‹ Chimie photographiqueChapitre 68 sur 109 · EMPLOI DES SELS DE FEE · texte numérisé non relu

EMPLOI DES SELS DE FEE

§ 247. M. Poitevin a indiqué un procédé basé sur une autre réaction qui n’est pas sans analogie avec celle

/ -y i-ja

décrite page 4^°- Certaines substances, qui restent parfaitement sèches dans l’obscurité, peuvent, sous l’influence de la lumière, être chimiquement modifiées et devenir hygroscopiques et en quelque sorte poisseuses, et par conséquent retenir les poudres que I on promène a leur surface.

La préparation employée par l’auteur consiste en un mélange de perchlorure de fer et d’acide tartrique que l’on fait de la manière suivante. Dans 3o centimètres cubes d’eau, on dissout io grammes de perchlorure de fer du commerce; dans 3o autres grammes d’eau, on dissout 5 grammes d’acide tartrique : les deux liquides étant filtrés sont mélangés, et le mélange est conservé à l’abri de la lumière. .

On étend cette solution sur du verre dépoli très-fin que l’on nomme clouci dans le commerce. La surface, bien nettoyée à la potasse si elle était grasse , puis à l’eau acidulée, est ensuite lavée à l’eau ordinaire etessuyée avec un linge; après avoir enlevé les dernières poussières, on y étend le liquide précité, on en fait écouler l’excédant, et on applique une bande de papier sans colle en haut et en bas de la glace pour égaliser la couche; on laisse sécher pendant douze heures au moins : la préparation est d'autant meilleure qu’elle est séchée pendant plus longtemps.

L’impression a lieu par contact à travers un négatif bien verni au copal ; l’exposition peut durer cinq minutes au soleil , elle varie suivant le cliché et suivant la lumière.

Au sortir du châssis on voit peu le dessin ; mais à mesure que la glace prend la température ambiante, le dessin devient plus visible, parce que l’humidité de l’ai r se porte sur les parties insolées. Alors, avec un blaireau

très-doux, on applique la poudre de charbon , ou toute autre poudre, et on voit l’épreuve monter de ton à chaque passage de la poudre. Lorsque l’épreuve est arrivée a la vigueur voulue, on peut ou la laisser sur verre ou la transporter sur papier, en la recouvrant de collodion non ioduré, lavant à l’eau ordinaire, puis à l’eau acidulée pour détacher la couche, que l’on transporte d’abord sur un papier ordinaire, puis, en second lieu, sur un papier albuminé ou gélatiné.

§ 248. M. Phipson et M. Reynolds ont proposé l’emploi des oxalates de fer. Ce procédé est basé sur la réaction chimique suivante. Sous l’influence de la lumière, l’oxalate de peroxyde de fer soluble dans l’eau est ramené à l’état d’oxalate de protoxyde de fer insoluble.

On prépare l’oxalate de peroxyde de fer en traitant le sesquioxyde de fer par une solution chaude et concentrée d’acide oxalique, la liqueur verte que l’on obtient ainsi/ est mélangée avec un peu d’oxalate d’ammoniaque ; on fait flotter sur le liquide, à l’abri de la lumière, une feuille de papier pendant dix minutes environ, on la pend et on la laisse sécher . On expose sous un cliché et on lave à l’eau de pluie ou distillée; il reste sur le papier une image jaune faible, produite par l’oxalate de protoxyde de fer.

À cet état, M. Phipson développe l’épreuve en mettant la feuille dans une solution très-étendue de permanganate de potasse, additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque, puis, après un lavage, dans une solution d’acide pyrogallique.

M. Reynolds développe l’épreuve soit par le cyanoferride de potassium qui donne une image bleue, soit par l’ammonio-nitrate d’argent qui donne des épreuves du

ton ordinaire. On lave avec soin, et l’épreuve sèche est bonne à coller.

§ 249. Il a été proposé un grand nombre d’autres procédés pour obtenir des épreuves par les sels de fer, nous avons indiqué ici les principaux. Jusqu’à présent, aucun de ces procédés n’a été adopté d’un , ière pratique. Il a été également donné quelques procédés pour obtenir des épreuves au gallate de fer : jusqu’ici les épreuves que nous avons vues étaient toujours bien inférieures comme éclat à celles obtenues par les sels d’argent, et ne rachetaient pas ce défaut comme les épreuves au charbon par leur inaltérabilité; car on sait que si l’encre d’impression résiste à l’action du temps, il n’en est pas de même de l’encre ordinaire, qui pourtant présente déjà une certaine stabilité.

M. Poitevin a indiqué le procédé suivant pour obtenir ce genre d’épreuves :

Dans une solution de 10 grammes de perchlorure de fer dans ioo grammes d’eau, on ajoute 3 grammes d’acide tartrique. Le papier appliqué sur ce mélange est abandonné à sécher dans l’obscurité; ce papier sec est d’un jaune foncé que la lumière décolore rapidement, en faisant passer le perchlorure à l'état de protochlorure : il suffit d’une exposition de dix a douze minutes au soleil, sous un positif sur verre, pour avoir la réaction convenable. Sous les blancs du positif, la lumière a agi, le perchlorure de fer est changé en protochlorure; on lave alors rapidement le papier à l’eau ordinaire (calcaire) ou mieux chargée de craie en suspension; la majeure partie du protochlorure s’en va en dissolution, le perchlorure se transforme en peroxyde; on remplace l’eau par une solution d’acide gallique et de tannin, et peu à

43 B D F (J X I KM E PA RTI E .

peu l’image apparaît en noir d’encre; on lave bien à l’eau et le fixage est complet.

En employant, au lieu d’acide gallique, une solution de cyânoferride de potassium (prussiate rouge de potasse), on a des épreuves bleu de Prusse dans les endroits qui ont reçu l’action de a lumière. Ces impressions peuvent également se aire aine et sur soie.

Page 1