principal avantage de ce mode de préparation paraît, être une conservation de la glace sensible pendant un temps excessivement long, car nous avons vu des épreuves faites après quatre mois de préparation et aussi bien réussies que si les glaces avaient été sensibilisées depuis quelques jours seulement; mais la couche de collodion a généralement une grande tendance à se détacher de la glace au moment du développement, et il faut s’opposer à cet inconvénient, soit en couvrant les bords d’une bande de vernis, soit en mettant sur les glaces une première couche de gélatine très-diluée, qui rend l’adhérence plus parfaite.
Les glaces sont d’abord nettoyées avec le plus grand soin par l’une des méthodes ordinaires, et si on les recouvre d’un enduit de gélatine pour obtenir l’adhérence du collodion, on commence par préparer la solu-
tion suivante :
Eau 25occ
Gélatine blanche i8r,5o
Après dissolution opérée à chaud on ajoute :
Alcool 5 à 6CC
Acide acétique 8fC
on filtre et on applique cette solution chaude sur la glace, soit au moyen d’un large blaireau réservé pour cet usage, soit simplement en versant le liquide; après avoir égoutté on laisse sécher spontanément à l’abri des poussières.
(i) Procédé au. tannin du. major Russell; traduction de M. Girard. — Imprimerie de Mallet-Bachelier (Gauthier-Villars, successeur).
COLLODION
Le collodion, qui doit être de bonne qualité et donner de bons résultats par voie humide, s’étend très-bien sur la couche de gélatine desséchée. On a soin d’attendre quelques instants avant de mettre la glace au bain d’argent. On la sensibilise avec un bain formé de 7 parties d’azotate d’argent pour 1 00 parties d’eau distillée ; ce bain doit être légèrement acide, juste assez pour arriver a rougir légèrement un papier bleu de tournesol; sans cette précaution on n’obtiendrait que des épreuves voilées.
Lorsque toute apparence grasse a disparu, on lave avec soin la glace dans l’eau distillée, l’eau de pluie, ou toute autre eau ne formant pas de précipité sensible avec le nitrate d’argent (une eau impure donnerait à la couche sensible une coloration rouge et l’altérerait). Quand ce lavage a été répété cinq ou six fois, on rince la surface au moyen de la pissette (fig. 37 ou 38)
Fig. 37. Fig. 38.
remplie d’eau distillée, puis on y verse une solution de tannin préparée dans les conditions suivantes:
Eau 1 oocc
Tannin 36r
La dissolution étant faite, on filtre et on ajoute 4 à 5 centimètres cubes d’alcool.
La solution versée sur la glace abondamment est maintenue quelque temps, rejetée, puis remplacée par une seconde que l’on rejette de nouveau, et mettant la glace sur un angle ou sur la tranche, on la laisse sécher spon-
tanément à l’abri de la poussière et surtout de la lumière la plus faible. Les glaces sèches sont soigneusement renfermées et peuvent être conservées un temps illimité.
Si on n’a pas eu la précaution de mettre un premier enduit de gélatine, il faut alors passer sur les quatre bords de la glace un pinceau chargé de vernis à la gomme laque pour empêcher les soulèvements lors du développement de Limage.
Le temps de pose est, dans ces conditions, sensiblement le même que pour le collodion albuminé (procédé Taupenot).
Le développement de l’épreuve se fait au moyen de l’acide pyrogallique dans les proportions suivantes :
Eau 25orc
Acide pyrogallique ogr,5o
Acide acétique. . 7sr, 5o
Alcool.. 5gr,oo
La glace à. développer est d’abord couverte d’eau distillée pendant 3 ou 4 minutes: on rejette cette eau et on la remplace par la solution d’acide pyrogallique à laquelle on ajoute un peu d’une solution de nitrate d’argent à 3 pour ioo, et on suit la manière dont se développe l’épreuve. Si elle est trop égale, on augmente la quantité de la solution de nitrate d’argent; si au contraire les oppositions sont trop vives entre les noirs et les blancs, on augmente la solution d’acide pyrogallique.
Lorsque l’épreuve est arrivée à son point, on la lave avec soin et on fixe, soit à Lhyposulfite de soude, soit avec le sulfoeyanure d’ammonium ou de potassium, soit avec une solulion à n pour ioo de cyanure de potassium. L’épreuve est ensuite vernie à la manière ordinaire, comme celles que l’on obtient avec le collodion humide.
Lorsqu’on commence par échauffer la glace en versant
COLLOOIÜN.