DES ACIDES
Les acides végétaux ont des propriétés chimiques qui les rapprochent de ceux que nous avons étudiés dans la chimie minérale : ils ont en général une saveur aigre , rougissent la teinture de tournesol , sont susceptibles de saturer les bases et de former des sels ; mais ils sont tous décomposables à une chaleur rouge , en donnant de l’oxigène , de l’hydrogène et du carbone. Ces acides , dont le nombre augmente tous les jours , sont les acides
Acétique.
Citrique.
Oxalique.
Tartarique.
flenzoïque.
Gallique.
Malique.
Margarique.
Mucique.
Camphorique.
Fungique.
Kinique.
ACIDE ACÉTIQUE. ï83
Mëconique.
Ménisp'erruique.
Mellitique.
Oléique.
Malique.
Pyrotartarique.
Subérique.
Succinique.
Sulfovinique.
Zuiuique.
Mo ri que.
Rheumique.
Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas de décrire tous les acides énumérés dans la classification qui précède ; plusieurs ont été peu étudies , ou leur existence , attestée par celui qui les a découverts, n’est pas encore bien établie. Il nous suffira d examiner particulièrement les six premiers, qui par eux-mêmes ou par leurs actions sur les corps précédemment étudiés , offrent quelque intérêt.
De l’Acide acétique.
De tous les acides végétaux cet acide est le plus répandu et le plus utile ; il fait la base du vinaigre ordinaire. On le prépare sous divers états de concentration et de pureté, suivant les usages auxquels il est destiné : de là les expressions diverses de vinaigre ordinaire , de vinaigre distillé , de vinaigre radical ou d’acide acétique proprement dit. On le trouve tout formé dans quelques végétaux ; libre, ou uni à la potasse dans le lait, dans la sueur et dans l’urine humaine.
L’acide acétique , aussi pur que possible , est blanc, transparent ; d’une odeur vive et pénétrante assez agréable ; sa saveur acide est très prononcée ; il est toujours combiné avec l’eau dont il contient 0,12 ; il marque 160 Baume , et cristallise alors à i3° de chaleur en lames irrégulières : il se volatilise à ioo°, et se décompose à une température plus élevée. On le prépare, i° en distillant quatre parties d’acétate de plomb sec mêlées à une partie d’acide sulfurique ; 2° en distillant les acétates, et particulièrement l’acétate de cuivre; 3° en distillant deux parties d’acétate de potasse fondu et mêlées à une partie d’acide sulfurique.
a 8 4 ACIDE ACÉTIQUE.
L’acide acétique dont nous faisons usage dans l’économie domestique ou dans les arts ne jouit pas de toutes les propriétés que nous venons d’indiquer ; nous l’employons à un bien moindre degré de concentration, et notre vinaigre ordinaire , dont la formation sera expliquée lorsque nous traiterons de la fermentation acide, contient beaucoup de substances étrangères.
On fabrique depuis quelque temps une masse considérable de vinaigre employé dans les arts , en distillant le bois : ce liquide portait primitivement le nom d’acide pyroligneux; de nouvelles expériences ont démontré que la liqueur noire qui se dégage dans cette distillation était réellement de l’acide acétique sali par du goudron dont on est parvenu à le priver.
Vinaigre de bois* La distillation s’opère dans de très grands vases circulaires ou carres , fabriqués en tdle rivée, et portant à leur partie supérieure et latérale un petit cylindre également en tôle : on remplit de bois j et le vase ainsi disposé représente une très vaste cornue , que l’on place dans un fourneau de la meme forme , et que l’on ferme à la partie supérieure avec un tourteau ; une issue est ménagée pour laisser passer le petit eylindre ou tuyau formant le bec de la cornue : on chauffe, l’humidité du bois se dissipe d’abord, mais peu à peu la vapeur cesse d’être transparente et devient fuligineuse ; c’est alors qu’on ajuste au bout du tuyau une allonge qui commence l’appareil condensateur. Les moyens de condensation varient avec les localités ; mais le plus ordinairement on emploie l’eau en laissant une issue à l’acide carbonique , à l'hydrogène carboné et à l’oxide de carbone qui se dégagent simultanément. La liqueur que l’on obtient dans le condensateur est de l’acide acétique coloré en rouge-brun par de l’huile empyreumatique et du goudron , partie mélangé et partie en dissolution; cette liqueur abandonnée à elle-même , se sépare d’une partie du goudron et de l’huile , et est alors conduite dans de grandes chaudières de tôle , où l’on opère la