‹ Chimie. Traité élémentaire de cette science et de ses applications aux arts et aux manufacturesChapitre 124 sur 162 · CIRE · texte numérisé non relu

CIRE

quelle que soit la formation de cette substance , elle lie contient pas d’azote , et ses propriétés doivent la classer parmi les principes immédiats et inflammables des végétaux.

La cire ordinaire est jaune , cassante , d’une odeur et d’une saveur peu marquées; fusible à 68°, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther bouillant, et dans les huiles à la température ordinaire ; elle se précipite de sa dissolution alcoolique par le refroidissement.

La cire se prépare en soumettant à l’ébullition avec l’eau les rayons égouttés des ruches; elle surnage , on l’enlève, et on lui donne la forme de briques. L’art de blanchir la cire consiste à multiplier sa surface , on la fond à un degré de chaleur trop bas pour altérer sa qualité ; lorsqu’elle est en fusion , on la purifie par l’addition d’une petite quantité de crème de tartre ; la chaudière est munie à sa partie inférieure d’un robinet qui donne issue à la cire liquéfiée , et la porte dans une grande cuve remplie d’eau , où est ajusté un gros cylindre en bois qui tourne sur son axe et la reçoit : la cire glisse sur ce cylindre , se fige et se dévide en rubans. Lorsque toute la cire est rubanée, on la porte sur de grands châssis garnis de toile , soutenus horizontalement à environ 5o centimètres au-dessus de la terre , dans un lieu parfaitement aéré et sans abri : il faut avoir soin de ne pas donner à la couche plus de quatre centimètres d’épaisseur, de la remuer de temps en temps , afin que la cire éprouve l’action de l’air sur toutes ses parties. Si le temps est favorable, sa couleur change dans l’espace de quelques jours ; lorsque le blanchiment ne fait plus de progrès sensibles, on fait refondre la cire , on la rubané de nouveau , et on l’expose à l’air. Ces opérations se répètent jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement blanche ; enfin on la fond une dernière fois pour la mettre en pains orbiculaires, ou pour en faire des bougies.

On fait usage de la cire dans un grand nombre

CAOUT-CHOUC. 345

d’arts : les ébénistes l’emploient comine vernis ; la médecine comme adoucissant, émollient et relâchant; unie avec l’huile d’amandes douees , on s’en sert à l’extérieur sous le nom de cérat ; enfin la cire peut se saponifier , et forme alors la base des encaustiques.

Du Caout chouc.

Substance improprement appelée gemme élastique, et qui est le suc épaissi de diverses plantes qui croissent dans les pays chauds. Les principales sont \vjatropha elastica et Yurceola elaslica. Le suc appliqué par couches sur un moule d’argile est desséché au feu ou au soleil : lorsque les couches sont assez nombreuses on brise le moule et l’on obtient une espèce de poire creuse. Le suc des vieilles plantes fournit près des deux tiers de son poids de caout -chouc; celui des plantes jeunes en produit moins; le caout-chouc frais est blanc-jaunâtre; mais exposé à l’air il prend une couleur foncée.

L’élasticité est la propriété la plus remarquable du caout-chouc; elle est telle que cette substance chauffée ou immergée dans l’eau chaude peut s’allonger de sept à huit fois sa longueur , et revenir ensuite «à ce qu’elle était d’abord ; le caout-chouc se ramollit à la chaleur, se gonfle et brûle avec une flamme vive : on l’emploie à Cayenne comme moyen d’éclairage. Les dissolv ans du caout-chouc sont l’éther , bien rectifié, les huiles volatiles et le pétrole Si la solution etheree est étendue sur une surface, elle laisse dégager 1 ether^, le caout-chouc forme un vernis très mince, et n’a éprouvé aucune altération. On a utilisé cette propriété pour la préparation de tissus imperméables. 1

On peut rendre le caout-chouc susceptible de prendre diverses formes sans qu’il soit besoin de le faire dissoudre : il suffit de le couper en lames uniformes et minces que l on roule en spirale le long d’une baguette de verre ou de métal : on comprime ces lames

34<f ALBUMINE.

les unes contre les autres , de manière à ce qu’elles ne laissent aucun intervalle ët se joignent exactement : on les trempe alors dans l’eau bouillante . leurs bouts se ramollissent, et adhèrent assez fortement pour former un tube : cette propriété est mise quelquefois à profit pour unir les diverses parties d’un appareil chimique. Le caout-chouc soumis à la distillation donne de l’ammoniaque : on ignore si l’azote nécessaire pour la production de l’ammoniaque appartient à une substance étrangère.

De l’huile de lin rendue siccative , appliquée sur une surface quelconque , et séchée soit au soleil , soit à la chaleur , forme une pellicule très consistante , transparente, brûlant à la manière du caout-chouc et parfaitement élastique. Un kilogramme de cette huile étendue sur une pierre et exposé à l’air six ou sept mois acquiert presque toutes les propriétés du caoutchouc ; on s’en sert même actuellement pour la confection des sondes et des bougies , quelquefois pour vernir les ballons et pour d’autres usages.

Page 1