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DAGUERRÉOTYPE. 36 I

Le temps de pose, pour la plaque, est généralement assez court; il dépend de la saison, de l’heure de la journée, de l’état du ciel, de l’exposition du modèle, soit a l’intérieur, soit à l’extérieur. Il est impossible de fixer la durée exacte; car nous avons pris en plein soleil, pendant l’été, des vues parfaitement nettes en moins d’une seconde, et avec des foyers très-courts on peut obtenir une rapidité plus grande encore, tandis qu’il nous est arrivé souvent de poser plusieurs minutes à l’intérieur sans obtenir une image passable. Quelques essais en apprendront beaucoup plus que tout ce qu’on pourrait expliquer.

On se rendra rapidement compte du temps d’exposition nécessaire pour une lumière donnée, en levant graduellement le châssis en quatre fois à des intervalles égaux; on met la plaque dans la chambre â mercure, et l’on examine à quelle durée correspond la meilleure partie de l’image.

§ 205. Développement de limage . — Après l’exposition, on rapporte l’image dans le laboratoire et on la soumet à la vapeur mercurielle : il est bon d’entretenir le mercure à une température de 60 à 70 degrés, pendant tout le temps des opérations (1); seulement on a le soin de laisser la boîte ouverte tant qu’il n’y a pas de plaque exposée. On peut, si l’on veut, ne chauffer qu’à 5o degrés: nous ne croyons pourtant pas qu’une température plus élevée puisse nuire à l’épreuve, elle la fait seulement sortir plus vite; on laisse réagir la vapeur de mercure pendant une minute ou deux, puis on suit avec une bougie le développement de l’image. Dans le laboratoire

(1) Les boîtes à mercure doivent être munies d’un thermomètre kmcrcurc, et non d’un thermomètre à alcool.

convenablement éclairé par la lumière jaune, on peut examiner l’effet du mercure dès le commencement. Si la plaque n’est pas assez mercurèe, les blancs restent bleus; si, au contraire, elle est trop mercurèe, les parties les plus blanches commencent à s’effacer, et les parties noires se cendrent et se voilent : il faut suivre cette action avec attention, et, aussitôt que les blancs sont bien dégagés, retirer la plaque. Plus la couche sur l’iode et le brome est foncée, plus il faut de temps pour faire sortir au mercure; lorsqu’au contraire on s’est arrêté aux premières teintes, cette action se fait rapidement et les noirs se cendrent très-vite. C’est en voyant l’image se développer qu’on peut apprécier si le temps d’exposition a été convenable : s’il a été trop court, l’image est noire ; s’il a été trop long, elle est blafarde et les contours s’effacent, l’épreuve est alors dite solarisêe.

§ 206. Fixage et avivage, — Au sortir du mercure la plaque peut déjà supporter la lumière; il est néanmoins convenable de la plonger rapidement dans une cuvette contenant une dissolution filtrée et bien propre d’hyposuîfite de soude, formée de 20 grammes environ de ce sel pour 100 grammes d’eau; on agite la plaque pendant quelques secondes dans cette dissolution, puis on la reporte dans une autre cuvette contenant de l’eau filtrée, où on la lave en l’agitant.

Nous recommandons l’emploi de liqueurs bien filtrées, et un grand soin pour éviter les particules de poussière qui produisent des taches sur l’épreuve lorsqu’on l’avive et la fixe au chlorure d’or.

La plaque bien lavée est portée sur le pied à cldorurer et mise de niveau au moyen des vis à caler; on verse dessus une couche d’une solution d’hyposulfite double

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